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En ce moment : Instrumental Invasion avec Samourai Champloo, Kanye West, The Diplomats, The Alchemist & Get Large Recordz. Plus quelques morceaux genevois qui savent faire plaisir.

Et matez ici pour voir d'où proviennent les visiteurs du monde entier de Holla Back :

Geo Visitors Map

Mise en bouche

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Enfin, nous y voilà. Après une petite escapade du côté de MySpace pour relancer convenablement le buzz au niveau local, donc genevois, une petite refonte du site s'imposait, ce qui est désormais chose faite. Bien que Holla Back ait aujourd'hui dépassé la centaine de milliers de visites en moins d'une année, il était temps pour mes collègues et moi-même de faire nos preuves sur un tout autre terrain : chez nous, à Genève. Je ne reviendrai pas sur divers aspects propres à ces mesures que j'ai déjà expliqué en long et en large par le passé, mais que les habitués sachent que la formule ne changera pas : une rédaction de qualité, de la réflexion et surtout plein de conneries. La formule ne change pas, vous pouvez toujours me contacter par mail ou encore via mon MySpace. Je ne vais pas m'éterniser, mais souhaiter simplement que vous aussi, visiteurs de toute part, vous intéressiez à ce qui se fait sur Genève.

Une page se tourne, mais le livre reste le même. Encore merci à ceux qui nous suivent depuis le début.

_Tuân


Pour voir d'où proviennent les visiteurs du site, cliquez sur la bande Geo Visitors, vous verrez à quel point c'est chargé...
Geo Visitors Map
Samedi 17 novembre 2007 6 17 /11 /Nov /2007 11:00
- Publié dans : INTERVIEWS

img452/5231/aiglesp3.jpg   From Geneva... to the World


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Activistes chevronnés de la scène Hip-Hop depuis plus d'une dizaine  d'années, le rappeur et producteur Redbioul et le duo Force Quartz (respectivement MC et beatmaker) sortent finalement leurs projets solos après avoir tenté une aventure commune sous le nom de Street Souldiez. Désormais deux entités distinctes, ils nous parlent de ce qui s'est passé (Des Homiz Capables), de ce qui se passe (la compilation internationale Asphalt Themes) et de ce qui se passera (Mon Combat pour Redbioul et Destinée pour Force Quartz). Posés dans leur studio avec une listening session à la clé, quelques bières, une livraison de Sizzurp et un lavabo multi-usage, l'entrevue se passe tranquillement. Le tout découpé en deux parties, Bioul et Force étant aussi généreux en mots derrière un micro qu'autour d'une bière.


Texte : Tuân
Clichés : Tuân, Redbioul & DR


Tuân : Pour commencer, vous pouvez me parler un petit peu de cet endroit, votre studio ? A-t-il un nom ?

Quartz : Alors on l'a appelé le Lox à l'époque, pour "local".
Force : À l'époque, on disait qu'on se donnait rendez-vous au Lox, c'était une autre manière de parler.
Redbioul : Tu vois les tuyaux en haut ? C'était une buanderie à la base où on y a tout refait : les murs, le tapis sur le sol... Ca fait un moment qu'on l'a... peut-être même depuis l'époque de Sur la Trajectoire, l'album des Homiz Capables sorti en 2000.
Force : On enregistrait à la base chez Stil Fada qui n'est maintenant plus trop dans le truc, on dérangeait toujours les parents alors on s'est dit qu'on allait faire en sorte d'avoir notre endroit pour bosser tranquillement. À la base, on enregistrait aussi dans d'autres studios. Et maintenant on est ici, ce qui est nettement plus rentable que de se rendre dans un studio.
Quartz : Surtout prendre notre temps pour faire les morceaux carrés comme on la sent, revenir lorsqu'il y a des choses à retravailler.
Redbioul : Ca nous permet d'être hyper flexibles.
Force : Et ça évolue avec le temps. Là on t'a fait un résumé en trente secondes, mais en gros c'est parti de l'idée d'avoir un endroit à nous.
Quartz : C'est aussi l'occasion d'inviter d'autres gars plutôt que d'aller chez un tel ou un tel.
Force : C'est bien plus facile de recevoir. On n'y pensait pas au début, mais c'est venu naturellement. Comme Quartz et Bioul aussi sont bien dans la prod, ça permet de réunir des gens.
Redbioul : Après, optimalement, si des gens viennent ici pour des projets externes, c'est clair qu'on va demander une petite somme symbolique. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'on paye cet endroit, et que si on arrive à le rentabiliser d'une manière ou d'une autre c'est bon à prendre.

T : Vous faisiez partis des Homiz Capables autrefois avec Stil Fada, et votre album Juskobou avait aussi une prod de Quartz...
Q : Il y en avait même deux ou trois.
R : Ouais, deux ou trois.

Tout ça pour savoir comment vous vous êtes rencontrés les trois en fait.
Q :
Force et moi, on s'est rencontrés par le biais de l'apprentissage, première année dans la même école. On était juste des connaissances. J'habitais à Nyon à l'époque, Force rappait déjà avec ses potes et moi je commençais tout juste à mixer. Tout de suit on a accroché, on est devenus potes, on avait les mêmes goûts musicaux et les mêmes vibes. Pour nous, le projet Force Quartz était mûrement réfléchi, mais Force faisait en priorité ses projets avec ses potes. Je bossais de mon côté soit sur différents projets DVD ou pour différentes personnes pour des illustrations sonores, et dès qu'on a eu l'occasion de s'y mettre c'était parti pour de bon. Force m'a présenté par la suite à son entourage.
F : Je me rappellerais toujours du jour où Quartz m'a dit : "Un jour, je te ferai ton album solo". Avant tout, avec les Homiz Capables, on a un grand passé dans la musique, et ça s'est fait à côté avec Quartz avec qui j'étais vraiment dans les mêmes délires. De temps en temps on faisait quelques titres ensemble, mais les Homiz Capables ont demandé tellement de temps aussi... Des fois, je n'arrivais pas à m'investir. Une fois arrivés au bout avec la séparation d'un des membres, on devait passer à autre chose.
R : Séparation de Stil Fada qui a dû arrêter musicalement mais qui est toujours par là.
Q : Avec Force on a commencé à avoir une dizaine de titres et on s'est dit qu'il serait temps d'attaquer, qu'on allait prendre notre route en "solo" en formant un nouveau groupe producteur / rappeur.
R : Pourtant, les gens croient souvent qu'il s'agit d'une seule et même personne (rires) !
F : J'essaye de plus en plus de marquer la distinction, mais ça va venir. Sinon, vu que DHC s'arrêtaient, Redbioul s'est aussi mis de son côté à écrire et s'est retrouvé avec pas mal de titres et a trouvé l'occasion de sortir son propre truc.
R : Simple évolution.
F : Simple évolution, voilà. DHC, on a tourné la page. De Sur la Trajectoire à Juksobou, on voit vraiment la différence. Avec Sur la Trajectoire, on sentait vraiment qu'on était la bande de potes qui traînaient toujours ensemble dans la street tout le temps. Sur Juskobou on commençait quasiment à entamer nos chemins d'adultes. On sentait dans les textes le changement. Après, les choses de la vie comme la famille, les études, le boulot, ont fait qu'on a choisi des voies différentes. Il ne s'agit pas de mauvais terme, mais de choses de la vie qui ne nous concernaient plus les trois.
Q : Ca fait un moment qu'on est sur ces projets solo...
R : Tu as pu voir qu'on avait déjà des street albums qui étaient sortis.
Q : Ca fait facilement deux ans, deux ans et demi qu'on est sur ça. Ces morceaux qui datent de ces années se trouvent donc sur les premiers street CD.
F : Dans l'optique de sortir un album, ça fait en effet dans les deux ans. Pour une sortie concrète, même si on n'a pas forcément tenu un planning, ça arrive.
R : Il y a aussi la compile Asphalt Themes qu'on est fier de présenter aux gens, et ça évolue tout le temps. En six mois, il y a forcément des morceaux qui en remplacent d'autres et qui vont se placer sur d'autres projets. Donc c'est clair que les gens disent que ça prend du temps. Mais d'expérience, sortir un album pour qu'il y ait juste ton entourage qui soit au courant, ça ne sert pas à grand chose.


Avant de poursuivre, je voulais savoir d'où provenaient vos pseudos : Quartz, Redbioul, Force-Flavestrada...
F : Flave, c'était mon nom dans DHC... voilà.
Q : Mais explique !
F : Alors on m'a toujours appelé Flave, parce que mon prénom c'est Flavio, comme ça tout le monde le saura (rires) ! Après, en délirant, on a ajouté le "Strada" qui veut dire "rue" en italien.
Q : Parce que t'es rital (rires) !
F : Voilà (rires) ! Le délire Force Quartz on l'a monté en parallèle.
Q : Je me rappelle qu'on avait trouvé le nom sur le parking devant chez mes parents. J'avais déjà trouvé mon blaze. J'ai dû mettre cinq ans à en trouver un qui me corresponde ! Quartz, ça ne voulait pas dire grand chose, mais ça représentait quelque chose pour moi. Je n'ai pas encore trouvé quoi, mais voilà, ça claquait bien ! On avait aussi toute une vibe de supers héros à l'époque, et lui m'a dit "Ouais, je crois que je vais m'appeler Force !". Alors ça donnait Force Quartz, tout simplement.
F : C'était aussi par rapport à tout ce qu'on avait vécu, la "Force". Je voulais aussi changer mon identité par rapport à DHC, mettre les pendules à l'heure, repartir à zéro sur un nouveau projet. Un espèce d'hommage à la complicité que Quartz et moi avons aussi, on se faisait trop de soirées et tout...

On voyait bien ce délire de supers héros sur d'autres couvertures de vos street CD.
F :
Tu vois les trucs à la Dragon Ball Z ? Genre la Fusion, parce qu'on trouvait qu'on fusionnait pas mal ! Je venais vers lui en lui disant que j'avais tel texte ou tel thème, et il arrivait après avec un beat hallucinant, qui collait trop à ce que j'avais écrit.
Q : D'ailleurs, notre album, on a hésité un moment à l'appeler Fusion.
F : Sinon, je voulais avant tout garder le "F" dans mon blaze qui a énormément d'importance pour moi. Et vu que ce n'était pas mon solo mais un projet commun, il fallait quelque chose qui sonnait bien avec "Quartz". Je ne dirais pas que ça sonne vraiment super héros, mais on n'en est pas loin (rires) !
R : Redbioul, c'est pas difficile, c'est un diminutif d'après mon nom de famille...
F : Pour "Red", c'est mieux que ça soit moi qui explique (rires) !
R : Il y a plusieurs explications, car quand je rappais à l'époque...
F : ... Il devenait tout rouge (rires) ! Franchement, c'était la folie ! Vraiment vénère !
R : C'est aussi parce que j'ai un Rap énergique, tu vois pour "Redbull". Il y a plusieurs explications, mais "Bioul" pour le diminutif du nom de famille.

Vous avez parlé de votre rencontre en tant qu'amis, mais comment en êtes-vous concrètement venus au Rap ?
Q : Ca remonte à loin !...
F : Pour moi, ça a commencé au tout début du cycle...
Q : Moi pareil.
R : La même chose.
F : J'écoutais du son comme tout le monde tout en ayant une préférence pour le son américain, et non pas français.
Q : Surtout que là, c'était surtout genre NTM, IAM, Solaar, Assassin...
F : Ca m'a trop capté, j'ai trouvé mon truc dedans. Redbioul, je le connaissais par le biais du basket.

Ah ouais, vous êtes grands les deux...
F :
Ouais (rires) ! Mais lui était plus ancien que moi dans le Rap, je crois même que ça faisait bien une année ou deux de plus que moi. J'allais chez lui, il avait déjà trop d'albums !
R : J'allais les dégotter chez Maniak, car des magasins comme City Disc n'avaient pas tout à l'époque. Maniak, Sounds, un mag dans Maniak... La rue du Stand, vers le Palladium.
F : Il y avait aussi l'autre, à côté de American On Sales.
R : Bernard ?

Slam Jam ?
F : Non non, en bas aux Pâquis t'as genre Jack Cuir, mais oui, il y avait que des vinyles !

Ah oui, y a ces espèces de peintures chelous là...
Q :
Aaaah, le truc de Rock... Matchbox !
Tout le monde : Matchbox, voilà !
R : Avant on allait aussi chez Bernard, il a maintenant un magasin d'habits aux Pâquis.
F : Rock My Soul. Un magasin de disques dans un magasin de fringues.
R : Non, il était à Plainpalais avant, il vendait des CDs d'occasion. Après il a eu son truc dans un magasin de fringues, dans un sous-sol. Vinyles, et tout. Il a arrêté les disques maintenant.
F : Donc pour en revenir à notre sujet, j'ai perdu Bioul de vue mais je savais qu'il était dans le Rap. On a repris contact, il était déjà avec Stil Fada.
R : On était aussi du même quartier avec Force.
F : Du Petit-Sac tous les deux. Je trainais avec d'autres gars et on se voyait moins. Bioul était déjà dans le groupe avec Stil Fada et deux de ses frères. Un jour, y a un de ses frères que j'avais rencontré en soirée qui m'appelle. J'étais pas tout à fait dans le Rap vu que j'étais aussi dans le mix (rires). Donc il m'a appelé et m'a dit qu'ils avaient un concert et m'a proposé de venir.
R : C'était à Sismondi. On avait une chaîne stéréo...
F : Les chansons étaient sur cassettes !

Ah c'est vous qui aviez fait le concert à Sismondi ? Mon frère m'en avait parlé.
F :
On est des vieux de la veille, attention (rires) !
R : Ah, et il en avait pensé quoi ?

Il m'a dit que c'était marrant.
F :
Quand je les ai connus, ils étaient à fond dans le Rap britannique, genre Killa Instinct, Hijack, Gunshot et tout. On a tout de suite accroché et j'ai fait parti de leur crew.
R : Y avait Badra à l'époque...
F : Ouais... On grandissait à mort. On connaissait presque tout le monde, tout le monde nous connaissait mais on n'était pas dans l'optique de sortir un CD. On rappait toute la journée, on sortait le matin et on rentrait le soir !

Et Quartz, comment en es-tu venu au Hip-Hop ?
Q :
La musique, depuis tout gamin, j'ai été plongé dedans avec mon cousin qui écoutait du Hard. C'était franchement un fanatique de musique, il me faisait écouter des morceaux en me disant "Écoute ce mec comme il joue de la basse". Et je kiffais, j'ai commencé là-dedans, du Hard jusqu'à mes sept ans. J'étais skater gamin, et on faisait des sessions où on écoutait toujours du son. Après, les Public Enemy et les Run DMC et tout ont commencé à sortir et j'ai tout de suite accroché. En fait, depuis mes neuf ans, je n'écoutais que ça. Au niveau du temps, quand j'habitais à Nyon, on sortait le soir avec des potes en prenant une box, on écoutait du son, on commençait à kiffer, et j'ai commencé à danser avec des gars sur Nyon. Donc le soir on faisait des chorégraphies en se regardant dans les vitrines des immeubles. Au fur et à mesure, je me suis dit que je kiffais trop tout ce qui était lié au Hip-Hop et me suis dit qu'il fallait que je commence à aller plus loin dans cette zique. Je me suis donc acheté des platines et me suis mis au mix. Avec les potes de l'école, on a fait un petit groupe : deux MCs, un gars qui faisait la prod et moi en tant que DJ. Le producteur se bougeait et allait à Morges où la maison de quartier mettait à disposition un studio pour les jeunes et je l'ai suivi dans son parcours. C'est lui qui m'a appris à faire des sons. Finalement, ce groupe s'est dissout et j'ai continué à produire dans ma chambre, ce qui emmerdait bien ma mère et mes voisins (rires). Avec ceux qui étaient danseurs à l'époque, on s'est rechopé plus tard, on s'était regroupé. Eux étaient devenus des MC et je faisais des sons pour eux. En parallèle, c'est là que j'ai rencontré Force. Je taffais toujours la prod, mais beaucoup en sous-marin, car c'est un peu le problème du musicien : il n'est jamais satisfait de ce qu'il fait.

De l'artiste tout court en fait.
Q :
Exact.
F : C'est aussi ça qui a fait qu'on mettait du temps à sortir des trucs. On aurait voulu faire, et sortir. On aurait pu franchement faire trois albums avec tout ce qu'on avait, mais des morceaux vieillissaient, on se disait qu'on ne pouvait pas les sortir comme ça, on voulait passer à autre chose...
R : C'est comme pour l'album de DHC, album dont je suis fier vu qu'il fait parti de mon parcours ; il est vrai que s'il y avait des choses à refaire, ce n'est pas que je ne les referais pas, mais je les referais différemment. Sortir le projet en groupe était cool, avec de bonnes expériences niveau scènes et tout, mais tu m'avais même dit que tu n'avais pas aimé notre CD à l'époque.

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La période DHC, avec Stil Fada au centre


Parlons-en d'ailleurs de Juskobou qui date de 2004. Maintenant on est en 2007, ça fait trois ans, ce qui peut paraître rien pour certains mais énorme dans le milieu de la musique...
F :  En terme musical, j'ai l'impression que ça fait trente ans !

Album très controversé d'ailleurs. De quelle manière avez-vous évolué depuis cette époque jusqu'à maintenant ?
Q : Je parle pour eux vu que je n'étais pas trop sur le projet à l'époque. Mais je sais qu'ils avaient bossé avec un producteur à l'époque qui leur avait trouvé plein de sons sur le moment et les avait bien inspirés. En tout cas, il était top niveau en matière de beats, il avait son studio, ça pétait... Je sais, selon les dires de Flave, qu'ils écoutaient les sons de ce producteur et s'en prenaient plein la face. Du coup, ils se sont énormément laissés prendre par cette vibe et on choisi du coup des sons qu'ils kiffaient mais ne leur correspondaient pas.
R : C'est ça, exactement.
F : C'est aussi en rapport avec ce que je disais à propos de Sur la Trajectoire. Mais c'était nous à l'époque, c'était des délires de gamins. Franchement, sortir un album à l'époque, on prenait ça pour de la rigolade. On ne pensait pas à vendre des millions, on faisait du Rap, c'est tout. Mais pour en revenir à ce que disait Quartz, dans Juskobou il y a eu une évolution dans nos vies. À la base, Stil Fada bossait les sons, mais on avait peur de servir une pâle copie de ce qu'on avait déjà fait, donc on a cherché d'autres producteurs. Et à l'époque, enfin maintenant aussi, on était des acharnés de la scène. On était plus aussi, c'était plus massif sur scène. Donc on cherchait des sons à pouvoir jouer avant tout en concerts. On était allé voir différents producteurs mais on n'agissait pas comme auparavant en ayant un sujet et en cherchant un son par la suite. Là c'était l'inverse, on écoutait le beat de ce producteur et on se disait que ça allait défoncer sur scène et on écrivait en fonction. En fin de compte, ça fait que tout le monde partait un peu en freestyle, chacun y allait à sa manière. On commençait aussi à avoir nos styles. Il est vrai qu'on est allé assez vite...
R : En terme de contenu, on n'était pas au point non plus. Car un groupe, c'est aussi des concessions. On n'était pas d'accord sur tous les trucs. En me réécoutant, je me dis que j'étais pas au point en terme de Rap.
F : Je crois que tout le monde peut dire ça...
R : Stil Fada était le plus évolué de nous trois dans son flow, il était moins dans la recherche.
F : Il était déjà plus au point.
R : Mais là, quand je me réécoute maintenant !... Putain, mais je suis en dehors des phases, je suis pas dans le flow... Il y avait une piste, un lead et des backs. Maintenant je pose cinq-six pistes, histoire de ramener un petit son tout con quelque part mais qui rend le morceau plus compact. Tu l'apprends en le faisant. Mais on y croyait à cet album, on y avait mis pas mal de temps et d'argent de nos poches. Trop d'argent même, car c'est un album qui a coûté tout de même 30'000 francs...
F : En comptant tout.
R : Clips, promo, pressage... On a fait le mastering sur deux jours à Translab à 250 francs de l'heure ça fait vite cher. C'est pas trop cher comparé à d'autres mais ça monte vite tout de même (rires) ! On a cru à un truc sans être conscient des réalités qui se cachaient derrière. Ca a provoqué une remise en question : pourquoi ça n'a pas joué, etc. Parce qu'il y avait tout de même beaucoup de choses qui étaient justes dans notre manière de faire, il y avait des gens d'un bon niveau qui ont participé au projet, ce qui signifiait tout de même qu'il y avait quelque chose de vrai dans ce qu'on faisait. En terme de contenu musical, là où on était donc dans le faux, je pense qu'on a pas mal corrigé le tir (rires). C'est toi qui est le plus à même de nous le dire par rapport à ce qu'on t'a fait écouter aujourd'hui, vu que nous on aime ce qu'on fait (rires).
F : Il y a un truc, c'est qu'on n'a jamais eu de manager. Je ne dis pas qu'un manager te sauve forcément la mise, mais on était vachement entre nous à l'époque. On n'était pas guidés, on n'avait pas de critiques réellement externes.

Vous étiez dans votre cercle en fait.
F :
Voilà, exactement. Et aussi, pour en venir à dépenser 30'000 balles pour un album... C'est qu'on était trop dans notre cercle comme tu dis, on aurait eu besoin d'être conseillés.
R : Ca avait beau être par petites sommes, mais à coup de mille balles par-ci et mille balles par-là, tu finis avec 10'000 balles par personne.
F : Surtout qu'on n'est pas riche (rires) ! En plus à l'époque, les autres étaient encore étudiants... (À Redbioul) Toi tu l'es toujours (rires) !
R : Oui mais bon, je suis assistant maintenant (rires) !
F : Je taffais déjà, mais c'était pas énorme.
R : Typique, c'était de l'argent investi dans ce projet qui aurait pu servir à autre chose, comme aller en vacances ! C'est une passion, tu ne comptes pas, mais ça peut en arriver à un certain point. Il y a aussi eu des gens qui nous ont donné des critiques, mais on ne leur avait pas donné assez de crédit.
F : C'est aussi parce qu'il y a des avis qui ne se tiennent pas. Je préfère qu'on me dise que c'est bien ou que ce n'est pas bien en argumentant, mais le mec qui te dit que c'est pas mal... Des fois quand t'as affaire à des gens qui te connaissent, ils se forcent à dire que c'est pas mal, mais je préfère une critique négative à la place. Parce que c'est ça qui te fait avancer. Il faut aussi savoir accepter ces critiques sans se focaliser dessus, sans quoi on n'avancerait jamais.
R : Des personnes vont te dire que ça déchire, d'autres vont te dire que c'est nul. Il faut savoir faire la part des choses. Heureusement qu'on évolue toujours. Depuis Juskobou, on a lancé l'optique de faire des connexions. Maintenant ça le fait de plus en plus avec la création de la mixtape, la nouvelle compilation Asphalt Themes. Sur les albums il y a aussi pas mal d'invités qui proviennent de divers endroits. Il y eu aussi pas mal de changements de directions... Stil Fada était vraiment impliqué dans le groupe à l'époque.
F : Juste, il me semble que y a encore pas mal de questions qui vont venir (rires) !
R : ... Stil Fada c'était un peu...

Le macro quoi !
R :
Non (rires) ! C'était le gars central qui produisait les trucs, qui nous tenait au courant des choses. Petit à petit on a pris nos places, ce qui a fini par créer des différences dans le groupe.
F : Par rapport à Bioul et moi, Fada était plus pour un Rap léger et festif, dancefloor. Nous on était un peu plus dans le délire bad et street.
R : Underground.
F : Tu me diras qu'il y a plein de groupes qui fonctionnent en ayant des éléments différents, mais là c'était vraiment dans la manière de penser. Quoiqu'il en soit, le seul truc positif de Juskobou est qu'on a arrêté de bosser enfermés, on est allés trouver beaucoup de gens, ce qui nous a ouverts pas mal de portes. Sinon...
R : Mouais... Y a aussi des bons morceaux, comme celui avec Nega. L'autre jour je rematais le clip, et je suis fier de ce morceau. Mais c'est l'un des plus récents de l'album par exemple. Danse pour Oim, on pourrait le retoucher, il y a du potentiel dedans. Peut-être qu'on ne touchait pas les gens en Suisse avec les morceaux qu'on voulait faire, je ne sais pas.
F : C'était pas notre style, on s'était égarés. Du truc vraiment festif au plus Rap... Les gens n'ont pas dû réussir à nous cerner sur cet album.


"Streez Souldiez"

http://www.impecprod.com/Redbioul/images/street3.jpg

En parlant d'évolution, ça aboutit à Street Souldiez. Qu'est-ce que c'est ?
R :
En fait, ça a abouti pour rechanger de cap (rires) !
F : Ah t'es pas au courant de ce qui s'est passé ?

Si si, mais c'est pour les gens.
F :
Je rigole, je rigole (rires) ! En fait, on est arrivé à un point où...

Attends, il faut que Quartz parle aussi.
F :
Si si, mais il va tout le temps pisser (rires) !
R : Non, mais c'est vrai que...
F : Nan nan, c'est Quartz qui doit parler (rires) !
R : Donc Force avait commencé à bosser avec Quartz et je m'étais mis dans la tête de faire un solo. En voyant les difficultés de sortir un disque, pour la promo et tout, on s'est dit qu'on n'arriverait pas forcément à s'accorder. Par exemple, je ne pourrai pas forcément les aider pour leurs trucs. Ca demande du temps et de l'énergie, comme du temps de Juskobou où j'avais dû faire la promo et tout. Pour Street Soldiez, on s'est dit qu'on pouvait rassembler les forces : Redbioul et Force Quartz, un gars en solo et un groupe, ça fait beaucoup d'informations qu'on va essayer de mettre dans un projet et un nom commun. On a gambergé plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour se mettre d'accord sur un nom.
F : Si on a autant mis de temps à trouver un nom et un concept, c'est parce qu'il y avait un problème à la base. Je parle vraiment de faire passer l'information. Si c'était aussi simple que ça, on aurait trouvé un truc simple dès le départ. On a croché trop de mois pour essayer de se faire comprendre. En plus, c'est moi qui avais lancé l'idée.
R : Je me rappelle que t'étais aussi le moins convaincu de nous trois.
F : C'est vrai qu'au début...
R : Tu as peut-être eu l'idée, mais t'étais pas celui qui y croyait le plus.
F : Je suis revenu sur l'idée en me demandant si les gens allaient comprendre.

C'est vrai que c'est particulier.
F :
Bioul m'a dit que c'était spécial, que pas tout le monde faisait ça, un double CD, etc. Après c'est vrai, Nega a fait un double album, mais il ne s'agit que de Nega seul. Pour nous ça allait plus loin.
R : On a sorti plusieurs CD avant pour préparer l'idée, mais la difficulté est restée avec la sortie du CD démo : nos photos, nos titres...
Q : Il faut aussi dire qu'on a fait ça pour viser les maisons de disque. Le fait de regrouper deux projets, ça permettait de proposer un large éventail de styles. Dans les parties de Force Quartz, il y avait peut-être quelque chose qui nous manquait que l'on pouvait retrouver chez Redbioul, et vice-versa. En terme de communication, c'est super dur à faire passer. Force Quartz, on est entre guillements un groupe. Bioul solo avec 25'000 producteurs différents... difficile à faire passer.
F : Quoiqu'il en soit, on s'est mis dans l'optique d'essayer. Après artistiquement il y a eu d'autres problèmes. Car Quartz et moi bossons chacun de notre côté, Redbioul bosse de son côté, mais sans que cela ne nous empêche de faire des titres ensemble. Mais le problème est allé plus loin : Bioul avait une constance de travail différente de la nôtre, il prenait les devants niveau biz, on avait du retard... Des choses ont commencé à partir en tension même si on ne voulait pas se l'avouer au début. À force de ne pas se l'admettre, ça a pété. Enfin pété, disons que c'est allé trop loin. On s'est admis que c'était trop difficile à faire passer. Mieux vaut être poto, faire des trucs en parallèle, mais à son rythme et avec tout le respect qu'il peut y avoir. Une cohésion qui ne marchait pas en fait.
Q : Ca permet vraiment à chacun de s'affirmer dans son projet, d'aller jusqu'au fond. Le regroupement, c'est pour agir de concert mais c'est autre chose quand tu veux réfléchir à un visuel, à un concept. Redbioul avait déjà son idée d'album, nous aussi, et chacun va pouvoir s'épanouir dedans du mieux qu'il le peut.
F : Perso, peut-être que Bioul a un autre avis, à partir du moment où on a pris ce choix, c'est comme un poids en moins. Avec Quartz on a avancé hyper vite ces derniers temps...
R : Sérieux (rires) ?
F : Mais franchement, on s'est mis des délais qu'on a tenu. Avant, c'était pas que de la pression, mais un drôle de sentiment. Ca va mieux maintenant.
Q : Mais Bioul reste cent fois plus carré par rapport à nous... On manque de temps, c'est ça le problème.
R : Ce qui fait que les gens entendent peut-être plus parler de moi, mais les choses tournent aussi pour les deux. Quartz a fait une prod' pour Roccobelly qui tourne sur la radio (NB : Roccobelly Dance sur Couleur 3). L'écart est peut-être dû au fait que je me bougeais beaucoup pour la promo.
F : C'est admirable ce qu'il fait, moi je ne pourrais pas le faire (rires) !
Q : En gros, c'est lui qui faisait notre boulot de management. Connecter les gens, etc.
F : Quartz et moi, on fignole les morceaux, on fait de la zique, de la zique... Mais Bioul arrive aussi à faire ça en plus !
R : Être artiste dans le projet mais agir en plus en tant que manager... T'es humain, si t'as un problème sur un point ça va forcément avoir de plus lourdes répercussions.
F : T'es pas humain, t'es un robot (rires) !
R : Z6PO (rires) !


Dans le cheminement que vous suivez chacun de votre côté, il y a tout de même une belle actualité : la compilation allemande Chevy Metal, la prod de Quartz pour Robert Roccobelly, les collabos avec l'australien Rootsword... Comment êtes-vous rentrés en connexion avec autant de personnes ?

Q : Vive MySpace !
R : Chevy Metal ça vient de moi car j'étais allé au Splash Festival deux années de suite. C'était la galère, il a plu à fond, la mousson, alors que les autres années il y avait trop de soleil. C'était la guerre de Viêtnam (rires) ! J'y suis donc allé vu que je m'étais fait des contacts à l'époque sur le morceau des Bauers avec pour optique de faire de la promo. J'ai rencontré Mr.Beakz, le responsable derrière Chevy Metal, qui y avait un stand d'habits. Je lui ai donné un CD, et on a gardé le contact via MySpace et téléphone. Lui et ses gars kiffaient ce qu'on faisait et ils nous ont invité sur leur album. On a fait Asphalt Ryderz sur une prod à Quartz. Dessus est venu se greffer un gars de Cologne, Def Benski, du groupe Die Firma, qui sont chez Sony BMG. Ils ont vendu genre 700'000 albums sur toute leur carrière. Jay-Z a fait un remix de son morceau 99 Problems
du Black Album avec l'un des gars du groupe. C'est marrant, il a entendu le morceau à l'époque en disant "Ouais, y a moyen de faire un remix avec moi ?". Et les contacts avec ses potes se sont faits comme ça. Ils m'ont passé une prod sur laquelle j'ai posé, deux morceaux sur Chevy Metal : l'un de Force Quartz avec Def Benski et l'autre de moi avec une chanteuse du nom d'Adulis qui sera aussi sur mon album, et un gars qui s'appelle Plus. Y avait quoi d'autre ?
Q : C'était déjà quoi la question ?
R : Rootwords c'était par MySpace, dans l'optique de la compile Asphalt Themes et dans l'optique autrefois développée avec Juskobou, et Stil Fada et Intersquad. J'ai voulu élargir, aller plus loin et ai rencontré des gens qui étaient intéressés et voulaient bosser avec moi. Là ça se fait avec des gens motivés qui ont autant envie que nous de collaborer et de bien bosser.

Je me rappelle avoir été à la Fnac où le CD de Robert Roccobelly était en libre écoute car son Roccobelly Dance était sur une playlist Couleur 3. En écoutant le morceau, j'entends le nom de Quartz...
Q :
J'ai rencontré Roccobelly lors de l'enregistrement d'Asphalt Themes. Je crois que c'était Bioul qui avait invité Sisma pour poser et lui avait dit qu'il pouvait venir avec des gars à lui. Donc il s'est pointé avec ses gens, dont Roccobelly, NY et Ketak de Sick Swan. On a posé le track et tout, et style un mois plus tard il m'appelle en me disant qu'il n'était pas satisfait du truc et qu'il allait revenir. Une fois sur Genève, il repose le track pour Asphalt et me demande si j'ai pas un son pour son album à lui faire écouter. J'en choisis un en lui disant qu'il est assez spécial et il croche direct. Il me dit tout de suite : "On va faire la Roccobelly Dance !", je suis allé acheter deux-trois bières à la Coop et il a écrit son track en genre une heure de temps. On a fait ça un peu à l'arrache, mais il a réussi en fin de compte à greffer ce dernier morceau sur son album. Et vu que Roccobelly connaît l'un des gars qui se charge des diffusions sur Couleur 3, il leur a passé son album. Ils ont finalement choisi le morceau qu'ils kiffaient dans Repérages, la Roccobelly Dance. Donc voilà comment ça s'est fait.


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Par Tuân - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 17 novembre 2007 6 17 /11 /Nov /2007 10:52
- Publié dans : INTERVIEWS
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Redbioul - Mon Combat

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Jusqu'à maintenant, on a surtout parlé de la cohésion artistique commune que vous avez eu jusqu'à maintenant. Mais avec la fin de Street Souldiez, on assiste à l'amorce des véritables cheminements solo. On commence avec Mon Combat de Redbioul qui arrive incessamment sous peu, non ?
R :
Il est plus ou moins prêt. Juste retoucher deux-trois morceaux que j'ai fait avec Quartz qui datent un peu, dont un qui est très personnel que j'ai fait pour mon père. Mon Combat me représente vraiment bien, c'est un morceau qui représente ce que je veux faire dans cette musique, où j'y mets mes tripes. Ca fait depuis un moment que ce morceau me parle, c'est même mon morceau préféré. En terme de l'ensemble et du rendu j'en suis très satisfait. Mon Combat, ça peut être pris dans plusieurs sens : tu vois la couverture avec des gants de boxe, un Rap avec beaucoup de punchlines, Redbioul pour le Rap énergique... Le Rap c'est un combat dans lequel tu dois tout livrer et c'est aux gens de juger ce que tu as fait. Ca peut aussi être retranscrit à la vie en générale, dans tout ce que tu fais dans ta vie personnelle, dans le sport, la musique bien évidemment. Mon Combat n'est pas à prendre au sens agressif et violent du terme, c'est plutôt une violence dirigée contre soi pour aller au bout de soi-même.

Tu m'as dit que tu produisais déjà par le passé, mais il semblerait que tu es retombé définitivement dedans.
R :
En effet, la prod je la fais quasiment à moitié-moitié avec le Rap. Ca me permet d'être large, dans le sens où quand je ne suis pas particulièrement inspiré pour écrire, je vais produire histoire de rester opérationnel. Soit je produis, soit je rappe, soit je vais faire un design. Comme je change souvent de catégories, ça me permet d'être toujours productif dans quelque chose.

T'arriverais à dire si le Rap ou la production est ton domaine de prédilection ?
R :
Non... franchement c'est les deux... Mais je suis plus à l'aise dans le Rap dans le sens où j'ai déjà une idée du rendu d'un texte quand je l'écris. Je sais à quoi m'attendre et je sens à quoi ça va ressembler. C'est l'expérience et le temps qui font ça. Des fois je me mets derrière le clavier et je vais sortir des choses qui ne vont pas me plaire. Pour le Rap, je sais si ça va être à ma convenance ou non. Pour le son, je vais écouter le tout et effacer ou ne pas garder l'instru s'il ne me plaît pas. En gros, je suis toujours plus à l'aise derrière un micro vu que je rappe depuis plus longtemps que je ne produis. Dix ans de MCing, et la prod ça fait depuis à peine un an et quelques que j'ai repris.

Musicalement, d'après ce que j'ai entendu, c'est très guerrier, très... facho !
F :
Ah mais c'est exactement ça, ça lui va bien (rires) !
R : Disons que c'est un style énergétique qui me plaît bien et me correspond bien... Le style du viking (rires) !

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On peut s'attendre à quoi au niveau des collaborations sur ton album ?
R :
Baron Faty des Boogotop, des suisses allemands et des allemands, Rootwords qui est un peu international... MLB, l'un des premiers ricains avec qui j'ai fait un morceau dont je suis bien fier et qui colle bien au délire de l'album même s'il était déjà sorti sur un autre projet. Il y a aussi des gens avec lesquels j'ai collaboré depuis un certain temps : Pouney à la prod, Quartz aussi, obligé. Force sur le morceau avec Baron Faty... On avait fait plus de tracks, mais ils sont sortis sur des street albums. Je pense qu'avoir au moins un morceau en commun c'est indispensable, les gens vont croire qu'on n'est plus du tout ensemble sinon (rires) ! Donc Force Quartz sont sur un morceau de mon album, et je serai sur l'un de leurs morceaux.

Et c'est pour quand la sortie au fait ?
R :
Y a pas de date... Idéalement le plus vite possible, la pochette est prête, mais comme je l'ai dit avant, une distrib' ici, y a personne qui met de la thune derrière... Donc ton projet risque de ne pas aller très loin. Il faudrait faire le plus grand buzz possible dans la street, mais c'est pas à Genève qu'on va t'acheter le plus de CD. Les suisses allemands sont plus ouverts avec les artistes provenant de l'extérieur, mais ils ne vont pas s'intéresser s'ils ne connaissent pas ton nom. C'est pas facile, surtout que tout le monde rappe un peu partout maintenant. Il faut vraiment avoir une bonne structure derrière qui te pousse même si je fais en sorte de faire le plus de démarches possibles et inimaginables pour ma promo, mais il y a une limite à ça. Avec 200'000 balles pour la promo, c'est clair que ça aide plus un gars qui à zéro franc à investir. Là, c'est purement du bizness. Ce n'est pas le but, j'ai trente ans, je fais ça pour la plaisir, mais si je sors un projet je veux que ça se fasse bien. Autrement je distribuerais le tout via téléchargement, sur mixtape, sur Datpiff ou un truc comme ça.

Avec ces mixtapes, on voit aussi qu'il y a cette brèche avec le mouvement Euro Streetz qui est affilié au DipSet Taliban. Ca se passe comment avec eux ?
R :
C'est parti du morceau que j'avais fait avec MLB (NB : Ups 'N Downs), qui l'a passé à DJ Pimp qui est en France et qui l'a mis sur l'une de ses mixtapes. C'est avant tout des gens que j'ai rencontré via MySpace ou des connexions intermédiaires, dans l'optique d'ouvrir les choses. De fil en aiguille t'en connais un qui en connaît un autre qui a aussi bossé avec par le biais de MySpace. Participer à un projet t'ouvre une nouvelle porte en fin de compte. Alors Pimp avait une mailing list et j'ai envoyé un mot alors que je faisais de la pub pour Chevy Metal. Prince Negaafellaga m'a accosté en me disant que c'était du bon et qu'il fallait collaborer un de ces quatre. Le jour même je le recontacte en lui proposant de le faire tout de suite. On a fait un morceau qu'il a mis sur sa mixtape, Pimp a kiffé le morceau fait avec MLB et m'a passé une prod qu'il avait faite lui-même et j'ai posé pour lui, ce qui a permis la collaboration. C'est du donnant-donnant : je fais de la promo pour eux, je leur passe un beat, il n'y a pas d'histoires d'argent. Ca s'accélère vraiment en ce moment, je suis assez surpris de la vitesse que ça prend. J'avais passé des prods à MLB et il a fait poser son crew dessus. C'est pour le moment des morceaux qui sont gratuits sur le Net, mais ça pourrait aller plus loin aussi.


Force Quartz - Destinée



On va passer à Force Quartz en revenant sur votre délire du parking des parents de Quartz. Un MC et un producteur un peu à la manière de GangStarr, c'est assez rare tout de même. Comment fonctionne l'osmose, l'alchimie entre vous deux ? C'est Force qui vient avec un thème ou c'est Quartz qui soumet des instrus ?
F : En fait, c'est un peu les deux. Avant je venais avec un texte et lui avait un son, et ça collait ou ça ne collait pas.
Q : Souvent, c'est que Force abordait un thème, une ligne directrice, et j'essayais de taffer de mon côté. Après, quand on se revoyait, il me disait si ce que j'avais composé lui correspondait et il écrivait ensuite directement son texte.
F : Ce qui est marrant, c'est que Quartz dit que j'arrivais avec un thème, mais la plupart du temps on trouvait le thème ensemble. Comme on l'a dit avant, Quartz écoutait du Rock à l'époque...
Q : ... Du Rock (rires) !... Je suis cramé !
F : Avant d'être surtout collé au Rap, il avait cette ouverture sur d'autres styles comme le Rock, et je suis aussi ouvert à tout même si j'ai été avant tout collé au Rap.
Q : Il faut dire qu'on fait avant tout de la musique.
F : Il samplait, il prenait franchement n'importe quoi. On écoutait après les trucs chez lui, mais franchement des trucs violents, aussi bien français que jazz... on ne savait parfois même pas ce que c'était ! Il s'en foutait, il piochait dans tous les horizons musicaux possibles. Donc on passe pas mal par ça, par cette ouverture d'esprit même si on aime les trucs vachement street. Tu vois, il y avait l'entente musicale d'une part mais également l'entente au niveau des sujets. Quartz bossait dessus et j'attendais la plupart du temps que le son sorte.
R : Des sons un peu facho quoi (rires) !
F : C'est toi le facho je te rappelle (rires) !
R : On est extrêmistes : DipSet Taliban (rires) !

D'un côté on a le Rap et le style plus durs de Redbioul et de l'autre l'écriture plus introspective et personnelle de Force...
R :
Je suis plus punchlines et techniques. Mais Force peut le faire aussi.
Q : En fait, ça suit l'optique de l'album. On s'est dit qu'on allait faire un album avant tout en rapport avec les sentiments. Tu écoutes un track, tu sens déjà la vibe dans laquelle on va se lancer, que ça soit triste, nostalgique, festif, sincère, etc. C'est ce qu'on a voulu faire ressortir. Je ne dis pas que le style de Bioul n'est pas sincère, mais il a son côté facho avant tout (rires) !
R : Ah mais ça y est (rires) !
Q : La ligne directrice de l'album c'était vraiment ça : les sentiments.
F : Il y a aussi une période durant laquelle Quartz et moi avons tellement traîné ensemble qu'il y avait des vibes qui nous ressemblaient vachement, aussi bien bonnes que mauvaises, et on les a partagées ensemble. On se comprenait vachement, car il savait que je parlais de telle histoire comme je ressentais ce qu'il exprimait en musique.

L'alchimie, vraiment.
R :
Alchemist (rires) !
F : J'aime les textes sincères, ce que je n'avais pas pu faire dans Juskobou. Dans un groupe surtout, c'est souvent un couplet chacun. On apporte tous notre façon de penser. C'est bien, mais tu ne peux pas aller jusqu'au bout.
R : D'où le titre Juskbou aussi d'ailleurs.
F : C'est en effet aussi sorti de ça. Pour le projet Force Quartz, je peux donc me pencher sur un sujet en long et en large.

Quartz, tu bosses avec quoi ?
F :
Un piano bar (rires) !
Q : Ouais, un piano bar (rires) !
F : De six à neuf, à l'Aiglon (rires) !
Q : Bon, on parle de matos là... J'ai un petit studio chez moi, donc c'est Cubase, Triton, Akai 3000, deux-trois modules de son et une bonne inspiration quand elle est là.

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L'inspiration grâce à Force d'une part, non ?
Q :
Oui clair, mais pas forcément vu que je collabore avec pas mal de gars extérieurs. Donc je peux prendre une boucle, un loop, et tafer le beat par dessus. Et après je propose, j'essaye de cerner les personnes quand je leur propose des sons. Après, Force passera toujours en priorité, mais je cherche aussi à m'élargir. Il y a la mixtape de Vincz Lee qui va sortir, l'album de Macaulay... C'est au feeling. J'aime bien bosser avec des gars que je connais un tant soi peu, comme ça je sais dans quelle direction ils veulent aller, trouver des beats qui leur correspondent.

J'ai pu entendre quelques extraits de l'album de Force Quartz, mais vous n'avez pas encore trouvé de nom il me semble.
Q :
On va l'appeler Destinée je pense.
F : C'est un titre qu'on a trouvé trop trop longtemps en arrière. Quartz te dira son optique, mais ça concerne le fait que notre amitié s'est faite en fonction de nos points communs dont la zique. La Destinée, c'est une suite d'événements qui fait que cet album doit sortir. Il y avait une période durant laquelle on a dû se réadapter : Quartz a changé de matériel, je me suis pris la tête sur des textes... Toute cette énergie dégagée devait au final donner naissance à quelque chose.
Q : Mon avis rejoint ce qu'il a dit. Pour nous, c'était écrit, obligé qu'on fasse un album, qu'on aborde tous ces thèmes, qu'on ait les mêmes points communs... Je te l'ai dit avant, mais on est avant tout des amoureux de musique. Le Rap, c'est quelque chose, mais on peut kiffer sur n'importe quoi ensemble. C'était donc une évidence qu'on se rejoigne là-dessus et qu'on fasse quelque chose de concret. La Destinée, c'est aussi une chose à laquelle je crois une chiée. Les bonnes et les mauvaises choses qui t'arrivent dans la vie ne sont pas là pour rien, il faut savoir en tirer des leçons et en faire quelque chose de positif. Comme cet album.
F : Pour parler de notre amour de la musique, il y a ce titre sur un des street albums Fallait pas nous Inviter. Ca commence avec un morceau de Kiss, on voulait marquer une ambiance du style on s'invitait chez quelqu'un.
Q : C'est pas par hasard qu'on a mis Kiss.

C'est juste, Quartz est un ancien hardos.
F :
Mais même pas (rires) !
Q : C'est un morceau qu'on kiffait les deux (rires).
F : Tu vois ces gars qui te disent "J'ai été élevé dans la Soul music" et tout ? Mais ça c'est du baratin. On a écouté de ces trucs avant...

Comme de la Dance et les boys band !
R :
Clair (rires) !
F : Genre les Hit Machines et tout là (rires) ! Kiss, je sais plus où on était quand je l'ai réentendu. Au départ, ça me parlait pas spécialement, mais en le mettant au début du morceau je me suis juste dit : "Clair !". La zique c'est de la zique, tu prends une boucle qui peut provenir d'un truc dégueux à la base. On n'allait pas forcément sampler des groupes qu'on écoutait gamins...
Q : Tears for Fears.
F : Voilà ! Mais tu les écoutes, c'est monstre fat. Mais faudra juste pas marquer qu'on est des fans de Rock (rires) !


Asphalt Themes



Déjà, qu'est-ce qui s'est passé avec Nplayz, le troisième producteur affilié à la compilation Asphalt Themes ?
R :
Chais pas.
F : Justement, Quartz et Bioul le cherchent encore (rires) !
R : En gros, il a dû arrêter...

Tu m'avais dit qu'il avait signé quelque part, non ?
R :
Il avait signé, après il m'a dit qu'il voulait arrêter la musique. Je ne sais pas trop ce qu'il en est finalement.

Comment l'idée est partie en fait ?
R :
À la base, on avait fait un morceau avec Nplayz pour notre street album et il m'a raconté qu'il travaillait avec NazB et je lui ai dit que je le connaissais. On est parti dans le délire de faire une compilation avec des prods à nous. Il amenait des gars, j'amenais des gars... Puis j'ai greffé Quartz et ça devait débuter avec un taf fait à trois.
Q : En fait, c'est depuis que je me suis greffé qu'il est parti : je l'ai trop impressionné (rires) !
R : On faisait des sessions MSN les trois ensemble, et on lui a présenté genre vingt titres. Lui il devait en être à un et demi... Il m'a dit par la suite qu'il avait d'autres morceaux, qu'il allait me les envoyer... C'est un peu parti comme ça. On s'est alors dit avec Quartz qu'on avait bien assez de morceaux, que c'était bien assez solide, et qu'on allait sortir le compile les deux.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette perspective internationale ?
R :
On avait beaucoup de connexions, plein de morceaux à faire, et Quartz avait aussi des gens de son côté qu'il avait envie de faire poser.
Q : Surtout un échange de connexions. Bioul ou Nplayz pouvaient proposer des types, moi également, c'était l'idéal afin d'avoir un plus grand choix. Nplayz devait ramener plein de ricains comme des Young Buck.
R : Il y aura peut-être Juxx Diamond que je vais rajouter, mais c'est surtout européen. Il y a tout de même cinq-six langues différentes sur ce projet. Il y aura peut-être un volume deux qui sortira un jour, il faut déjà qu'on sorte bien ce volume un (rires). Mais il va sortir, on a fait l'écoute avec toi tout à l'heure. Il y a des prods de Quartz ou de moi, mais je trouve que les morceaux se suivent bien. Il y a un bon potentiel. Je pense que ça va sortir sur Internet, pas forcément sur support CD. Si on en vend 50'000 sur Internet en trois mois, on pensera au CD. En attendant, on ne va pas mettre 30'000 balles dedans sans savoir ce qui nous attend.
F : Ca se passera peut-être comme avec Koxie (rires) !

Mis à part ça, elle a commencé sa carrière avec Baron Faty...
F :
Mais c'est pas Baron Faty dans le clip ? Je te jure qu'il lui ressemble !
Q : Peut-être que c'est lui...
F : Il lui ressemble à mort ! (À Redbioul) T'as jamais vu le clip de Koxie ?
R : Ah non...
F : Je te jure que le gars dedans ressemble à Baron Faty.

Sinon, est-ce que vous avez procédé à un tri en particulier pour le choix des artistes ?
R :
Non, on a contacté les gens pour avoir un choix large. Au final, s'ils étaient bons, on gardait les tracks.
Q : Je me rappelle plus de la question...
R : Si on a procédé à un tri pour le choix des artistes.
Q : Ah ok.
R : Au début, on n'avait pas autant de connexions que maintenant donc on a un peu lancé des gens qu'on ne connaissait pas forcément. Deams d'Hollande, j'avais entendu sur le Net ce qu'il avait fait et j'avais bien kiffé, donc on l'a lancé.
F : Qui c'est Deams ? C'est la marque de collant ?...

...
R :
Il est affilié de loin à la GangStarr Foundation.
Q : C'est la première vraie signature européenne.
R : Il est bien bien connu en Hollande. Pour certains là-bas, c'est la super star d'Amsterdam, le gars qui a lancé des trucs. Gros respect pour lui. The Amsterdam Ambassador.
Q : Le truc hallucinant, c'est qu'on a proposé à ce genre de personnes, mais on a aussi démarché des gars de la région. Sur Genève on s'est pratiquement cassé la gueule partout. "Nous on est sur nos trucs, faut qu'on finalise tel projet...". Mais en gros c'est des excuses bidons pour ne pas collaborer avec nous. Sur Lausanne je ne dis pas, super ouverts, ils sont passés au studio, ils ont posé... Tandis qu'à Genève, le mouvement c'est autre chose.

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À quoi cela est dû vous pensez ?
Q :
Les gars ne veulent pas se mélanger entre guillemets : ils ont leurs crews depuis super longtemps, il pensent se suffire à eux-mêmes.
F : Sur Genève, tout le monde connaît tout le monde. On sait tout sur les autres, mais on n'a pas envie de se rapprocher. Il faudrait qu'à Genève il y ait un gars qui parvienne à mixer tout le monde.
R : C'est dingue, sur Genève on a quasiment personne pour la compile.
F : Mis à part ça les gars, faut que je me channe !...
R : Il y avait Force, moi, O.D. et Nega. Après j'ai réussi à caser des morceaux de J.A.X. et de Wicked. Il y aurait dû avoir Nyd (NB : du Terrorime Mouvement). On aura réussi à démarcher quelques gars de Genève, mais c'était clairement pas les plus faciles à avoir (rires). Disons que ça ne s'est pas fait le plus rapidement. On avait des gars de Suède et de Hollande bien avant les gens de Genève.

Paradoxalement, ça a été l'une des plus grosses difficultés pour cette compile.
Q :
Pourtant, on serait fier de faire poser des gens de chez nous, que ce soit pour la promo, se mélanger, se connecter musicalement. Et c'est là que ça pêche.
R : Surtout qu'à Genève on se connaît tous.
Q : De vue du moins.
R : Ouais, de vue. Il ne faut pas stigmatiser là-dessus dans l'interview en disant que Genève c'est la dèche, ça tient simplement au fait qu'on aurait voulu plus de gars de Genève et qu'on n'en a pas plus que ça, même si on est international au final.
Q : Ce n'était pas le but d'avoir forcément des gars de Genève, mais c'est une opportunité qui est passée en fait. C'est dommage.

Pour poursuivre là-dessus, en parlant du Rap genevois et par extension du Rap suisse, quelle est votre vision à ce propos ?
Q :
Il y a une pétée de talents et de niveaux, ça y a pas à chier. Partout il y a trop de groupes, de MC, de producteurs. Après, c'est comme on a dit tout à l'heure : la difficulté n'est pas de poser sur un album ou une mixtape, mais faire en sorte que ça aille plus loin, que les sorties se trouvent concrétement dans les bacs, qu'il y ait des tournées, des concerts et de la reconnaissance. Malheureusement c'est là que ça pêche, mais ça viendra avec le temps. Les gens ne se rendent pas souvent compte de tout le boulot qu'il peut y avoir au niveau de la promo, qui est en fin de compte le plus gros morceau on va dire.
F : Je suis navré de pas pouvoir continuer l'interview, mais là faut vraiment que je me bouge !
Q : Flavio est venu à 14h30, et est parti à 17h (rires) !
R : Avant que tu partes Force, qu'est-ce que tu penses d'Asphalt ?
F : C'est... C'est de la merde (rires) !
R : Et il est dessus (rires)...
Q : En effet (rires)...


C'est vrai que Force n'a pas dit grand chose concernant Asphalt Themes.
F :
Vu que Quartz fait les sons et qu'on fonctionne un peu au 50/50, il m'a proposé un son pour représenter Force Quartz. Après, Redbioul qui a fait pas mal de prods aussi m'en a fait écouter plusieurs, et j'en ai choisi une ou deux par la suite. Ca fait un peu prétentieux de poser deux fois sur une compile, mais l'un des morceaux est en rapport avec le groupe Force Quartz et l'autre est fait en solo.
R : Tu devais même en avoir un troisième sur un morceau de Nplayz et moi.

Et pour l'avenir, qu'est-ce qui va se passer ?
F :
C'est niqué (rires) !
Q : Pleins aux as !
F : Musicalement, qu'un max de monde puisse écouter ce qu'on a fait. Car comme l'a dit Redbioul, on ne fait pas de la musique pour trois personnes. Le but serait d'aller plus loin, mais pas au niveau du fric, que les gens écoutent. Ca fait depuis dix ans qu'on fait du Rap sur Genève, et il y a toujours des gens d'ici qui ne savent pas qu'on fait du son ici.
R : Bientôt quinze ans même.
F : On a vraiment retenu nos trucs, mais là on a juste envie de lâcher le tout. Si on arrive à rentrer dans nos frais, ça serait bien aussi. Bon allez, à plus (rires) !

Force s'en va...


Après le monologue de Force, est-ce que vous avez quelque chose à rajouter ?

R : Je ne sais pas, que pourrait-on rajouter ? J'espère que ce projet, qui se sert de la nouvelle technologie vu qu'on le sort via Internet, fonctionnera un minimum. J'espère aussi que ce n'est pas parce qu'il ne sort pas sur CD que les gens ne vont pas lui donner l'attention qu'il mérite. À mon avis, tu as entendu les morceaux, je pense qu'il y a de quoi intéresser les auditeurs et faire en sorte qu'ils l'écoutent. Sur le site web (www.impecprod.com), on va mettre des extraits de tous les morceaux afin que les gens se fassent une idée du tout. Ce projet a un bon potentiel.
Q : Si ça marche, pourquoi ne pas envisager la sortie sur CD ? C'est une autre possibilité aussi.
R : Idéalement, on fera un volume deux avec de nouvelles personnes à mettre dessus tout en restant dans la même optique. Car le but n'est pas de faire poser un gars qu'on ne connaît pas, c'est cool de les connaître directement même si on ne les connaît pas en personne. Il s'agit vraiment de proposer des morceaux inédits, mis à part un remix que j'ai fait.

Un petit mot pour terminer ?
Q : Restez connectés, car il y a plein de trucs qui vont sortir et qui vont faire très mal.
R : Il faut continuer sur ça. Là tu as entendu cinquante morceaux. Potentiellement, il y a encore des trucs qui vont sortir derrière, ce n'est que le début. Il y a même des projets qui ne vont jamais sortir (rires).
Q : Maintenant je commence à produire également pour différents artistes, donc des prods de Quartz vont se retrouvées éparpillées à gauche-à droite et ça va faire mal...

Merci bien les gars, et bonne chance pour la suite !



>>Compilation internationale Asphalt Themes disponible maintenant en direct DL via les liens de Redbioul et Force Quartz.<<



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--> Lire la chronique du "Street Album"

Site ImpecProd
MySpace Redbioul
MySpace Force
MySpace Quartz
MySpace Asphalt Themes



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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /Nov /2007 16:05
- Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
img452/5231/aiglesp3.jpg   Westside Story


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Pardonnez mon ignorance dans le domaine -le comble alors que je suis censé porter le peu d'attention à ma disposition aux quelques sorties locales-, mais il semblerait que les albums des beatmakers de nos latitudes sont des denrées rares. Jugez-en par vous-mêmes, et selon mes maigres connaissances : UBS d'Yvan, l'ex Double Pact à la texture capillaire en voie de disparition, Tout un Monde de Pouney et Anom... Projets rares d'une part, mais qui risquent de devenir de plus en plus inintéressants en raison d'une uniformisation sonore faisant un peu trop la part belle aux claviers et aux congas issus d'une vague sonore louchant avec flemme sur un Down South Migros Budget (n'est pas Mannie Fresh qui veut, désolé). Alors que les poissons morts se laissent emporter par le courant, d'autres ont des aspirations artistiques bien différentes. Parmi ceux-ci, prenons l'exemple de Chromatiks, producteur d'origines chiliennes que l'on a pu remarquer par le passé aux côtés de rappeurs tels que l'étranger chez lui Shaka, le rwando-onésien Basengo, et le stressant V.I.R.U.S.. Bien connu de nous autres genevois, le dernier projet en date de l'intéressé ne se limite pourtant pas qu'à notre chère ville et se permet d'inviter des artistes provenant de Norvège (A-Lee sur I Ain't), de France (Poison qui a une fois de plus un truc aussi violent qu'une bite en érection (sic) sur Bienvenue dans le Ghetto), ou encore d'une Suisse profonde et/ou inconnue pour la plupart d'entre nous (personifiée par Gimma et son très suisse allemand Nur ein Tag). Et surtout, pour le bonheur des aspirants plagistes de Long Beach traînant leurs pieds du côté du Bain des Pâquis en ce mois de novembre, la couleur musicale de Éponyme -nom de la compilation de Chromatiks, tenons-le pour dit- lorgne avant tout sur les basses vrombissantes et les voix sous hélium si propres à la côte ouest américaine. Car oui, sachez qu'il s'agit tout simplement du style de coeur de notre cher producteur, et que ça lui réussit plutôt bien. Cependant, cet appel au soleil californien n'empêche pas Chromatiks de proposer une pléthore d'horizons musicaux, le plus souvent incarnés par la variété des langues des MC invités, mais également représentés par un apport musical accoustique des plus plaisant, le tout à grands coups de cuivres et de cordes. Mais à cela, malgré la rude concurrence de rappeurs internationaux se bousculant tout au long de ce disque de vingt-deux titres, sachez que nos compatriotes genevois tiennent la plupart du temps le haut du pavé ; en sont témoins le moelleux et excellentissime De quoi je Parle porté par un Shaka en parfaite osmose sur les orchestrations accoustiques (notre titre favori, aucun doute dessus), ou encore le très sensuel Goodbye interprété par la délicieuse chanteuse Lynsun (non Chromatiks, on va arrêter hein...), tout en passant par le sombre Genève Music de Enok Sainkel. Mais plus que de satisfaire nos aspirations genevoises (sommes toutes limitées, avouons-le), Éponyme réussit surtout dans le domaine... musical. C'est peut-être bête à dire, mais au vu de la vulgarisation musicale dont est victime le Hip-Hop au jour d'aujourd'hui, c'est un aspect qui mérite amplement d'être souligné. À l'Ouest au sens propre, mais jamais au sens figuré du terme, Chromatiks vise juste en ayant tout simplement eu l'envie de faire du bon son. Et franchement, on le remercie grassement pour ça et pour cet Éponyme plein de plaisir. Bis !

_TN


MySpace de Chromatiks


Chromatiks f/ Lynsun - Goodbye


Chromatiks f/ Shaka - De quoi je Parle (Live à l'Usine)



Chromatiks f/ Intérimeurs - Dimanche

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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /Sep /2007 21:55
- Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
img452/5231/aiglesp3.jpg   Geos : la Terre


GEOS " HAïTI: RECITS D'UN JEUNE METISE"


Étape désormais décisive du cursus estudiantin -du moins pour ceux qui désirent le pousser-, le travail de Maturité, attestation de la prise de responsabilité des collégiens lors de leur secondaire, permet de donner à l'étudiant un avant-goût de ce qui l'attendra tout au long d'un parcours semé de travaux de recherche aux contours parfois bien mal définis (pensée au père Shaka et à notre exposé sur les garde-frontières...). Cela dit, le TM (comme on l'appelle dans le milieu) donne l'occasion d'invoquer des sujets qui nous tiennent à coeur, et c'est ça qui le rend véritablement intéressant. Alors que certains décident de peindre une toile mettant en scène la mise à feu de Rome par Néron, ou encore de dessiner la BD "la plus débile au monde" (oui, c'est moi...), d'autres se lancent dans des projets autrement artistiques tels que l'enregistrement d'un CD. Geos de Barbancourt fait parti de cette dernière catégorie. Clasheur émérite pour beaucoup et chef de fil du groupe genevois Intérimeurs pour certains, le petit frère de notre ami Bonx affûte ses rimes en compagnie de ses collègues Lota, Ego, Key et le manager Geaz depuis quelques années ; du moins depuis assez longtemps pour pouvoir intégrer la structure Blood Musik. Haïti : Récits d'un jeune Métissé, EP six titres se posant à l'orée de deux mondes, intègre l'univers de l'étudiant du collège Voltaire à celui du Hip-Hop, le tout afin de donner naissance à un projet musical rendant hommage aux origines noires de Geos : Haïti. Ici, l'identité du jeune homme est de mise (mi-sang bleu, mi-rhum !), allant des souvenirs familiaux à la description d'un monde coloré, meurtri et fascinant pour nous autres occidentaux ; et est exposée de façon simple grâce à un flow posé et un Rap instructif ne tombant jamais dans l'agaçant. Entièrement mis en musique par son comparse TedyBoy, aux productions malheureusement kitsch et bontempi (après, peut-être s'agit-il de la vibe haïtienne, je ne sais guère) mais aux arrangements efficaces, Haïti
: Récits d'un jeune Métissé sent les îles, le lointain. Rappelant à tort ou à raison l'appel à l'exotisme évoqué autrefois par Baudelaire dans ses Fleurs du Mal, Geos réussit son pari en proposant un EP agréable à l'écoute et intelligemment fait. On passera les quelques fautes de goût tel que le malheureux arrêt (dans tous les sens du terme) du côté de Miami pour apprécier les efforts d'un rappeur plein de promesses, dont le pseudo Geos n'évoque pas que le prénom du sieur pour certains mais aussi l'attachement à une terre pour beaucoup. Vu la situation chaotique qu'Haïti connaît en ce moment, il est bien mois risqué de vous rendre au Take Over afin de vous procurer l'EP Haïti : Récits d'un jeune Métissé. Bon, j'ai bien mérité un verre de Barbancourt là...

_TN


MySpace Geos de Barbancourt
MySpace TedyBoy

 
haiti pap mouri

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Lundi 13 août 2007 1 13 /08 /Août /2007 19:55
- Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
Monsieur Seth


Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket


Pour commencer, autant vous le dire franco pour que vous ne fassiez pas les faux surpris par la suite : sachez que Seth est lausannois. Alors oui, on le sait tous, le canton de Vaud ce n'est pas le canton de Genève, et on va encore médire à mon sujet en disant que je pourrais plus promotionner le Rap genevois au lieu de m'intéresser au cas d'un voisin romand. Ah, ces rappeurs qui croient que tout leur est dû, qu'on est à leur bon service ; ah, ces tensions entre collègues suisses. Mais à part la guerre du Sonderbund, qui aura fait cent morts et duré un peu moins de trente jours (tu parles d'une guerre...), j'ose affirmer que les conflits intercantonaux n'ont aucunement lieu d'être à l'heure actuelle. Mais bon, je ne vais pas vous parler avec les mots et les dires de Hans Peter Kriesi ou je ne sais quel spécialiste de la réforme de la péréquation financière et de la distribution des tâches, mais du Bouquet de Proses fraîchement cueilli par le rappeur Seth. Comme à l'image des quelques dessins illustrant la jaquette -voyez seulement la couverture, une rose faite de mots, tâchée de sang, issue d'une flore peu sympathique-, les paroles de Monsieur Seth sont torturées, doucereuses, ou encore dépressives au possible, et se lovent dans sa psyché pour pouvoir mieux en ressortir peines et souffrances. Le ton est donné lorsque notre artiste se permet d'avertir ses auditeurs quant à l'authenticité de ses lyrics, à éviter si l'on est dôté d'un coeur trop sensible. Adoptant un phrasé et une écriture résolument tournés vers une exacerbation du moi comparable aux performances d'artistes romantiques tels que Victor Hugo, Seth pleure et vomit sa frustration via un Rap efficace et écorché, emporté par des figures de style sombres performées de façons plaintives et savoureuses. Les instrus accompagnent avec une justesse certaine notre artiste qui, en tant qu'auteur lyrique, donne naissance à de petits bijoux engendrés par un trop plein de peines et de réalisme, comme sur Crescendo (reprenant allégrement le main theme du film Requiem For A Dream) ou encore Missive Secrète, morceau dépouillé et peut-être meilleur titre de l'album (aussi bien musicalement que lyricalement). Torturé devant l'éternel, Seth s'abreuve dans un puit sans fond hanté par les chuchotements d'un Thanatos putride, et en ressort thèmes intimistes le long des 21 titres (parfois courtissimes) de son Bouquet de Proses, et prouve avec brio sa maîtrise en terme d'écriture et d'interprétation larmoyante. Cela dit, l'univers lourd et étouffant de notre lausannois rend cet opus quelque peu difficile à écouter d'une seule traite, faute due en grande partie à la redondance des thèmes évoqués (l'irritante éternelle frustration) et à un flow pas toujours efficace (comme sur Toutes les Larmes de mon Corps, rappé au bord de la crise de nerf). On notera aussi quelques fautes de goûts comme l'horripilant refrain de Quelques Mots avec Gambi, rappelant plutôt des mauvais moments du groupe Louise Attaque qu'autre chose. Mais deux misérables anicroches sur une vingtaine de titres maîtrisés, avouez que c'est bien peu. Peut-être plus musique française que Rap pur et dur -on sent plus l'influence d'un Brel que d'un Kery James-, Seth semble vaciller entre les deux genres, et se rattrape par intermittence à un style ou à un autre. Mais si l'on devait reprocher une seule chose au monsieur, c'est d'être sujet aux fluctuations terrestres des joies et des peines, des expériences agréables et désagréables, des louanges et des menaces ; et d'avoir été dôté d'un coeur trop humain pour parler de toutes ces choses. Ne faisons pas allusion à une quelconque faiblesse, mais il apparaît heureusement que le coeur de notre artiste parvienne à faire l'expérience de la délivrance depuis une cage faite de chair et de mots. Insaisissable, vous peinerez à sentir le parfum et à toucher les épines de ce Bouquet de Proses maudit, mais Dieu sait qu'il touchera votre ouïe et votre coeur si vous vous donnez assez de peines pour rentrer dans l'univers morose de Seth.

_TN


MySpace Seth




Je tiens à remercier Seth pour l'envoi du CD, sa patience, et surtout sa musique. C'est bête à dire, mais ce Bouquet de Proses m'a vraiment été offert dans une période difficile de ma vie.  Bonne poursuite.
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /Juil /2007 13:52
- Publié dans : HIP-HOP : Chroniques
Question d'ordre

http://www.gharts.org/images/steinway.jpghttp://wilfridhoffacker.blog.lemonde.fr/files/ecriture.thumbnail.jpg


Les chroniques deviennent de plus en plus nombreuses sur Holla Back, et en retrouver une peut prendre du temps. Ainsi, afin de vous épargner des larmes et vous faire gagner quelques minutes, elles sont toute répertoriées ci-dessous dans l'ordre alphabétique. Tous les albums sont soumis à l'impartial jugement des six porcs (cliquez ici pour plus de renseignements quant à cette notation), sauf les travaux provenant d'artistes encore méconnus, comme nos collègues genevois, et ce afin que les visiteurs se donnent la peine de lire la critique pour prendre connaissance d'une nouveauté locale. Les oeuvres considérées comme classiques sont en gras afin que vous puissiez plus facilement les repérer, et les chroniques concernant la Soul ou encore le R'n'B se trouvent tout en bas de cette liste. Sur ce, excellente lecture.


40 Cal. - Broken Safety

50 Cent - The Massacre
Alchemist (The) - 1st Infantry
Beanie Sigel - The B.Coming
Big Noyd - On The Grind
Blaq Poet - Rewind << Deja Screw
Body Head Bangerz - Roy Jones Jr. Presents : Body Head Bangerz Volume One
Bone Thugs-N-Harmony - Strength & Loyalty

Bravehearts (The) - Bravehearted
Cam'Ron - Purple Haze
Chromatiks - Éponymeimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
Diddy - Press Play
Diplomats (The) - The Movement Moves On
DJ KaySlay & Greg Street - The Champions : The North Meets The South
DMX - Year Of The Dog... Again
E Money Bags - In E Money Bags We Trust
Firm (The) - The Firm
Full One - Days Are Longerimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
Game (The) - Untold Story + Westcoast Resurrection
Game (The) - Untold Story II Chopped & Screwed
Game (The) - The Documentary
Hold 'Em Records - État Second
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J.A.X. - Courte Plainteimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
J.A.X. - Courte Plainte (Commentaires)img528/8966/aiglesp3bn2.jpg
Ja Rule - R.U.L.E.
Jim Jones - On My Way To Church
Jin - The Rest Is History
Lil Jon & The Eastside Boyz - Kings Of Crunk
Lil Jon & The Eastside Boyz - Crunk Juice
Lloyd Banks - Rotten Apple
Masta Ace - A Long Hot Summer
Mobb Deep - The Infamous
Mobb Deep - Blood Money
Nas - It Was Written
Nas - I Am...
Nas - Death Of Escobar
Nas - From Illmatic To Stillmatic - The Remixes
Nas & Ill Will Records - QB Finest
Nashawn - Napalm
Nessbeal - La Mélodie des Briques
Paul Wall - Get Money, Stay True
Purple City Productions & Baryo - Paris To Purple City
Résistance (La) - Remise en Questionimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
Rhymefest - Blue Collar
Seth - Bouquet de Proses
Tandem - C'est toujours pour Ceux qui savent
Terrorime Mouvement - Terrorime te Chercheimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
Tragedy Khadafi - Bloody Ballads
Twinky - Prétendant au Trône
UGK - Chopped & Screwed
Ying Yang Twins - My Brother & Me
Ying Yang Twins - U.S.A. United States of Atlanta
Young Buck - Buck The World
Yung Wun - The Dirtiest Thirtiest


I-Shawn - Employee Of The Monthimg528/8966/aiglesp3bn2.jpg
John Legend - Get Lifted
Mario - Turning Point
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /Juil /2007 00:15
- Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
img452/5231/aiglesp3.jpg  Courte Plainte


Démarche nonchalante, barbe de quelques jours, yeux mi-clos, flegme apparent... À voir tout cela, on pourrait croire que J.A.X. n'est pas du genre à vouloir prendre la parole et se confier. Ajoutez à cela ses 45 minutes de retard au rendez-vous donné, et on pourrait en effet croire que l'issue de cette rencontre était jouée d'avance, mais dans le mauvais sens du terme. C'est après quelques brèves explications concernant son arrivée tardive malgré lui, et après avoir été rejoints par son acolyte le discret Coeur II Pierre, que l'interview part des plus belle pour finalement se terminer tranquillement autour d'une bière. Compte rendu d'une enrichissante rencontre au Pub de la Presse.


Texte : Tuân
Clichés : Tuân, Coeur II Pierre, un quidam, DR


Tuân : Est-ce que tu pourrais te présenter ? On connaît le rappeur J.A.X., mais qui se cache derrière le pseudo ?

J.A.X. : En fait, "J.A.X." vient d'un truc très très lointain, de mon enfance. Quand j'étais petit, les gens disaient que j'avais la gueule à Michael Jackson, car j'avais l'afro et tout... Et à cette époque, on disait que je lui ressemblais, et petit à petit on a commencé à m'appeler "Jackson". Et avec le temps, ça s'est diminué en "Jaks". Et j'ai gardé ce nom depuis... au moins quinze ans ! Et il m'a convenu. Au départ, c'était J.A.X. mais écrit J-A-K-S, puis ça a fini en J-A-X : J.A.X., l'artiste.

T : Alors à quoi correspond "Jolé Jaks" en fin de compte ?...
J : "Jolé Jaks", c'est mon nom. À l'époque, quand j'étais jeune, je taggais "Jolé", et "Jaks" était le nom d'artiste. "Jolé Jaks" est donc le mélange des deux.

Et tu as juste conservé la partie "Jaks".
C'est en vérité beaucoup plus compliqué... Car Jolé Jaks est le personnage multiple, car je coupe mon nom en morceau : il y a le graphiste, l'artiste, le MC, le gars de tous les jours... Depuis des années, j'ai fréquenté différents milieux et y ai rencontré différentes personnes, ce qui fait que certaines m'ont appelé d'une façon et d'autres encore d'une autre façon. Et depuis l'album, "J.A.X." est resté. Même les gens qui ne m'avaient jamais appelé comme ça utilise ce nom. Mais "J.A.X.", c'est vraiment l'artiste, c'est toute une partie de moi-même.

Tu viens de me dire que tu taggais il fut un temps, mais on sait que tu as touché à d'autres disciplines du Hip-Hop comme la danse avant d'en venir au Rap. Comment as-tu pratiqué ces domaines ?
J'ai vraiment grandi dans le Hip-Hop. Mon grand frère, qui va avoir bientôt quarante ans, m'entraînait souvent dans ses soirées et tout quand j'étais petit, c'est donc lui qui m'a poussé dans la culture Hip-Hop. J'avais huit ans, je breakais dans les soirées des anciens. C'était un trip, et petit à petit, mon frère s'est plus écarté du délire Hip-Hop, j'ai grandi, ma vision de la chose s'est élargie. Car quand tu bosses dans ton petit cercle, tu ne vois que ce qu'il y a à l'intérieur, et pas ce qu'il y a à l'extérieur. Et quand tu sors du truc, tu vois qu'il y a plein de choses. Je suis donc passé du break, au tag-graff vite fait, puis j'ai découvert la musique et suis resté sur la musique. Et avant même de rapper, j'écrivais déjà.

Des poèmes ?
J'écrivais des histoires, je me prenais pour un écrivain, un romancier... J'adorais lire, alors je dévorais des gros bouquins, genre des Stephen King. Alors je faisais aussi le Stephen King (rires), j'avais pris une vieille machine à écrire de l'époque et tout, mais vraiment vieille. Je l'avais trouvée dans ma cave, je l'avais ramenée chez moi, et je faisais l'écrivain : tout un délire. Maintenant, j'ai jeté la machine il y a longtemps mais je continue d'écrire.

Dès lors, qu'est-ce que le Rap t'a apporté de plus par rapport aux autres domaines du Hip-Hop ?
Et bien ce qu'il m'a apporté de plus, c'est tout simplement l'écriture, j'adore écrire. J'aime prendre certaines tranches de vie, certains états d'esprit, certaines visions des choses et les mettre sur papier. Il y a parfois des moments dans la vie où il y a des hauts et des bas. Et moi, je suis une chiée tirée par le bas, j'ai besoin d'écrire le moindre truc hot. Quand tu connais plein de monde, des choses se disent à droite et à gauche, mais pas tout le monde les connaît... Donc moi je les écrits. Et personnellement, écrire me permet toujours de découvrir de nouvelles choses, j'adore ça. Et je peux aussi ne pas écrire pendant deux ou trois mois parce que tout va bien.

C'est vraiment un besoin...
C'est un besoin ouais. Je te donne un exemple, à mon boulot : il y a une semaine, je me suis embrouillé avec une collègue. Tu sais, en tant qu'employé, je ne suis pas là non plus pour faire des gros scandales. Donc suite à ce genre de petites embrouilles, j'écris des petits trucs, des petites choses. Et que je jette par la suite.

Il faut que ça s'exprime et que ça sorte en fait.
Voilà, exactement. C'est peut-être con, mais ça aide à mieux comprendre certains événements, ou encore les gens, leurs réactions, mais aussi toi-même par rapport à ce qui s'est passé.


img440/7065/jaxpierrenl9.jpg


On va parler de ta structure Treiz.05, dont tu designes notamment le site. D'où vient le nom pour commencer ?

Treiz.05, c'est un peu le parcours de ma vie. Quand je dis ça, c'est que quand j'ai commencé à pratiquer le Hip-Hop, j'habitais à Onex. J'y ai fait mes premiers pas, mes premières écritures. Vers mes 16-17 ans, j'ai migré ici, à Plainpalais-Jonction. Résultat : ma vie commence à Onex et se termine à la Jonction. Du moins pour le moment. Je finirai peut-être demain ou dans dix ans à New York ou je ne sais pas où, tu vois ? Même à Lausanne, je ne sais pas (rires). Mais, sur le moment, le départ de l'artiste était à Onex dans le 1213 et maintenant je suis dans le 1205. Il s'agit vraiment de mon parcours artistique, depuis là où j'ai commencé jusqu'à ce que je sorte l'album, fasse les choses de la manière dont j'avais envie. J'ai bossé avec un million de personnes, mais ne me suis pas assez recentré sur moi-même. Mon album, c'est un peu ça : le fait de sortir du brouillard des gens.

On va revenir sur l'album un peu plus tard. Mais Treiz.05 en fin de compte, à quoi ça sert, comment tu le présenterais ?
Je t'explique : en réalité, c'est un peu un état d'esprit. Pour le moment, il est encore personnel, car Treiz.05 est surtout en rapport avec mon album en ce moment. Mais le but, c'est de faire des projets avec des gens de l'époque, et des gens que je vais rencontrer. Je ne vais pas dire qu'il s'agit d'un label, car je n'estime pas avoir les épaules en ce moment pour, mais c'est quelque chose que j'ai envie de garder afin de collaborer avec des gens de tous bords : je t'invite sur mon projet, tu m'invites sur le tien, c'est Treiz.05. Il y a des gens qui se reconnaissent dans ça, je sais qu'il y en a. Ce n'est pas forcément dans le Rap. Comment dire ça ? C'est un peu un signe de respect par rapport aux gens que j'ai rencontré durant toutes ces dernières années. À Onex, j'y ai connu tellement de monde man, mais avant ça j'en ai tellement rencontré qui n'avait rien à voir avec le Rap. C'est un rappel quant à ces gens qui ont fait que j'ai cet état d'esprit, que je suis J.A.X. en fait.

Cet état d'esprit ne se limite donc pas uniquement au domaine Rap alors...
Pas du tout. Le concept Treiz.05, j'aimerais bien ne pas en faire qu'un label de son, mais faire des t-shirts, le faire vivre. Je ne veux pas qu'il s'agisse d'un nom qui est passé juste le temps de l'album et qui se finit. Personnellement, cette structure me permet de me rappeler la distance parcourue entre les débuts et l'achévement de ce premier album. C'est con, mais cet album c'est hyper important. Je ne suis pas là à me dire j'ai fait un album, hin hin, c'est juste que j'ai fait des trucs de ouf dans ma musique. Et un jour, il fallait que ça sorte. Pour te dire la vérité, en '99, j'avais déjà un album. Je ne l'ai pas sorti. Quand tu connais un million de personnes qui ne viennent pas du même endroit, qui ne se connaissent pas, et qui n'ont pas envie de se connaître, c'est tendu... Même si parmi ces personnes l'une a un problème avec une autre, ce n'est pas ça qui va m'empêcher de bosser avec les deux. C'est un peu un grand mot, mais mon but est d'être international. Le Rap pour moi, c'est le kiff, les seuls moments dans ma vie où je suis bien man. Les gens que je rencontre, avec qui je fais des trucs... Des relations peuvent se terminer plus tôt que prévu, mais ce sont les risques du métier, je te jure. Beaucoup de gens me disent que je suis très renfermé, car il est vrai que l'album parle de beaucoup de choses qui me concernent, mais parle aussi de petites scènes vues de l'extérieur. Ces scènes, ce n'est pas forcément moi, c'est que je sais que certaines d'entre elles m'arrivent et peuvent arriver à toi, ou à tel. Ce n'était pas vraiment le but, mais je voulais faire en sorte que les personnes puissent se retrouver dans certains morceaux. Quand des gens qui n'ont rien à voir avec le Rap, disent avoir entendu mon son et dire que tel titre les a trop touchés... ça me fait plaisir. On peut flamber, faire les grands boss, mais la réalité nous rattrape toujours...

À propos de ton album Courte Plainte qui est sorti fin 2006, pourquoi un te
l titre ?
Comme je te l'ai dit, tout est lié à la même chose : en partant du 13-Onex jusqu'à la Jonction, il s'est passé beaucoup de choses, dont quelques-unes vraiment difficiles... C'est un espèce de combat que tu mènes avec certaines personnes pour qu'on te rende ton identité. Je ne rappe pas depuis hier ou une année, j'ai fait des trucs avec des gens avec qui je regrette avoir perdu contact. J'aurais peut-être fait plein d'autres choses avec elles, comme aller en France ou je ne sais quoi. Courte Plainte, c'est la difficulté de la vie. La première phrase est explicite à ce sujet : J'admire la grisaille du ciel depuis que j'ai quitté ma mère. C'est exactement ça : depuis le jour où je suis parti de chez ma mère, j'étais jeune, et jusqu'à aujourd'hui je ne vais pas te dire que j'ai eu besoin de personne, mais j'ai eu un gros travail à faire pour ne pas partir en couilles, essayer de garder un équilibre. C'est un peu ça Courte Plainte, ce sont ces étapes qui arrivent de nulle part et font que tu dois devenir quelqu'un. Et tu sais, je respecte tellement les gens... Je n'ai pas envie de critiquer quiconque, mais il y a des choses qui me tiennent à coeur et que je ne peux pas garder pour moi. Il arrive que des personnes me félicitent à propos de l'album alors qu'elles ne se rendent pas compte que plusieurs phrases leur sont destinées. Après, tu te dis que tu aimes les gens, mais ça ne me fait pas cautionner pour autant leurs agissements. Même parmi mes potes proches, il y en a dont je ne cautionne pas les actes.

Ton album n'était pas censé être un single au départ ?
À la base, c'était un maxi du morceau Kestudis ?, un morceau qui me tient vraiment à coeur car il est ancien, et même si je l'ai fait vers 2002, il a toujours une valeur à mes yeux. Même si j'y dis des choses de façon différente par rapport aux autres titres, les paroles tiennent toujours debout. Ce n'est pas un mensonge. Donc c'est un des titres qui m'a suivi depuis longtemps. J'avais au début trois ou quatre instrus différents pour ce titre. Y avait un titre de Pouney, un son à moi... Et Don-Is m'a sorti une prod qui était exactement dans la vibe, les mêmes accords que le premier morceau. Alors j'ai pris ce son, mais le premier venait de Pouney. Eh Pierre, tu te rappelle de quand date Kestudis ? ?
Coeur II Pierre : Oh... vieux quoi, bien de '97-'98.
J : Ouais, tu vois ? Mais c'est un son qui tourne encore à l'heure actuelle. C'est J.A.X., voilà quoi.
Coeur II Pierre : Kestudis ?, c'est un peu ton hymne national !...
J : On peut dire ça aussi (rires).

Comment as-tu rencontré Don-Is qui a produit la totalité de ton album ?

C'est une histoire qui s'est faite hyper rapidement. Don-Is, je ne le connaissais pas, c'était un ami à mon frère. Une fois j'étais avec Opee et je parlais de faire le maxi et tout, et c'est justement Opee qui me l'a présenté. Je suis allé le voir histoire d'écouter ses sons, j'ai kiffé, et j'en ai pris trois direct. Et j'ai fait les trois titres : le premier était Courte Plainte, le deuxième J.A.X., et le troisième c'était l'Interlude. À partir de là, vu que j'ai apprécié les sons et qu'il en avait plein, je me suis dit que j'allais continuer avec lui. Avec Don-Is, j'ai eu l'avantage de pouvoir bosser rapidement et avoir un travail de qualité. Je voulais un son propre, le tout avec une bonne vibe. Et je suis vraiment bien content d'avoir collaboré avec lui, autant dans l'esprit que dans le travail.

Pour les featurings sur l'album, pourquoi avoir choisi ces artistes ?
Anaëlle et Shi-Noyem bossent avec Don-Is. Shi-Noyem, je le connais depuis huit ou neuf ans. J'ai écrit le morceau quand il était là, et je lui ai dit de se lancer et tout, un truc d'anciens. Pour Anaëlle, j'avais besoin d'une voix, et j'avais une meuf mais je n'aimais pas ce qu'elle faisait. Williman, je le connais depuis très longtemps, et il est également l'un des meilleurs artistes genevois pour moi. Zrink c'est mon pote, on a toujours fait du son en parallèle depuis un moment mais on n'a jamais bossé ensemble. Je voulais vraiment ce morceau avec lui sur mon album étant donné que c'était le seul qu'on avait vraiment fait ensemble du début à la fin.

Qu'est-ce qui t'a poussé à traiter de certains thèmes en particulier ?
C'est la vie mec. En réalité, ce qui est un peu marrant (entre guillemets) avec l'album, c'est que quand j'ai écrit les titres, je les ai vraiment écrit par rapport à l'état, à l'humeur. Courte Plainte, j'ai gardé le son tellement longtemps, à l'écouter, mais sans jamais avoir écrit la moindre ligne. Et un jour, je suis tombé sur l'idée du refrain et me suis dit que ça pouvait être une bonne idée. Pour moi, c'est un peu le morceau qui résume tout l'état d'esprit.

Dirais-tu qu'il s'agit de ton morceau phare, voire même préféré ?

Ouais, je peux le dire, c'est mon morceau favori. Il a donné le départ de l'album. Peut-être que si je n'avais pas fait cette chanson dès le départ, l'album aurait certainement été différent. Ca dépendait de l'état d'esprit : il y a des jours où je me réveillais et j'écrivais car j'étais dans l'humeur de parler de telle ou telle chose. Et comme je te l'ai dit, Courte Plainte, c'est mon petit chemin, avec des choses qui me concernent de près ou de loin.


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Au niveau de ton vécu, sans vouloir être trop indiscret, on sait que tu es gouadeloupéen, antillais, et que tu as un certain respect pour des artistes de là-bas comme Admiral T. Pourtant, ton album ne sonne pas antillais. Penses-tu faire un travail dans l'avenir plus en accord avec tes origines ?

C'est bien possible, mais j'ai passé tellement d'années ici que j'ai plus de choses à dire sur mon vécu genevois que sur celui des Antilles. J'aurais pu faire un album basé dessus, mais ça aurait été limite hypocrite... Courte Plainte c'est ma vie, et ma vie je l'ai passée ici. Il y a beaucoup d'artistes que je connais qui viennent du bled et c'est clair que j'ai envie de faire des morceaux à propos du bled, mais il fallait avant tout que je me recentre sur ma vie passée ici.

Tu m'avais justement dit que Courte Plainte était un moyen pour toi de récupérer ton identité. Donc je ne sais pas à quel point ton identité antillaise est importante à tes yeux...
Tu ne te rends même pas compte à quel point. Pour le moment, ce qui fait vraiment parti de ma vie, ça s'est passé ici, mon parcours artistique. Mais comme on dit, on ne sait pas ce que le futur nous réserve. Je vais peut-être me barrer l'année prochaine au bled durant deux ans pour faire un album qui aura une couleur complétement différente que celle de Courte Plainte... Mais bon, selon mon état d'esprit, il me semble étrange de faire des morceaux sur mon bled alors que je galère depuis des années à Genève.

Il y a justement cette phrase que tu dis dans l'Intro : J'fais de la musique pour la ramener aux Antilles. Qu'est-ce que tu voulais dire par là ?
Ca veut dire que dès que j'aurais fini de faire ce que j'ai à faire ici, je vais rentrer au bled. Après, c'est personnel, mais partir d'ici et rentrer au bled avec les poches vides, ça ne m'intéresse pas. Vu que toute ma vie j'ai été dans mon délire artistique, et que les gars de chez moi savent que je fais de la musique, il ne faut pas que je revienne chez moi comme un con. C'est une question de fierté personnelle.

Courte Plainte a justement une orientation très personnelle et introspective. S'agirait-il de ta vision du Rap ?
Ma vision du Rap ? Franchement, je n'ai pas de vision précise du Rap. Le Rap peut être plusieurs choses : un style, une façon d'écrire, des choses réelles et non réelles... Le Rap a pris une telle ampleur aujourd'hui, bien qu'il reste fermé à certains égards, mais pour chaque personne le pratiquant, c'est un moyen de s'exprimer. Il y a des gens qui rappent super bien, mais il y a souvent des choses qu'ils disent qu'ils n'assument pas derrière, qui sont fausses. Tout le monde peut raconter la vie d'un autre, mais ce n'est pas ça le Rap. Pour moi, c'est avant tout très famille, et tout dépend de l'état d'esprit. Si un gars fait des conneries à longueur de temps, il va rapper des conneries, et inversément. Mais je respecte tout ce qui se fait. Parfois, je n'aime pas artistiquement ce que font certains gens, mais je les respecte parce qu'ils les font. Ma vision du Rap c'est ça.

On a vu l'autre jour Braccobrax faire tes backs sur scène. On sait aussi que tu as participé à des projets comme Tout un Monde de Pouney et Anom, Black Magic Team, Ma Vision d'Opee... Qu'est-ce que tu retiens de ces collaborations ? Partent-elles d'une affinité ou d'un intérêt artistique ?
Aucun intérêt artistique sur les gens, jamais. Il y a plein de personnes que je kiffe en tant que potes mais avec qui je ne bosserai pas forcément. D'un autre côté, il y en a d'autres que je n'apprécie peut-être pas humainement, mais avec qui je vais kiffer collaborer. Dans la musique, il y a tout le temps quelque chose qui nous associe, un point commun. Et si ce point commun est intéressant artistiquement comme tu dis, alors je me lance. Par exemple avec MySpace tu rencontres des gens de partout, leurs différentes approches du Rap, leur ouverture ou non sur le monde, ceux qui vont te parler de milliers de francs avant de bosser... Résultat ? Quiconque me touchera artistiquement, je ne vais jamais refuser de faire quelque chose avec. Le Rap je kiffe, car malgré certaines dérives et certaines choses qui se disent, ça reste un truc vachement humain.

On ne serait pas là à se parler sinon.
Par exemple.

Quels artistes sur Genève apprécies-tu ?
Que j'apprécie... la liste est longue ! Si tu veux, je te dis tous les noms (rires). En allant dans les années : Opee qui est un ami, on se connaît d'avant le Rap. Avec le temps, le D.U.O. avec qui j'ai eu de bonnes vibes, et même s'ils se sont séparés je les respecterai toujours artistiquement. Bien sûr mon pote Coeur II Pierre avec qui j'officie depuis dix ans, voire même douze. C'est vrai que je suis difficile. Sinon, la génération Enok Sainkel, Braccobrax, Wicked, Basengo... c'est dur.

Pour rester sur Genève, quelle est ta vision de la scène ?
Ma vision du Rap genevois ? Super motivé. Ce qui est dommage, ce sont les structures qui manquent ou celles avec lesquelles tu ne sais pas s'il est bon de bosser avec... Mais franchement, il y a beaucoup de bons artistes, mais tu ne sais pas pourquoi il y en a si peu qui marchent. Un type qui rappe bien sera supporté par tout son quartier. Dans un autre quartier, même si les gens aiment bien, ils n'iront jamais le dire.

Une question de fierté ?
Je ne sais pas si c'est une question de fierté, c'est juste que ton quartier te kiffera même si tu fais un truc moyen. Un public que tu ne connais pas sera plus froid, prendra plus de temps avant de rentrer dans ton truc.

Tu parlais du manque de structures, et tu es d'ailleurs le dernier artiste auto-produit à être distribué à la Fnac de Genève. Ces décisions sont regrettables pour les artistes locaux.
Écoute, je ne sais pas ce qu'ils ont décidé ou non. Je n'étais déjà pas au courant de ça pour tout te dire... Pour le moment il y a la Fnac, mais je sais aussi que d'autres distributeurs veulent de moins en moins permettre à un artiste local de mettre ses disques dans des magasins. Là on parle de la Fnac, mais il y en a plein d'autres. Donc si sur ton projet tu n'as pas un nom, ils ne voudront pas tenter le truc. Donc soit on ne veut plus de ton CD, soit on le met de côté, dans le bac des trucs sans valeur. Mais si l'artiste a fait un bon album, c'est la moindre des choses de lui permettre de le vendre. C'est un problème difficile à résoudre.


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Mis à part le Rap, qu'est-ce qui t'intéresse ? Ou c'est toujours en relation ?

En dehors du Rap ?... (À Coeur II Pierre) Tu crois que je peux lui dire (rires) ? Ce qui m'intéresse, c'est les femmes (rires) ! Nan, je plaisante. Les jeux vidéo, poker, casino...

Quoi comme jeux vidéo ?
Les jeux de rôle.

Aha, genre Final Fantasy ?

Ouais c'est clair, j'ai grandi avec Final ! Sinon, ces temps-ci je suis une chiée sur PC, je joue à Heroes, un jeu de rôle d'époque avec des japonais. C'est mon trip. America's Army, Warhammer et compagnie quoi... C'est un peu mon délire. Sinon, pas grand chose, les séries télé quoi. Dans le domaine musical, sans pour autant que ce soit du Rap, je kiffe faire du son. Même si des fois j'en fais juste pour en faire. En gros, je pourrais te dire que je rappe, que je fais du son, et que je joue sur PC (rires).

Pour l'avenir, qu'est-ce qui nous attend ? Tu as dernièrement fait des titres avec Redbioul, Chakal, ou encore avec DJ Blase, c'est quand même une bonne actu.
Pour le moment, je suis dans la vibe des collaborations. J'ai vu avec des suisses allemands et des français histoire de m'imprégner d'autres vibes, sortir de cet environnement genevois, voir ce qui se fait ailleurs. Il y a plein de personnes avec lesquelles j'ai pris contact et qui sont motivées pour bosser, mais souvent la distance et les finances... ça fait chier. Donc il y a ça, et dès que j'ai assez de sons je vais booker pour un street album.

Pour Courte Plainte, s'il y avait quelque chose à changer, est-ce que tu le ferais ?

Dans Courte Plainte ? Non, sinon il ne s'appellerait pas comme ça, il aurait un autre nom, une autre couleur, une autre vibe, il n'aurait eu que des featurings... Faire des titres, on en fait tous les jours s'il le faut. Mais je ne fonctionne pas comme ça. Pour Courte Plainte, j'étais vraiment dans l'humeur du titre de l'album... Qui sait, peut-être que demain je vais écrire un morceau qui me fera dire que c'est le titre qui va lancer le deuxième album.

Au feeling...
Ouais, vraiment au feeling. C'est clair que je pourrais beaucoup écrire comme beaucoup d'autres personnes en sortant des street albums à gauche à droite, mais non. J'attends que ça se calme, si je puis dire, avoir la tête à autre chose. Car pour le moment, je suis encore dans l'album. Il s'agit donc de faire une analyse de ma vie, de l'après album. Mais cette année, j'aimerais bien sortir un street CD qui serait dispo vers la fin de l'année.

Ton premier projet a été avorté en '99, et Courte Plainte représente les années fortes de ton parcours. N'as-tu pas peur que pour ton prochain album tu ais moins de matière en raison de la différence de vécu entre les deux sorties ?
Je ne pense pas forcément. Il est clair que les prochains titres peuvent être des thèmes repris, mais exprimés différemment selon mon évolution. Mais je te jure : dès qu'un truc te tient à coeur, tu te dois de l'écrire. C'est ça qu'il faut retenir je pense.

Si tu devais t'en aller avec une rime qui t'est chère, laquelle serait-elle ?
(Il réfléchit) Salut ! Car je ne pense pas partir. Et même si le prochain album n'est pas encore en projet, je serai toujours là. Qui sait, peut-être qu'à cinquante ans je serai encore le seul rappeur de cet âge-là (rires) ! Le dernier fou.

Tu as des remerciements à faire ?
Je tiens en premier lieu à remercier Don-Is, ce qui est normal. Malgré le fait que je l'ai connu sur le tard, que j'ai fait durant des années mille trucs avec mille gens, Don-Is c'est un gars que je respecte car j'ai pris plaisir à bosser avec lui. Dédicace à Coeur II Pierre, car bien qu'il soit là et qu'il fasse pour de semblant de ne pas être là en ce moment, et ben sache que je me serais tué tout seul bien des fois sur scène s'il n'avait pas été là. Donc c'est mon meilleur soldat, mon caporal même (rires) ! Et puis sinon... putain, je réfléchis là, mais j'ai tellement de noms en tête !...  Bah alors à toi aussi, Tuân, merci pour ton support et ta bonne vibe. Et voilà, merci à J.A.X., Treiz.05, merci à ma mère surtout, à tous les gens qui me supportent. Et merci au futur.

C'était le mot de la fin.
Et ouais, le mot de la fin (rires).


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Site Treiz.05
MySpace J.A.X.




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Par Tuân - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
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