Redbioul // Force Quartz - Interview 2007 (2)

Publié le par Tuân

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Redbioul - Mon Combat

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Jusqu'à maintenant, on a surtout parlé de la cohésion artistique commune que vous avez eu jusqu'à maintenant. Mais avec la fin de Street Souldiez, on assiste à l'amorce des véritables cheminements solo. On commence avec Mon Combat de Redbioul qui arrive incessamment sous peu, non ?
R :
Il est plus ou moins prêt. Juste retoucher deux-trois morceaux que j'ai fait avec Quartz qui datent un peu, dont un qui est très personnel que j'ai fait pour mon père. Mon Combat me représente vraiment bien, c'est un morceau qui représente ce que je veux faire dans cette musique, où j'y mets mes tripes. Ca fait depuis un moment que ce morceau me parle, c'est même mon morceau préféré. En terme de l'ensemble et du rendu j'en suis très satisfait. Mon Combat, ça peut être pris dans plusieurs sens : tu vois la couverture avec des gants de boxe, un Rap avec beaucoup de punchlines, Redbioul pour le Rap énergique... Le Rap c'est un combat dans lequel tu dois tout livrer et c'est aux gens de juger ce que tu as fait. Ca peut aussi être retranscrit à la vie en générale, dans tout ce que tu fais dans ta vie personnelle, dans le sport, la musique bien évidemment. Mon Combat n'est pas à prendre au sens agressif et violent du terme, c'est plutôt une violence dirigée contre soi pour aller au bout de soi-même.

Tu m'as dit que tu produisais déjà par le passé, mais il semblerait que tu es retombé définitivement dedans.
R :
En effet, la prod je la fais quasiment à moitié-moitié avec le Rap. Ca me permet d'être large, dans le sens où quand je ne suis pas particulièrement inspiré pour écrire, je vais produire histoire de rester opérationnel. Soit je produis, soit je rappe, soit je vais faire un design. Comme je change souvent de catégories, ça me permet d'être toujours productif dans quelque chose.

T'arriverais à dire si le Rap ou la production est ton domaine de prédilection ?
R :
Non... franchement c'est les deux... Mais je suis plus à l'aise dans le Rap dans le sens où j'ai déjà une idée du rendu d'un texte quand je l'écris. Je sais à quoi m'attendre et je sens à quoi ça va ressembler. C'est l'expérience et le temps qui font ça. Des fois je me mets derrière le clavier et je vais sortir des choses qui ne vont pas me plaire. Pour le Rap, je sais si ça va être à ma convenance ou non. Pour le son, je vais écouter le tout et effacer ou ne pas garder l'instru s'il ne me plaît pas. En gros, je suis toujours plus à l'aise derrière un micro vu que je rappe depuis plus longtemps que je ne produis. Dix ans de MCing, et la prod ça fait depuis à peine un an et quelques que j'ai repris.

Musicalement, d'après ce que j'ai entendu, c'est très guerrier, très... facho !
F :
Ah mais c'est exactement ça, ça lui va bien (rires) !
R : Disons que c'est un style énergétique qui me plaît bien et me correspond bien... Le style du viking (rires) !

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On peut s'attendre à quoi au niveau des collaborations sur ton album ?
R :
Baron Faty des Boogotop, des suisses allemands et des allemands, Rootwords qui est un peu international... MLB, l'un des premiers ricains avec qui j'ai fait un morceau dont je suis bien fier et qui colle bien au délire de l'album même s'il était déjà sorti sur un autre projet. Il y a aussi des gens avec lesquels j'ai collaboré depuis un certain temps : Pouney à la prod, Quartz aussi, obligé. Force sur le morceau avec Baron Faty... On avait fait plus de tracks, mais ils sont sortis sur des street albums. Je pense qu'avoir au moins un morceau en commun c'est indispensable, les gens vont croire qu'on n'est plus du tout ensemble sinon (rires) ! Donc Force Quartz sont sur un morceau de mon album, et je serai sur l'un de leurs morceaux.

Et c'est pour quand la sortie au fait ?
R :
Y a pas de date... Idéalement le plus vite possible, la pochette est prête, mais comme je l'ai dit avant, une distrib' ici, y a personne qui met de la thune derrière... Donc ton projet risque de ne pas aller très loin. Il faudrait faire le plus grand buzz possible dans la street, mais c'est pas à Genève qu'on va t'acheter le plus de CD. Les suisses allemands sont plus ouverts avec les artistes provenant de l'extérieur, mais ils ne vont pas s'intéresser s'ils ne connaissent pas ton nom. C'est pas facile, surtout que tout le monde rappe un peu partout maintenant. Il faut vraiment avoir une bonne structure derrière qui te pousse même si je fais en sorte de faire le plus de démarches possibles et inimaginables pour ma promo, mais il y a une limite à ça. Avec 200'000 balles pour la promo, c'est clair que ça aide plus un gars qui à zéro franc à investir. Là, c'est purement du bizness. Ce n'est pas le but, j'ai trente ans, je fais ça pour la plaisir, mais si je sors un projet je veux que ça se fasse bien. Autrement je distribuerais le tout via téléchargement, sur mixtape, sur Datpiff ou un truc comme ça.

Avec ces mixtapes, on voit aussi qu'il y a cette brèche avec le mouvement Euro Streetz qui est affilié au DipSet Taliban. Ca se passe comment avec eux ?
R :
C'est parti du morceau que j'avais fait avec MLB (NB : Ups 'N Downs), qui l'a passé à DJ Pimp qui est en France et qui l'a mis sur l'une de ses mixtapes. C'est avant tout des gens que j'ai rencontré via MySpace ou des connexions intermédiaires, dans l'optique d'ouvrir les choses. De fil en aiguille t'en connais un qui en connaît un autre qui a aussi bossé avec par le biais de MySpace. Participer à un projet t'ouvre une nouvelle porte en fin de compte. Alors Pimp avait une mailing list et j'ai envoyé un mot alors que je faisais de la pub pour Chevy Metal. Prince Negaafellaga m'a accosté en me disant que c'était du bon et qu'il fallait collaborer un de ces quatre. Le jour même je le recontacte en lui proposant de le faire tout de suite. On a fait un morceau qu'il a mis sur sa mixtape, Pimp a kiffé le morceau fait avec MLB et m'a passé une prod qu'il avait faite lui-même et j'ai posé pour lui, ce qui a permis la collaboration. C'est du donnant-donnant : je fais de la promo pour eux, je leur passe un beat, il n'y a pas d'histoires d'argent. Ca s'accélère vraiment en ce moment, je suis assez surpris de la vitesse que ça prend. J'avais passé des prods à MLB et il a fait poser son crew dessus. C'est pour le moment des morceaux qui sont gratuits sur le Net, mais ça pourrait aller plus loin aussi.


Force Quartz - Destinée



On va passer à Force Quartz en revenant sur votre délire du parking des parents de Quartz. Un MC et un producteur un peu à la manière de GangStarr, c'est assez rare tout de même. Comment fonctionne l'osmose, l'alchimie entre vous deux ? C'est Force qui vient avec un thème ou c'est Quartz qui soumet des instrus ?
F : En fait, c'est un peu les deux. Avant je venais avec un texte et lui avait un son, et ça collait ou ça ne collait pas.
Q : Souvent, c'est que Force abordait un thème, une ligne directrice, et j'essayais de taffer de mon côté. Après, quand on se revoyait, il me disait si ce que j'avais composé lui correspondait et il écrivait ensuite directement son texte.
F : Ce qui est marrant, c'est que Quartz dit que j'arrivais avec un thème, mais la plupart du temps on trouvait le thème ensemble. Comme on l'a dit avant, Quartz écoutait du Rock à l'époque...
Q : ... Du Rock (rires) !... Je suis cramé !
F : Avant d'être surtout collé au Rap, il avait cette ouverture sur d'autres styles comme le Rock, et je suis aussi ouvert à tout même si j'ai été avant tout collé au Rap.
Q : Il faut dire qu'on fait avant tout de la musique.
F : Il samplait, il prenait franchement n'importe quoi. On écoutait après les trucs chez lui, mais franchement des trucs violents, aussi bien français que jazz... on ne savait parfois même pas ce que c'était ! Il s'en foutait, il piochait dans tous les horizons musicaux possibles. Donc on passe pas mal par ça, par cette ouverture d'esprit même si on aime les trucs vachement street. Tu vois, il y avait l'entente musicale d'une part mais également l'entente au niveau des sujets. Quartz bossait dessus et j'attendais la plupart du temps que le son sorte.
R : Des sons un peu facho quoi (rires) !
F : C'est toi le facho je te rappelle (rires) !
R : On est extrêmistes : DipSet Taliban (rires) !

D'un côté on a le Rap et le style plus durs de Redbioul et de l'autre l'écriture plus introspective et personnelle de Force...
R :
Je suis plus punchlines et techniques. Mais Force peut le faire aussi.
Q : En fait, ça suit l'optique de l'album. On s'est dit qu'on allait faire un album avant tout en rapport avec les sentiments. Tu écoutes un track, tu sens déjà la vibe dans laquelle on va se lancer, que ça soit triste, nostalgique, festif, sincère, etc. C'est ce qu'on a voulu faire ressortir. Je ne dis pas que le style de Bioul n'est pas sincère, mais il a son côté facho avant tout (rires) !
R : Ah mais ça y est (rires) !
Q : La ligne directrice de l'album c'était vraiment ça : les sentiments.
F : Il y a aussi une période durant laquelle Quartz et moi avons tellement traîné ensemble qu'il y avait des vibes qui nous ressemblaient vachement, aussi bien bonnes que mauvaises, et on les a partagées ensemble. On se comprenait vachement, car il savait que je parlais de telle histoire comme je ressentais ce qu'il exprimait en musique.

L'alchimie, vraiment.
R :
Alchemist (rires) !
F : J'aime les textes sincères, ce que je n'avais pas pu faire dans Juskobou. Dans un groupe surtout, c'est souvent un couplet chacun. On apporte tous notre façon de penser. C'est bien, mais tu ne peux pas aller jusqu'au bout.
R : D'où le titre Juskbou aussi d'ailleurs.
F : C'est en effet aussi sorti de ça. Pour le projet Force Quartz, je peux donc me pencher sur un sujet en long et en large.

Quartz, tu bosses avec quoi ?
F :
Un piano bar (rires) !
Q : Ouais, un piano bar (rires) !
F : De six à neuf, à l'Aiglon (rires) !
Q : Bon, on parle de matos là... J'ai un petit studio chez moi, donc c'est Cubase, Triton, Akai 3000, deux-trois modules de son et une bonne inspiration quand elle est là.

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L'inspiration grâce à Force d'une part, non ?
Q :
Oui clair, mais pas forcément vu que je collabore avec pas mal de gars extérieurs. Donc je peux prendre une boucle, un loop, et tafer le beat par dessus. Et après je propose, j'essaye de cerner les personnes quand je leur propose des sons. Après, Force passera toujours en priorité, mais je cherche aussi à m'élargir. Il y a la mixtape de Vincz Lee qui va sortir, l'album de Macaulay... C'est au feeling. J'aime bien bosser avec des gars que je connais un tant soi peu, comme ça je sais dans quelle direction ils veulent aller, trouver des beats qui leur correspondent.

J'ai pu entendre quelques extraits de l'album de Force Quartz, mais vous n'avez pas encore trouvé de nom il me semble.
Q :
On va l'appeler Destinée je pense.
F : C'est un titre qu'on a trouvé trop trop longtemps en arrière. Quartz te dira son optique, mais ça concerne le fait que notre amitié s'est faite en fonction de nos points communs dont la zique. La Destinée, c'est une suite d'événements qui fait que cet album doit sortir. Il y avait une période durant laquelle on a dû se réadapter : Quartz a changé de matériel, je me suis pris la tête sur des textes... Toute cette énergie dégagée devait au final donner naissance à quelque chose.
Q : Mon avis rejoint ce qu'il a dit. Pour nous, c'était écrit, obligé qu'on fasse un album, qu'on aborde tous ces thèmes, qu'on ait les mêmes points communs... Je te l'ai dit avant, mais on est avant tout des amoureux de musique. Le Rap, c'est quelque chose, mais on peut kiffer sur n'importe quoi ensemble. C'était donc une évidence qu'on se rejoigne là-dessus et qu'on fasse quelque chose de concret. La Destinée, c'est aussi une chose à laquelle je crois une chiée. Les bonnes et les mauvaises choses qui t'arrivent dans la vie ne sont pas là pour rien, il faut savoir en tirer des leçons et en faire quelque chose de positif. Comme cet album.
F : Pour parler de notre amour de la musique, il y a ce titre sur un des street albums Fallait pas nous Inviter. Ca commence avec un morceau de Kiss, on voulait marquer une ambiance du style on s'invitait chez quelqu'un.
Q : C'est pas par hasard qu'on a mis Kiss.

C'est juste, Quartz est un ancien hardos.
F :
Mais même pas (rires) !
Q : C'est un morceau qu'on kiffait les deux (rires).
F : Tu vois ces gars qui te disent "J'ai été élevé dans la Soul music" et tout ? Mais ça c'est du baratin. On a écouté de ces trucs avant...

Comme de la Dance et les boys band !
R :
Clair (rires) !
F : Genre les Hit Machines et tout là (rires) ! Kiss, je sais plus où on était quand je l'ai réentendu. Au départ, ça me parlait pas spécialement, mais en le mettant au début du morceau je me suis juste dit : "Clair !". La zique c'est de la zique, tu prends une boucle qui peut provenir d'un truc dégueux à la base. On n'allait pas forcément sampler des groupes qu'on écoutait gamins...
Q : Tears for Fears.
F : Voilà ! Mais tu les écoutes, c'est monstre fat. Mais faudra juste pas marquer qu'on est des fans de Rock (rires) !


Asphalt Themes



Déjà, qu'est-ce qui s'est passé avec Nplayz, le troisième producteur affilié à la compilation Asphalt Themes ?
R :
Chais pas.
F : Justement, Quartz et Bioul le cherchent encore (rires) !
R : En gros, il a dû arrêter...

Tu m'avais dit qu'il avait signé quelque part, non ?
R :
Il avait signé, après il m'a dit qu'il voulait arrêter la musique. Je ne sais pas trop ce qu'il en est finalement.

Comment l'idée est partie en fait ?
R :
À la base, on avait fait un morceau avec Nplayz pour notre street album et il m'a raconté qu'il travaillait avec NazB et je lui ai dit que je le connaissais. On est parti dans le délire de faire une compilation avec des prods à nous. Il amenait des gars, j'amenais des gars... Puis j'ai greffé Quartz et ça devait débuter avec un taf fait à trois.
Q : En fait, c'est depuis que je me suis greffé qu'il est parti : je l'ai trop impressionné (rires) !
R : On faisait des sessions MSN les trois ensemble, et on lui a présenté genre vingt titres. Lui il devait en être à un et demi... Il m'a dit par la suite qu'il avait d'autres morceaux, qu'il allait me les envoyer... C'est un peu parti comme ça. On s'est alors dit avec Quartz qu'on avait bien assez de morceaux, que c'était bien assez solide, et qu'on allait sortir le compile les deux.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette perspective internationale ?
R :
On avait beaucoup de connexions, plein de morceaux à faire, et Quartz avait aussi des gens de son côté qu'il avait envie de faire poser.
Q : Surtout un échange de connexions. Bioul ou Nplayz pouvaient proposer des types, moi également, c'était l'idéal afin d'avoir un plus grand choix. Nplayz devait ramener plein de ricains comme des Young Buck.
R : Il y aura peut-être Juxx Diamond que je vais rajouter, mais c'est surtout européen. Il y a tout de même cinq-six langues différentes sur ce projet. Il y aura peut-être un volume deux qui sortira un jour, il faut déjà qu'on sorte bien ce volume un (rires). Mais il va sortir, on a fait l'écoute avec toi tout à l'heure. Il y a des prods de Quartz ou de moi, mais je trouve que les morceaux se suivent bien. Il y a un bon potentiel. Je pense que ça va sortir sur Internet, pas forcément sur support CD. Si on en vend 50'000 sur Internet en trois mois, on pensera au CD. En attendant, on ne va pas mettre 30'000 balles dedans sans savoir ce qui nous attend.
F : Ca se passera peut-être comme avec Koxie (rires) !

Mis à part ça, elle a commencé sa carrière avec Baron Faty...
F :
Mais c'est pas Baron Faty dans le clip ? Je te jure qu'il lui ressemble !
Q : Peut-être que c'est lui...
F : Il lui ressemble à mort ! (À Redbioul) T'as jamais vu le clip de Koxie ?
R : Ah non...
F : Je te jure que le gars dedans ressemble à Baron Faty.

Sinon, est-ce que vous avez procédé à un tri en particulier pour le choix des artistes ?
R :
Non, on a contacté les gens pour avoir un choix large. Au final, s'ils étaient bons, on gardait les tracks.
Q : Je me rappelle plus de la question...
R : Si on a procédé à un tri pour le choix des artistes.
Q : Ah ok.
R : Au début, on n'avait pas autant de connexions que maintenant donc on a un peu lancé des gens qu'on ne connaissait pas forcément. Deams d'Hollande, j'avais entendu sur le Net ce qu'il avait fait et j'avais bien kiffé, donc on l'a lancé.
F : Qui c'est Deams ? C'est la marque de collant ?...

...
R :
Il est affilié de loin à la GangStarr Foundation.
Q : C'est la première vraie signature européenne.
R : Il est bien bien connu en Hollande. Pour certains là-bas, c'est la super star d'Amsterdam, le gars qui a lancé des trucs. Gros respect pour lui. The Amsterdam Ambassador.
Q : Le truc hallucinant, c'est qu'on a proposé à ce genre de personnes, mais on a aussi démarché des gars de la région. Sur Genève on s'est pratiquement cassé la gueule partout. "Nous on est sur nos trucs, faut qu'on finalise tel projet...". Mais en gros c'est des excuses bidons pour ne pas collaborer avec nous. Sur Lausanne je ne dis pas, super ouverts, ils sont passés au studio, ils ont posé... Tandis qu'à Genève, le mouvement c'est autre chose.

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À quoi cela est dû vous pensez ?
Q :
Les gars ne veulent pas se mélanger entre guillemets : ils ont leurs crews depuis super longtemps, il pensent se suffire à eux-mêmes.
F : Sur Genève, tout le monde connaît tout le monde. On sait tout sur les autres, mais on n'a pas envie de se rapprocher. Il faudrait qu'à Genève il y ait un gars qui parvienne à mixer tout le monde.
R : C'est dingue, sur Genève on a quasiment personne pour la compile.
F : Mis à part ça les gars, faut que je me channe !...
R : Il y avait Force, moi, O.D. et Nega. Après j'ai réussi à caser des morceaux de J.A.X. et de Wicked. Il y aurait dû avoir Nyd (NB : du Terrorime Mouvement). On aura réussi à démarcher quelques gars de Genève, mais c'était clairement pas les plus faciles à avoir (rires). Disons que ça ne s'est pas fait le plus rapidement. On avait des gars de Suède et de Hollande bien avant les gens de Genève.

Paradoxalement, ça a été l'une des plus grosses difficultés pour cette compile.
Q :
Pourtant, on serait fier de faire poser des gens de chez nous, que ce soit pour la promo, se mélanger, se connecter musicalement. Et c'est là que ça pêche.
R : Surtout qu'à Genève on se connaît tous.
Q : De vue du moins.
R : Ouais, de vue. Il ne faut pas stigmatiser là-dessus dans l'interview en disant que Genève c'est la dèche, ça tient simplement au fait qu'on aurait voulu plus de gars de Genève et qu'on n'en a pas plus que ça, même si on est international au final.
Q : Ce n'était pas le but d'avoir forcément des gars de Genève, mais c'est une opportunité qui est passée en fait. C'est dommage.

Pour poursuivre là-dessus, en parlant du Rap genevois et par extension du Rap suisse, quelle est votre vision à ce propos ?
Q :
Il y a une pétée de talents et de niveaux, ça y a pas à chier. Partout il y a trop de groupes, de MC, de producteurs. Après, c'est comme on a dit tout à l'heure : la difficulté n'est pas de poser sur un album ou une mixtape, mais faire en sorte que ça aille plus loin, que les sorties se trouvent concrétement dans les bacs, qu'il y ait des tournées, des concerts et de la reconnaissance. Malheureusement c'est là que ça pêche, mais ça viendra avec le temps. Les gens ne se rendent pas souvent compte de tout le boulot qu'il peut y avoir au niveau de la promo, qui est en fin de compte le plus gros morceau on va dire.
F : Je suis navré de pas pouvoir continuer l'interview, mais là faut vraiment que je me bouge !
Q : Flavio est venu à 14h30, et est parti à 17h (rires) !
R : Avant que tu partes Force, qu'est-ce que tu penses d'Asphalt ?
F : C'est... C'est de la merde (rires) !
R : Et il est dessus (rires)...
Q : En effet (rires)...


C'est vrai que Force n'a pas dit grand chose concernant Asphalt Themes.
F :
Vu que Quartz fait les sons et qu'on fonctionne un peu au 50/50, il m'a proposé un son pour représenter Force Quartz. Après, Redbioul qui a fait pas mal de prods aussi m'en a fait écouter plusieurs, et j'en ai choisi une ou deux par la suite. Ca fait un peu prétentieux de poser deux fois sur une compile, mais l'un des morceaux est en rapport avec le groupe Force Quartz et l'autre est fait en solo.
R : Tu devais même en avoir un troisième sur un morceau de Nplayz et moi.

Et pour l'avenir, qu'est-ce qui va se passer ?
F :
C'est niqué (rires) !
Q : Pleins aux as !
F : Musicalement, qu'un max de monde puisse écouter ce qu'on a fait. Car comme l'a dit Redbioul, on ne fait pas de la musique pour trois personnes. Le but serait d'aller plus loin, mais pas au niveau du fric, que les gens écoutent. Ca fait depuis dix ans qu'on fait du Rap sur Genève, et il y a toujours des gens d'ici qui ne savent pas qu'on fait du son ici.
R : Bientôt quinze ans même.
F : On a vraiment retenu nos trucs, mais là on a juste envie de lâcher le tout. Si on arrive à rentrer dans nos frais, ça serait bien aussi. Bon allez, à plus (rires) !

Force s'en va...


Après le monologue de Force, est-ce que vous avez quelque chose à rajouter ?

R : Je ne sais pas, que pourrait-on rajouter ? J'espère que ce projet, qui se sert de la nouvelle technologie vu qu'on le sort via Internet, fonctionnera un minimum. J'espère aussi que ce n'est pas parce qu'il ne sort pas sur CD que les gens ne vont pas lui donner l'attention qu'il mérite. À mon avis, tu as entendu les morceaux, je pense qu'il y a de quoi intéresser les auditeurs et faire en sorte qu'ils l'écoutent. Sur le site web (www.impecprod.com), on va mettre des extraits de tous les morceaux afin que les gens se fassent une idée du tout. Ce projet a un bon potentiel.
Q : Si ça marche, pourquoi ne pas envisager la sortie sur CD ? C'est une autre possibilité aussi.
R : Idéalement, on fera un volume deux avec de nouvelles personnes à mettre dessus tout en restant dans la même optique. Car le but n'est pas de faire poser un gars qu'on ne connaît pas, c'est cool de les connaître directement même si on ne les connaît pas en personne. Il s'agit vraiment de proposer des morceaux inédits, mis à part un remix que j'ai fait.

Un petit mot pour terminer ?
Q : Restez connectés, car il y a plein de trucs qui vont sortir et qui vont faire très mal.
R : Il faut continuer sur ça. Là tu as entendu cinquante morceaux. Potentiellement, il y a encore des trucs qui vont sortir derrière, ce n'est que le début. Il y a même des projets qui ne vont jamais sortir (rires).
Q : Maintenant je commence à produire également pour différents artistes, donc des prods de Quartz vont se retrouvées éparpillées à gauche-à droite et ça va faire mal...

Merci bien les gars, et bonne chance pour la suite !



>>Compilation internationale Asphalt Themes disponible maintenant en direct DL via les liens de Redbioul et Force Quartz.<<



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MySpace Redbioul
MySpace Force
MySpace Quartz
MySpace Asphalt Themes



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Redbioul 21/11/2007 14:20

big up Tuân !!!

Tuân 21/11/2007 14:35

Yep, de rien !