Mercredi 28 mai 2008
3
28
/05
/Mai
/2008
12:21
-
Publié dans : HIP-HOP : DVD
Be Kind, Rewind est un petit video club situé dans un coin moisi du New Jersey, et dont la vidéothèque se compose uniquement
de vieilles VHS. M. Fletcher (Dany Glover), son propriétaire, peine à joindre les deux bouts, mais les choses se compliquent quand un avis de rénovation du quartier l’invite à plier
bagage et à se rendre dans un project. Afin que son immeuble ne soit pas détruit, M. Fletcher n’a que deux solutions : soit il renfloue son business en s’inspirant des méthodes de
son concurrent West Coast Video, soit il parvient à prouver que son immeuble fut le lieu de naissance du célèbre Jazzman Fats Waller. Mike (Mos Def), l’assistant un
rien empoté de M. Fletcher, doit surveiller la boutique durant l’absence de son patron, et doit surtout empêcher que son pote Jerry (l'excellent Jack Black) ne vienne y faire
des siennes. Mais après une opération visant à saboter une centrale électrique, Jerry devient magnétique, et sa présence chez Be Kind, Rewind suffit à effacer les bandes de toutes
les vidéos du magasin. Il ne reste plus qu’une solution aux deux amis afin de ne pas s’attirer l’ire de M. Fletcher : refaire tous les films du vidéo club avec les moyens du bord !
Parti pour être un pur film d’abruti, on exulte les premières minutes devant les gaffes à outrance de Jerry, geek vivant dans une décharge ; et la touchante naïveté de Mike, campé
par un Mos Def plutôt bon acteur. Mené tambour battant par Michel Gondry, réalisateur français surtout connu pour son travail sur Eternal Sunshine of the Spotless
Mind avec Jim Carrey, Be Kind, Rewind se libère rapidement de son sceau de débilité en abordant des problèmes sociaux d’importance aux USA.
Parmi ceux-ci, on retrouve la gentrification, processus de réhabilitation de quartiers low class où les habitants de base se voient remplacer par une population issue d’un milieu social
supérieur. Cet embourgeoisement immobilier est signifié dans le film par l’expulsion de M. Fletcher, repoussé dans un project afin de laisser place à de nouvelles habitations dont
les loyers seront bien au-delà de ses moyens. Actuellement, Harlem est l’un des exemples les plus parlants de gentrification : les bâtiments y sont rénovés petit à petit et leurs loyers
augmentent, attirant une nouvelle population -la plus souvent blanche et aisée- et repoussant ainsi la population noire américaine qui s’y trouvait vers d’autres quartiers. Au jour d’aujourd’hui,
les rues de Harlem sont bien plus sûres qu’autrefois (Bill Clinton y a même fait installer ses bureaux), et bien que certains new yorkais craignent d’aller au-delà de la 125th, le
croisement entre la 145th et Lenox Avenue autrefois réputé dangereux n’a désormais plus rien d’affolant.
Cela dit, bien que la gentrification appelle au développement socio-économique et éducatif de zones résidentielles, les bénéficiaires en sont bien évidemment les citoyens disposant d’un certain
niveau de vie. Cet embourgeoisement est comparable à de la ségrégation : elle profite aux plus fortunés au détriment des personnes sans le sou, à l’image du très touchant M. Fletcher qui
se voit obligé de se rendre dans un project où le niveau de vie sera bien plus bas et le taux de criminalité plus élevé.

Abordant la problématique de la gentrification avec humour et bons sentiments (parfois peut-être trop diront certains), Michel Gondry poursuit l’effort qu’il avait déjà fourni en réalisant
le Bloc Party de Dave Chappelle : mettre en image la dimension humaine d’une communauté toute entière, dans toute sa naïveté et ses bons sentiments, sans distinction de
classes ou de couleurs. Après tout, il se pourrait bien que la solidarité et la simplicité de Be Kind, Rewind soient les véritables maîtres mots de la mixité sociale. À vous de
juger.
_TN
And fuck flossin, mothers are trying to feed children
But gentrification is kicking them out of their building
A generation of babies born without health care
Families homeless, thrown the fuck off of the welfare
_Immortal Technique – Harlem Streets
Par Tuân
3
Lundi 26 mai 2008
1
26
/05
/Mai
/2008
18:55
-
Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
Tu traînes où ??
On ne le répétera jamais assez : l’identité du Terrorime Mouvement est bien particulière, dans la lignée de la mentalité ricaine, et ce aussi bien musicalement que dans les divers
business moves orchestrés par les membres du collectif ; jugez par vous-même : This Is Africa, 28 Records Store... Après avoir mis à mal nos nuques avec un Met$ Ta Maille
Où Est Ta Bouche résolument street, le Terrorime remet ça en montrant qu’il n’y a pas que le fait de traîner dehors et l’argent dans la vie : il y aussi… les miss ! Alors qu’on
aurait pu s’attendre à une succession de morceaux n’ayant que peu de rapport avec les cours de galanterie de Marie de Champagne et le romantisme littéraire d’un Herder, il se trouve que les
sept lascars, sans pour autant balancer des lignes aussi bateau qu’un Titanic prenant l’eau, réussissent avec brio le dur exercice de parler de la gent féminine sans perdre une once de
crédibilité artistique. Bien évidemment, les mauvaises langues ne pourront pas s’empêcher de déverser leur fiel en critiquant sans vergogne les petites effluves fleur bleue s’échappant de ce
Terrorime Te Cherche, mais depuis LL Cool J et son I Need Love, rares sont les rappeurs à pouvoir négocier un tel virage sans pour autant se crasher. Et toujours en
fonction de cette mentalité américaine, le crossover ne pose aucun souci d’intégrité au Terrorime, et c’est franchement tant mieux. Une fois encore, chaque membre a sa place : DJ
Gimamen aux platines et parfois au chant sous le pseudo de Mamengi (non, nous ne sommes pas dupes) ; M.O. au rap, et surprenant dans le registre du chant ; Draks et
Nyd’ malheureusement un peu trop discrets ; Black G bien plus à l’aise dans le registre hardcore ; T toujours aussi nonchalant ; M.A.M. alias monsieur refrains
catchy qui a toujours autant l’art et la manière de nous faire tomber de notre chaise quand on s’y attend le moins (On rigolera dans les airs de ton ex). En matière de productions, que
de variété : les mélodies sont de mises et révèlent une richesse musicale dont on ignorait tout depuis la Guap. M.A.M. supporte la grande majorité des instrus, et les tueries
s’enchaînent sans temps d’arrêt : Tu Traînes, Le Droit Chemin (Hoes & des Hoes), Jusqu’au Bout (par Draks)… C’est simple, le CD est rempli à ras
bord de singles potentiels ! Et à part l’énervant refrain de Leo sur Sous Ton Emprise et la reprise facile du Shorty (Got Her Eyes On Me) de Donell Jones sur
3h15, Terrorime te Cherche est une franche réussite, capitonnée de morceaux frais, tubesques, et surtout commis sans le moindre complexe. Désolé pour la concurrence,
mais en matière de swagger pur et dur, le Terrorime est loin devant. Très loin devant.
_TN
MySpace Terrorime Mouvement
Par Tuân
0
Lundi 26 mai 2008
1
26
/05
/Mai
/2008
09:15
-
Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
"I Like It, You Like It..."
Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, DJ Gimamen
c’est un peu le Whoo Kid de nos bois (en plus technique) : toujours à l’affût, DJ de bon goût (bah si vous n’aimez pas les sons ricains, vous voulez que je vous dise quoi…), et surtout à
l’origine de mixtapes fort plaisantes dont la Streets On Lock et la Nev’Juice Radio. Afin de relancer la mécanique, The General –comme il se plaît à
s’appeler- propose une petite sélection des derniers titres R’n’B ricains qui vont bien en ce moment sur This Is What You Like. Alors vu que votre serviteur est sensible à bien
des choses en matière de mixtapes (ça y en a être mon domaine de prédilection), quelle joie de constater que la tracklist est bien en accord avec son temps : l’électronique Missin’ You
du bellâtre de service Trey Songz (no homo) en guise d’ouverture (son Trey Day est d’ailleurs un must have, tenez-le pour dit), suivi de l’alliance entre DJ Envy et Red Café pour un
Things You Do boosté par les jolies Nina Sky… Y a bon vous dis-je. Et même si le titre What I Need n’est plus trop dans l’air du temps, on ne peut pas nier la grosse
actualité de Ray-J (demandez à T-Pain !). Allusion phallique à part, parmi toute cette sélection de morceaux, mention spéciale au No Other du quidam Jared Jones -qui gagnerait vraiment à
être connu- avec le track No Other produit par le genevois Draks de Terrorime Mouvement. Bref, This Is What You Like ça bouge bien, ça fait plaisir, et ça
s’apprécie surtout mieux à deux que seul.
_TN
MySpace DJ Gimamen
Par Tuân
1
Vendredi 8 février 2008
5
08
/02
/Fév
/2008
19:20
-
Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
Par Tuân
0
Jeudi 7 février 2008
4
07
/02
/Fév
/2008
19:30
-
Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
Nous sommes en l'an 2007 après un certain J-C, tout le paysage Hip-hop est occupé par le Down South. Tout ? Non ! Le Studio 34, refuge d'un irréductible beatmaker amoureux de musique, résiste
encore et toujours à l'envahisseur : Chromatiks. Dans cet effort, le producteur genevois balance sa compilation Eponyme dans les bacs, véritable hymne aux sons acoustiques et à la West
Coast. Entretien avec l'intéressé.
Textes et photos : Tuân
Tuân : Victor Ramirez pour les impôts et Chromatiks pour la musique...
Chromatiks : Enfoiré (rires) !
T : Comment t'es tombé dans la musique en tant que Chromatiks ?
C : Oula, alors je vais déjà commencer par te parler d'où vient le nom, c'est un peu compliqué (rires). À un moment de ma vie, je n'avais
aucune idée de ce qu'était une chromatique. Un ami bassiste, David Rochat, qui est d'ailleurs sur l'intro de ma compile, me faisait écouter des lignes de basse quand j'allais chez lui faire de la
musique. Il faisait des espèces de descentes que je kiffais trop, et je lui disais tout le temps "ah vas-y, il faut continuer dans ce délire là!". Et je lui ai demandé comment cet effet
s'appelait : il s'agissait de descentes chromatiques, des montées ou des descentes par demi tons. J'aimais trop cette musicalité propre à la basse.
Et c'était en quelle année juste ?
Ca fait à peu près entre quatre et cinq ans. J'ai eu d'autres noms avant, je me cherchais encore (rires). C'est à ce moment que j'ai trouvé mon nom définitif,
pour la production en tout cas.
Tu m'avais dit que tu avais joué dans un groupe par le passé. C'était plutôt quoi comme style ?
J'ai commencé la musique par le djembe en fait. Je prenais des cours de djembe à la maison de quartier, la Villa Tacchini, très bons cours d'ailleurs. Puis je
me suis mis à faire du son avec des potes, tranquillement. Mais il y avait aussi une salle dédiée à la zique dans cette même maison de quartier, et il y avait une batterie. De là, le glissement
naturel entre deux instruments de percussion s'est fait. Pour la batterie on m'a montré deux-trois trucs au départ, mais c'est un instrument avec lequel tu peux gérer seul assez facilement. Les
rudiments, je les ai donc appris tout seul au départ, toujours à la maison de quartier. Et il y avait plusieurs groupes qui tournaient autour de la Villa Tacchini, et l'un d'entre eux cherchait
un batteur. C'était un groupe de Fusion. Après quelques tests en leur compagnie, ça leur a bien plu, ce qui a fait que j'ai tourné durant environ une année avec eux. On faisait des concerts à
gauche à droite, mais rien de spécial.
Donc Fusion, mais le Hip-Hop alors ?
Le Hip-Hop, c'est quelque chose qui m'a toujours parlé, depuis tout petit. Mais à ce moment là, il n'y avait personne autour de moi pour faire cette musique.
Chaque fois que je pouvais faire de la musique, c'était soit de la Fusion, soit du Rock de manière générale.
Un pur trasheur quoi !
Mon adolescence a été marquée par la Nirvana mania, quand tout le monde était grunge, c'est vrai (rires) ! Il y avait toujours un peu de Rap, même avec mon groupe de Fusion vu qu'on rejouait des
titres de Rage Against The Machine par exemple. Mais le vrai passage au Rap, ça part du moment où j'ai eu un local... qui s'est fait cambrioler ! Je m'en suis fait virer vu que c'était un local
autogéré, je n'avais plus rien et plus d'endroit pour faire de la musique. Un cousin qui vit en Suède m'a alors donné des programmes musicaux comme Acid, Fruity Loop, Cubase... À ce moment,
l'ordinateur était vraiment un tout autre monde pour moi. J'étais vraiment dans la perspective que la musique se faisait uniquement par instruments. Petit à petit, je me suis mis sur ces
programmes sans pour autant crocher. Le problème était que je comprenais que dalle, comme tout le monde au début (rires) ! Mais à force de s'y mettre, de travailler dessus, j'ai pu sortir
quelques trucs intéressants... Et c'est là que j'ai chopé la scoumoune (rires) ! C'était comme une drogue : je me suis rendu compte que je pouvais enfin faire cette musique qui me plaisait depuis
tant d'années.
C'est amusant que tu me dises que tu as commencé la musique en jouant avec de vrais instruments. Tu m'avais dit une fois que tu voulais faire en sorte
que tes beats sonnent de plus en plus organiques et acoustiques.
J'adore tout ce qui est musical, le grain naturel des instruments.
Je ne suis pas fan des sons sortant des synthés, car c'est extrêmement froid. Tu peux toujours travailler le son pour qu'il soit plus chaud, mais on est toujours loin du doigté
d'un guitariste, du sentiment derrière. Je pense que ce qui est intéressant dans le fait de jouer avec des synthés, c'est de faire venir un vrai bassiste, un vrai guitariste. Ca donne plus de
volume. Donc dans la mesure du possible, j'essaye d'insérer tout ces éléments dans mon travail. À l'avenir, j'aimerais bien faire en sorte qu'il n'y ait plus de sonorités synthétiques, comme
jouer avec un groupe. Mais c'est encore une perspective lointaine.
Cette attirance pour les sons chauds comme tu dis, tu penses qu'elle a un rapport avec ton amour pour la musique issue de la scène West Coast ?
Il y a aussi des sons
de New York que je considère comme chauds, mais dans mon cas je fais allusion au grain en fait. Il est vrai que la West Coast a une identité musicale extrêmement groovy, funk, qui est en
accord avec leur environnement, et vu que je suis un gars qui adore tout ça, j'ai un coup de coeur pour la musique californienne. Je suis aussi un accro des basses qui sont souvent plus évoluées,
prennent plus de place dans le Rap West Coast. Ca ne veut pas dire que c'est l'opposé dans le son new yorkais par exemple, mais c'est un constat général.
2007 a été une année particulière pour toi vu que tu t'es marié il y a quelques mois et que ton enfant et ta compilation Eponyme sont nés. À propos de cette dernière, comment
t'es-tu mis dans l'optique de sortir un projet composé de tes productions ?
La compilation a été le fruit de deux années de travail ;
je l'ai commencée début 2006 et nous sommes maintenant fin 2007. Au départ, j'étais extrêmement sûr de moi, en pensant que je pouvais boucler le tout en l'espace d'une année et demie maximum.
Mais ça a été une grosse claque dans la gueule, car avec une démarche comme celle-ci, il y a tout le temps des paramètres que tu ne maîtrises pas, et auxquels tu te retrouves rapidement
confronté. La composition musicale a été très rapide pour moi, vu que j'avais de l'inspiration j'ai pu faire une belle palette d'instrus dans des délais assez courts. Ce qui était difficile,
c'était prendre rendez-vous avec les gens, les plans foireux, les soucis au niveau des agendas... Cette partie avec les gens a pu être faite en environ six mois pour ceux se situant alentours, ou
encore une année pour les collaborations internationales, ce que j'estime plutôt bon. Ensuite, j'ai fait le mixage en un peu moins de cinq mois, tranquillement. Après, il y a toute la partie
financière et business à prendre en compte : mastering, promo... Donc rassembler l'argent, c'est quelque chose qui m'a pris du temps, surtout que j'ai ma famille à côté. Le mastering a été fait à
Zurich, à Echo Chamber avec Dan Suter, un type vraiment sympa avec qui je communiquais en anglais primitif (rires). Hormis l'aspect création, c'est vraiment tout ce qui est financier qui m'a
freiné en fait : il faut trouver de l'argent pour presser le CD, la fourre... Tout ça c'est pour la musique, deux années d'attente, d'incertitude. Après, pour ce qui est de la famille, le fait de
me marier et d'avoir un enfant suivait l'ordre des choses, c'était quelque chose de voulu. Par contre, ce qui n'était pas voulu, c'était que tout arrive en même temps. Autant 2006 était horrible
pour moi, autant 2007 est une belle année : le mariage, l'enfant et l'album.
Heureuse coïncidence.
Heureuse coïncidence, comme tu dis, vraiment de très bons moments. Pour moi c'est une consécration aussi bien au niveau musical que personnel.
Comment fonctionnes-tu pour créer un beat ? Est-ce que tu penses à un artiste en particulier au moment de la phase créative ?
Pour Eponyme, j'ai tout d'abord fait une pétée de sons très West Coast. Je me suis dit par la suite que je devais aérer le tout, apporter une autre couleur. Vu qu'il y avait pas mal
d'artistes avec lesquels je voulais bosser, je me suis rapidement rendu compte que ça n'allait pas coller à leur identité musicale, donc je me suis adapté quand il le fallait en fonction des
invités. En partant d'une palette d'instrus, j'en choisissais plusieurs pour un artiste qui serait le plus à même de faire un morceau lui correspondant. Bien évidemment, il est arrivé que je me
trompe, qu'aucun son ne plaise à un rappeur, et que je doive renvoyer une nouvelle palette. Après il y a bien deux ou trois artistes qui se sont greffés un peu par hasard, et là j'ai vraiment
composé avec eux : on se rencontrait, on se mettait d'accord pour faire un morceau, je composais l'instru et le mec écrivait.
Plus que des rencontres, est-ce que tu avais des artistes en particulier avec qui tu avais envie de bosser ?
Ce que je n'ai pas encore dit justement, c'est que j'ai bossé avec un mec du nom de Shahrouz, un vrai mélomane. C'est un ami de Formel, avec qui je partage le studio. Shahrouz est quelqu'un qui
m'a énormément aidé pour tout ce qui est contacts, démarches. J'étais prêt musicalement à faire la compile, mais pas administrativement. Alors je lui ai proposé de m'aider, il a accepté, et m'a
montré sa manière de faire. Car c'est un gars très cartésien, organisé, quelque chose que je ne suis pas et dont j'avais besoin (rires). Lors de notre rencontre dans le cadre d'Eponyme,
il m'a dit d'écrire sur une feuille tous les artistes que je voulais sur la compile, même les types impossibles à choper. Ca m'a rapidement fait énormément de monde, aussi bien de Suisse, que des
États-Unis. Par la suite, Shahrouz a écrit à tout le monde, même à ceux à qui j'aurais dû payer 40'000 balles le featuring. En fonction des réponses et aussi des non-réponses, on a tout de suite
été fixé. Car il faut savoir que le but était aussi que les artistes posent sans demander d'argent. Donc pour terminer dessus, Shahrouz a été d'une aide précieuse pour le projet.
Est-ce que tu as un artiste coup de coeur sur Eponyme ?
Plusieurs même. Il y a tout d'abord A-Lee, qui est un artiste montant en Norvège. Il y a Shaka aussi, ce n'est
pas un hasard que son morceau soit le second titre de l'album. Shaka déchire, il a déchiré le beat... Le morceau avec Six & Flave, c'est aussi un vrai kiff, vraiment West Coast avec l'apport
musical de mon ami David Da Pozzo. Il y a aussi un artiste inconnu du nom de Bamn, un ami de l'ECG de Formel, qui est venu un jour au studio. Il m'a fait une petite démonstration que j'ai kiffée
et a posé un texte sur l'album qui est très personnel, à propos d'un ami qui est mort. J'aime bien ce morceau par exemple car je pense avoir réussi à créer une atmosphère juste. Il y a aussi
LynSun sur Goodbye, j'adore, j'adhère, tout ce que tu veux (rires) ! Ce qu'elle fait musicalement tue. D'ailleurs, un single de cette chanson est sorti : le morceau, l'instru, et le
track My Time que j'ai aussi produit. On a pas mal fait de tracks ensemble, on verra ce qui en découlera.
Comment est-ce que tu crées un morceau ? Tu te poses devant tes machines, tu les tripatouilles à tâtons, ou tu prends des éléments sonores qui te viennent quand tu te promènes
?
Alors c'est un peu tout en même temps. Ca peut être dans le studio, dans ma voiture, dans la bus, sous ma douche (rires) !...Quand j'entends une ligne de basse, il faut absolument que
j'aille la poser sinon elle part de ma tête dans la minute qui vient. J'essaye de retranscrire le tout au studio du mieux que je peux. Je n'ai pas de manière précise pour travailler, c'est très
varié.
Sur le CD, on a pu voir l'influence que la West Coast avait sur toi. Pourtant, j'ai pu te voir bosser l'autre jour avec Bigg Fish sur un morceau de Pascal Obispo, c'est-à-dire le sampling
d'un morceau de variété française. Tu n'es pas très sampling pourtant.
Pascal Obispo, pourquoi pas ? Je pense qu'il n'y a pas de limites. Pourquoi est-ce que je devrais me limiter à la West Coast ? Il n'y a pas que les samples de Soul, il faut pouvoir taper dans
n'importe quoi. Si Obispo m'offre un sample exploitable, je suis preneur ! Brigitte Fontaine, les Schtroumpfs, qui tu veux, n'importe quoi (rires) !
Qu'est-on en droit d'attendre de Chromatiks Production et du Studio 34 ?
Je ne te cache pas que le but final serait d'aboutir à un label, mais je ne suis pas encore prêt. Chromatiks Production ne concerne que moi en tant que beatmaker. Studio 34 regroupe deux
beatmakers, Formel et moi, au sein d'un studio d'enregistrement Rap et R'n'B. Il est déjà arrivé que d'autres types d'artistes soient venus enregistrer. On a aussi un petit réseau qui gravite
autour de nous : si les gens ont besoin d'un studio, d'un beat, d'un guitariste, on peut les mettre à disposition via notre mini structure.
Là tu fais mention au Rap et au R'n'B comme fer de lance de Chromatiks Production. Pourtant, tu m'avais dit que tu comptais taper dans d'autres styles pour ton prochain
projet.
Tu dis vrai, pour Eponyme, j'ai amené un thème musical typé West Coast. Pour la suite, j'aimerais taper dans un autre style musical. Tout ce qui est musique new yorkaise, je kiffe à
fond. Là j'ai une idée pour la suite, et pour te donner un petit secret, ça sera peut-être une compile n'alliant que des thèmes dans le style new yorkais. Donc pas d'ego trips. J'hésite à faire
un album Chill Out, Lounge, vraiment dans un tout autre registre. Un peu à la manière des Buddha Bar et des Café Del Mar. Il faudra rassembler de nombreux musiciens là. Mais pour le moment, ce
n'est pas encore défini.
Là on parle de projets estampillés Chromatiks, mais concernant ton travail pour d'autres comme Basengo, Shaka, comment ça se passe ?
Ces artistes viennent me voir, on se met d'accord sur un prix. J'essaye de m'adapter au maximum, de découvrir quelles sont les influences du rappeur ou du chanteur. En principe, on arrive à
trouver des compromis artistiques et financiers.
Sur l'album 2 de Nega, on retrouve un deal musical assez particulier d'ailleurs.
En fait, je ne connaissais pas Nega à la base. Shahrouz et moi l'avons contacté et il est venu au studio. Il a apparemment bien aimé mon univers, on a fait connaissance. Il m'a proposé de poser
pour moi et que je lui fasse un son en échange pour son album. Il a choisi le morceau qu'il a un peu modifié pour lui apporter son grain, car Nega est aussi un très bon beatmaker.
Testament était né pour 2, j'étais vraiment heureux car Nega est un artiste qui a un background artistique important avec Double Pact.
C'est quoi ton matériel pour bosser ?
Je ne suis pas du tout MPC, j'en ai eu une durant quelques mois. Il y a juste le son avec V.I.R.U.S. sur la compile qui a été fait avec. J'aime bien le grain de la MPC -toutes les légendes de la
prod bossent encore avec, dont Dr.Dre que j'apprécie énormément-, mais je préfère le synthé : j'ai un Roland Fantom. Avant ça j'avais un Triton. Sinon, j'utilise Reazon, qui est un programme
réellement dédié à la composition, qui se suffit à lui-même, contrairement à Cubase où il faut construire sa banque de sons. J'ai hâte de voir la version 4 d'ailleurs. Il y a aussi le programme
Recycle afin de segmenter et boucler des samples qui est bien pratique.
Niveau prods sur Genève et sur Suisse, y a quoi que tu kiffes ?
Nega, même si j'ai découvert cette facette de lui assez récemment, c'est un très très bon beatmaker. Yvan de Double Pact me faisait kiffer à l'époque, comme avec le titre pour Fabe Comme un
Rat dans l'Coin. Maintenant, ça me parle moins... Autrement, il y a un album de Boo Ya Tribe, West Koasta Nostra, sur lequel un beatmaker du nom de Battlecat produit des sons de
malade. Pour moi, il est encore meilleur de Dr.Dre. Sinon, les beatmakers mexicains du label Low Profile de Los Angeles qui font des sons West Coast de ouf.
L'autre soir quand on était posé au kebab, on a eu une discussion intéressante sur l'explosion du Down South et ses dérivés comme la Snap, le Crunk, la Trap. Toi qui aimes autant les
sonorités acoustiques, que penses-tu que cette dérive synthétique du Rap va donner sur le long terme ?
Tu me poses une question à laquelle je ne peux malheureusement pas te répondre. J'espère simplement que la Snap ne durera pas longtemps, parce que c'est tout simplement la mort de la musique.
Mais c'est une tendance qui se fait. Je regarde la petite soeur de ma femme qui a treize ans, et qui connaît toutes les chorégraphies qui vont avec, c'est rude (rires). Je ne veux pas critiquer
car ça reste un enfant du Rap, c'est un découlement naturel qu'on ne peut nier, il est là. J'espère simplement que le Rap ne sera pas représenté majoritairement par ce genre. Un rappeur genevois
du nom de Karim Malikk est à fond de Dirty South, et il m'a fait découvrir des artistes qui en valaient vraiment la peine. Comme quoi il ne faut jamais vendre la peau de l'ours...
Un petit mot pour la fin, Victor ?
Oui, bien sûr. Allez écouter Eponyme, car franchement mon but n'est pas que vous l'achetiez forcément, mais que vous l'écoutiez. À partir de ce moment là, j'ai gagné, et c'est d'autant plus cool
si vous l'achetez par la suite (rires). Si jamais, la compilation est disponible chez City Disc au prix de quinze francs, ou encore dix francs au 28 Records Store de DJ Gimamen, sous la gare
Cornavin. Il y a juste 500 pièces qui ont été faites, c'est pour le buzz avant tout. Et attendez à entendre parler de Chromatiks avec d'autres projets : préparez vos oreilles.
Ok, parfait...
Victor Ramirez pour les impôts... Enfoiré (rires) !
Par Tuân
0
Jeudi 7 février 2008
4
07
/02
/Fév
/2008
19:00
-
Publié dans : HIP-HOP : C'est arrivé près de chez nous
Quelques semaines après la sortie de sa compilation Eponyme, Chromatiks a la sympathie de nous livrer quelques anecdotes sur son bébé. Morceaux choisis.
"Intro"
Je ne sais pas si les gens ont compris l'Intro, mais j'ai demandé à un ami bassiste du nom de David Rochat de jouer quelque chose de funky et simple au départ, et de le rendre dingue par
la suite. Vient ensuite un gros beat sonnant Electro et West Coast, un peu pour montrer une évolution musicale.
"De quoi Je Parle ?" f/ Shaka
Il s'agit à la base d'un beat fait au Triton qui date bien d'il y a quatre ans. Il était très épuré, juste une ligne de basse, une batterie, et une guitare-synthé. J'ai rencontré Shaka via
Privilège Records de Ankh avec Pouney. J'avais produit Mon Pote sur son street CD Étranger Chez Moi, donc il me semblait normal de l'inviter sur ma compile. Shaka m'a fait une
tuerie... Au départ je trouvais que les paroles se répétaient trop, mais en fin de compte c'est peut-être le morceau que les gens préfèrent. Ce que j'aime bien dans ce morceau, c'est que ça passe
d'un délire un peu léger à un discours plus sérieux et politique. Shaka a réussi à dégrader un thème en parlant de tout.
"De La Calle" f/ JCB, Mesty & Spiral
Je ne connaissais pas JCB et Mesty à la base, je les avais vu donner un concert Reggaeton une fois, et Spiral me les a présenté. Vu qu'il n'y
avait pas de place pour le Reggaeton sur ma compile, je leur ai demandé de rapper avec Spiral. De La Calle, ça veut dire de la rue, tout simplement.
"Live The Way You Want" f/ Six &
Flave
Pour moi, c'est le morceau West Coast par excellence de l'album. La rencontre avec Six & Flave a été faite au Studio Feelin' avec Shahrouz. Six est
chilien, et on s'est tout de suite capté, et il est venu avec Flave au Studio 34 pour poser le tout. J'adore le refrain de Six.
"Parle-Moi" f/ MrO & Clé de Soul
MrO est une
personne avec qui j'ai vraiment compris des tonnes de choses en matière de musique. Parle-Moi est en fait un morceau issu de l'album de MrO qui ne sortira jamais. C'est un ami de longue
date, des années drogues même ! Clé de Soul est une chanteuse habitant vers Avully ou Bernex. J'avais envie de mettre ce morceau en tant que clin d'oeil à MrO qui a arrêté le Rap : je voulais lui
faire comprendre que j'avais toujours une pensée pour lui.
"En Survie" f/ Bakry
C'est Ankh de Privilège qui m'a donné le contact de Bakry, un jeune français d'origines tunisiennes ou marocaines. Il a eu un album dispo dans les Fnac il y a un temps : Le Pacte. C'est
un morceau dans la pure tendance du Rap français, très hardcore.
"Les Bras Hauts, La Tête Basse" f/ Inkonito
Inkonito, ce sont des gars de Plainpalais : Le Vicelard, MenakheM, J-Sem et DJ Media. Un bon délire Electro-West Coast. J'avoue que ce n'est pas mon morceau préféré, mais ça le fait bien.
"Influences" f/ Atila & DJ Dan
Alors Atila, c'est un mec du quartier et qui faisait parti de la Riposte, groupe dans lequel il y avait Paco, Illegal Atila et Basengo. À la base, je voulais que pas mal de gars de chez moi (NDT
: Onex) posent sur mon CD. Atila a un grain de voix particulier qui colle bien avec l'instru mélancolique et sombre. DJ Dan est aussi un ami de longue date, il était déjà en train de faire du
DJing à la maison de quartier quand j'étais bien plus jeune.
"Et Tu Craques !!" f/ Nega, Contact & Idyl
Nega avait posé comme condition de faire ce titre s'il pouvait venir avec Contact, ce qui ne m'a posé aucun problème vu qu'il s'agissait d'univers en plus. Ca a été difficile de tout mettre en
place dans la mesure où ce sont des artistes qui sont occupés. C'est un son très club, commercial si on peut dire.
"Bienvenue dans le Ghetto" f/ Poison
Poison, c'est ce fameux parisien qui répète à longueur de temps son violent comme une bite en érection. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Poison est un type vraiment sympa. Le
son Bienvenue dans le Ghetto lui colle parfaitement à la peau. Ce mec est une machine, il est venu poser au studio le titre hyper rapidement : le premier couplet en une prise, et le
second en deux prises. On voit que c'est vraiment un habitué des studios. J'ai rencontré Poison par le biais d'Ankh et de Pouney, alors que j'étais au studio de Pouney. Il y avait là-bas Patrick
de Ménage À Trois, Poison, et des potes à eux de Paris. Ils cherchaient un chanteur sur un morceau, je leur ai chantonné un petit truc qui leur a plu et ai fait le refrain. La fois d'après, je
suis retombé sur Poison et lui ai dit "voilà Poison, j'ai posé pour toi, à toi de poser pour moi". Ok, pas de problème pour lui, il est venu et c'était dans la boîte. Comme Poison
n'avait pas beaucoup de temps, il a posé deux couplets ; j'ai par la suite demandé à DJ Madfunk de donner un peu de sa présence sur Bienvenue dans le Ghetto.
"I Ain't" f/ A-Lee
J'adore le flow d'A-Lee, dans la vibe Eminem et Talib Kweli. Les personnes ne comprenant pas l'anglais vont peut-être voir dans ce titre une suite d'insultes, mais A-Lee raconte l'histoire d'un
mec qui perd son boulot, pète une case et bute son boss ! C'est un de mes beats préférés, et A-Lee a apporté une musicalité impressionnante. Je pense que c'est l'un des meilleurs titres de la
compile. A-Lee m'a d'ailleurs pris du son pour son album à venir.
"Remets Ca" f/ V.I.R.U.S.
V.I.R.U.S. est le petit chanceux de la compile vu qu'un guitariste et un saxophoniste accompagnent son Rap. J'apprécie beaucoup l'ambiance musicale, très funky. Pour une fois, V.I.R.U.S. s'est
lancé dans l'ego trip, exercice auquel il n'est pas habitué. Si vous avez déjà écouté ses autres morceaux, vous vous rendrez vite compte que c'est complètement différent, mais là il s'est bien
prêté au jeu. Certaines personnes n'aiment pas son style de Rap, moi j'aime bien.
"Dimanche" f/ Intérimeurs
Intérimeurs, c'est comme toujours, on aime ou on n'aime pas. Mais pour leur âge, putain, ils sont très professionnels, on ne peut pas leur enlever ça. J'aime bien leur dynamique de groupe : le
meneur, le manager... Et ça fonctionne bien, ils ont tout compris ces gars. Ce qui est surtout bien, c'est qu'ils sont jeunes. J'ai un petit coup de coeur pour Ego, car il a pris le beat comme je
le voulais en rappant vite, en captant la vibe.
"Je t'Emmène dans mon Monde" f/ Neg+Ultra
J'ai connu ces gars-là durant un festival au Jardin Anglais, j'y avais participé à l'époque avec Spiral, et j'ai adoré ce qu'ils faisaient. Neg+Ultra, ce sont des parisiens installés en Suisse.
Perso, je kiffe bien leur flow, c'est un de mes morceaux coup de coeur.
"Mon Rap" f/ Basengo & Braccobrax
Obligé que Basengo soit sur le CD, car c'est un gars du quartier. On a fait le beat ensemble, c'est-à-dire que Baseng' approuvait ou non ce que j'apportais au son. Ensuite, je lui ai dit que je
n'avais pas pensé à Braccobrax, qui est un rappeur que j'adore. Basengo a l'habitude de bosser avec lui, et il l'a invité sur Mon Rap. Basengo rappe de façon très posée, et Bracco
apporte une touche plus agressive et énergique.
"Nur ein Tag" f/ Gimma
Au départ je ne supportais pas le Rap suisse allemand, mais on peut dire que j'ai passé ce stade aujourd'hui, sans pour autant n'écouter que ça. Le gros souci, c'est que je ne comprends rien à ce
qu'ils disent ! Gimma, on l'a eu grâce à Shahrouz, qui est un artiste qui marche très bien en Suisse alémanique. On a tout d'abord communiqué par e-mail assez facilement vu que Gimma parle pas
mal de langues différentes, et je lui ai envoyé une palette de sons. Ensuite, je n'ai peu eu de nouvelles durant un bon moment en pensant que c'était grillé. Un jour, je reçois un mot de lui qui
me dit qu'il arrivait dimanche à Genève pour faire le morceau. Lundi il était là, on est monté au studio, il a posé, je l'ai ramené à la gare, et il est reparti. Vraiment un type très sympa et
très carré. Pour les non germanophones, Gimma parle du fait qu'il aimerait profiter d'une journée pour essayer d'être autre chose.
"Genève Music" f/ Enok Sainkel
Enok, c'est un gars que je connaissais vite fait. Je m'excuse auprès de lui pour avoir tronqué le titre de notre morceau : il voulait Genève Musik (avec un "k") et on s'est un peu
disputé là-dessus... Mais ça s'est super bien passé, c'est vraiment un type cool, avec un bon univers musical. En retour, il m'a proposé de lui produire deux titres pour son album qui devrait
sortir incessamment sous peu. Le son est très West Coast, très G. J'ai chanté dessus, chantonné pardon, avec ma petite voix cristalline. Et DJ Madfunk vient hoster le final.
"Laisse Faire" f/ G.G. & Idyl
G.G., c'est la première famille, c'est le frère de ma femme. Ce morceau a été fait il y a quatre ans avec lui, et j'avais fait le refrain. Comme l'instru était bien musical et me plaisait bien,
j'ai demandé à G.G. de reposer dessus mais avec d'autres paroles. Et avec Idyl au refrain, ça apportait une musicalité encore plus énorme. G.G. a accepté de rapper à nouveau, mais il faut savoir
qu'il chante désormais.
"Los Angeles Lloran" f/ Bamn
Un son très mélancolique avec un texte triste, et vrai. J'ai voulu faire un instru avec pas mal d'ambiance sur une base Electro. Bamn est d'origines mexicaines, il rappe très bien en
espagnol.
"On a ça dans la Chromatine" f/ Redbioul
C'est la dernière chanson qui a été faite, je ne pensais pas que Redbioul allait être sur le CD en fait car je ne le connaissais pas. Des Homiz Capables font aussi parti de ces groupes très bien
structurés, et même s'ils sont séparés ils taffent toujours ensemble. Un jour, j'ai eu l'occasion de bien faire connaissance avec Bioul et j'ai adoré sa vision des choses, de la musique. Il a une
très belle manière d'être, un amour très communicatif. Et pour moi, c'est un tueur, j'adore ce qu'il fait. Le beat se marie bien avec son univers, assez hardcore. Je souligne au passage que
Redbioul est aussi un excellent beatmaker. J'en profite pour faire de la pub au passage pour la compilation Asphalt Themes qu'il a produite avec Quartz : c'est une tuerie. Redbioul,
c'est un gars vrai.
"Fiesta Mundial" f/ Sursidesilvaz & Playaman, Flendo, Cap N1ne & Teknikkz & Don-Is
Le plus gros featuring du CD ! Don-Is est un très bon beatmaker, le pro du talk box de Genève, de Suisse même. Un album qu'il a dédié à ça va sortir, et ça va
être du lourd. Sursidesilvaz & Playaman sont des chiliens que j'ai rencontré via MySpace par le biais de Flendo, un espagnol de Strasbourg : ils sont tous très West Coast pour mon plus grand
plaisir ! Et en plus, après avoir posé des trucs de malade sur mon beat, ils m'ont dit qu'ils connaissaient deux gars de Toronto, Cap N1ne & Teknikkz qui avaient trop kiffé le morceau et qui
voulaient trop poser dessus. Je leur ai jamais parlé, ils m'ont posé un truc de tueurs, ils m'ont fait trop plaisir ! Tout ça, c'est grâce à MySpace. Et pour finir, Don-Is est venu rajouter son
talk box sur le refrain.
"Goodbye" f/ LynSun
Si Goodbye est à la fin, ce n'est pas pour que le titre fasse guise d'outro, mais tout simplement parce que c'était un bon prétexte de clore la compile. LynSun est une chanteuse que je
connais depuis pas mal de temps, elle a une voix très Soul, très cassée. J'ai même décidé de mettre une partie du budget d'Eponyme dans ce morceau avec un clip, vu que ça peut également être
positif pour elle. C'est clair que Goodbye ne reflète pas du tout la compile, mais c'est avant tout au coup de coeur que j'ai fait ça. LynSun déchire, elle mérite vraiment ça.
Par Tuân
0
Samedi 12 janvier 2008
6
12
/01
/Jan
/2008
12:27
-
Publié dans : FRAIS : What's Good ?
Bonjour à toutes et à tous,
Après presque une année de bons et loyaux services envers la scène Hip-Hop genevoise -du moins essentiellement Rap-,
le temps est venu pour moi de raccrocher les gants pour Holla Back. Je sais que nombreux sont les artistes locaux désireux de se faire chroniquer ou encore interviewer, mais ma vie personnelle et
mon emploi du temps ne me permettent pas de satisfaire tout le monde. Car oui, je rappelle que j'ai toujours été seul à faire tout ce boulot pour Holla Back jusqu'à maintenant.
Ce qui était à la base une mailing list envoyée à des universitaires a fini par prendre des proportions locales qui n'étaient pas pour me déplaire. Alors que les visites se chiffraient à plus de
1700 par jour (nous en sommes aujourd'hui à plus de 180'000 visites), le fait de me focaliser essentiellement sur la scène genevoise a fait lourdement chuter mes statistiques. Mais peu importe,
car je retiens surtout les formidables rencontres que j'ai pu faire en l'espace de moins d'une année ; certaines furent décevantes, d'autres franchement agréables, mais toutes étaient sans nul
doute enrichissantes aussi bien d'un point de vue humain qu'artistique. Reste aussi le fait que j'ai pu prouver qu'une seule personne pouvait faire le boulot de toute une équipe, et à un rythme
bien plus soutenu.
Malheureusement, à force de parler des autres, vient inévitablement le moment où l'on (re)désire parler de soi, du moins faire son propre bout de chemin. Mes proches connaissant à la base mes
multiples activités dans le domaine de l'Art (dessin, céramique, poésie et écriture, Rap, réalisation cinématographique), quelle ne fut par leur surprise de me voir laisser de côté ces facettes
de ma personnalité pour embrasser la "carrière" de journaliste. Mais je retiens surtout qu'être spectateur et non plus acteur des événements ne me correspond pas.
Bref, Holla Back continuera en reprenant sa ligne éditoriale de base (Rap ricain et culture) quand le temps et l'envie me le permettront. Après avoir écumé les bancs de la Faculté des Lettres en
français, anglais, latin et histoire médiévale ; et de la faculté des Sciences Economiques et Sociales en Relations Internationales et en Science Politique, la fin de mon cursus universitaire
arrive à grand pas. Et avant que la vie active ne me prenne par le bras, j'ai pour ultime désir de faire ce que je veux et non pas ce que je peux. Et je veux beaucoup de choses.
Cela dit, pour bien terminer, je tiens à signaler que l'interview de Chromatiks arrive tout de même, ainsi que les chroniques des CD de Mr.Bil (Marekage Streetz) et DJ Toots : ce seront les trois
derniers papiers locaux traités sur Holla Back.
Toutefois, la fin du Hip-Hop genevois sur mon blog ne signifie pas la fin du Hip-Hop genevois pour moi... Le Jack Sparrow de l'écriture refera inévitablement surface, d'une manière ou d'une
autre, mais à un tout autre niveau. Je pense que les fidèles sauront rapidement retrouver ma plume et mon encrier virtuel, mais quand je parlais du fait d'aller de l'avant, je faisais également
allusion au fait de faire avancer la scène Hip-Hop genevoise, mais cette fois-ci sous toutes ses coutures et non plus seul...
Prenez soin de vous, et une bonne année 2008 pleine de son, de plaisir, de Hip-Hop quoi.
_Tuân
Par Tuân
3
Commentaires