Être niak. Et con.

Publié le par Tuân

DUMB AZN

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L’essor du Hip-Hop asiatique au niveau mondial se fait quelque peu pressentir suite à l’engouement ayant tourné autour du freestyleur Jin, ce dernier étant devenu un véritable icône au sein d’une des grandes minorités présentes aux Etats-Unis. Reste à savoir si le buzz tournant autour de lui pourrait permettre à d’autres têtes jaunes de se faire entendre. Réflexion.


Depuis le temps que les minorités latines et noires-américaines trustent les charts du Billboard américain avec des poids lourds comme Fat Joe (sans mauvais jeu de mot) et Jay-Z, il est bon de se demander ce qu’il advient de la minorité asiatique. Pourtant, ce ne sont pas les rappeurs asiatiques qui manquent. Un coup d’œil au site web www.AznRaps.com permet de constater que le Far-East Movement connaît une expansion phénoménale en présentant des artistes talentueux (et nasillards) comme Baby T, Kast XL et Snacky Chan. Cambodgiens, philippins, viêtnamiens, laotiens ou encore thaïlandais immigrés, tous sont porteurs de renouveau mais passent inaperçus devant le grand public. Mais pourquoi ?



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Dommage Jin...


Premier rappeur à se démarquer de cette masse : Jin Tha MC, ancien livreur de bouffe chinoise originaire de Miami ayant tenté sa chance dans l’émission télé new yorkaise Freestyle Friday. Suite à six victoires d’affilées, le jeune chinois dégotte un deal chez les Ruff Ryders et arbore un magnifique pendentif du Double R lors de sa dernière participation à l’émission de battles (qu’il remporte encore, semble-t-il). Suite à cela, le voilà garagiste dans Too Fast Too Furious en compagnie de Ludacris et Tyrese et enregistre son album The Rest Is History qui devient un signe de ralliement pour la communauté Hip-Hop asiatique. Même si Jin est encore loin d’être un MC du star system expérimenté, il est difficile de passer à côté de sa popularité lors de passages dans un Chinatown. Malgré un buzz considérable dans les rues -un jaune rappant mieux que les noirs ça intrigue- et le titre Learn Chinese featuring Wyclef des Fugees (qui aime décidément bien les gens aux lointaines origines), le succès commercial et critique de The Rest Is History est plus que mitigé. Incapable de toucher le grand public, la réussite de Jin touche un public de rue friand de freestyles et (bien évidemment) un public asiatique. Il est certain que Jin ne brille pas par son charisme et que les auditeurs habitués aux Nelly et Eminem ont de la peine à s’identifier à un petit gars bridé, jaune et moche. Résultat : Jin est boudé par un entertainment américain figé et dénigreur.

Ayant senti venir cette triste éventualité, les frères Dee et Wah Dean, CEO du label Ruff Ryders, ont massivement parié sur le public asiatique, ou AZN pour les intimes. De par une mise en avant importante des origines chinoises de Jin, la machine se devait de fonctionner. Mais non. Dee et Wah semblaient avoir oublié que la communauté asiatique était la spécialiste du bootlegging, c’est-à-dire du piratage d’albums mais également de mixtapes (c’est dire). L’insuccès de Jin est donc une semi-surprise avec un minable score de 20.000 exemplaires en première semaine.



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Ne vous en faites pas, nous parlerons bientôt de Chukie Akenz...


Par extension, le problème se présente sous un autre angle en Asie. La réussite des producteurs Hip-Hop comme DJ Honda et DJ Krush est clairement due à leur non-appartenance au Tiers Monde asiatique, ceux-ci étant japonais. Le Japon, fort de son statut de grande puissance économique, n’a pas à faire de concessions concernant la promotion de ses artistes et accueille également à bras ouverts les artistes venus de l’étranger (dont Alizée...). De ce fait, la scène rappologique japonaise est extrêmement appréciée au sein des milieux underground et backpack internationaux. De toute évidence, il n’en sera jamais de même pour des groupes comme Thaïtanium et The Wall, groupes respectivement thaïlandais et viêtnamiens : le piratage et la distribution propres au Tiers Monde asiatique ne leur permettront jamais de se faire réellement connaître. Si on considère en plus que les gouvernements asiatiques n’hésitent pas à partir à la chasse aux rappeurs, on ne s’étonne guère de cette non-évolution. Il est vrai que les régimes communistes n’ont jamais apporter leur soutien à la liberté d’expression. Le Japon représente ici un cas isolé et ne fait aucunement partie du carnaval AZN.

Le véritable souci du Hip-Hop AZN est donc un manque évident d’éducation musicale et de moyen du public (américain ou Tiers Mondiste). Nombreux sont les enfants d’immigrés condamnés à ne connaître que l’ombre des enseignes lumineuses aux caractères chinoisants, et les vapeurs étouffantes des Dim Sum de New York. De plus, quand on connaît l’attirance pour le kitsch des asiatiques peu évolués intellectuellement, il n’est pas déplacé de penser que la scène asiatique est victime de sa propre bêtise. En effet, faussement fière de ses origines asiatiques et à force de se prendre pour japonaise ou pour noire-américaine, la solidarité AZN est en fait une grande bouffonnerie ponctuée de slogans pathétiques comme AZN Pride et compagnie. Le grand esprit de Benzino avait beau dire I don't care about the color of your skin. It's about your character and person sur le site www.AznRaps.com, mais cette pensée est difficilement applicable à une communauté se situant entre le blanc et le noir, ou plutôt entre le jaune et le noir. Le délire AZN est un non sens, une démonstration ridicule rabaissant une communauté toute entière et incapable de se supporter elle-même.

En réalité, l’essor du Hip-Hop asiatique n’est pas d’actualité.

_TN



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Jimmy Boi, pendant sudiste du rap AZN


Remember back in the day where we used to kick back and parlay,
Everyday, just to smoke a J,
Drinking Henessy until we pass out,
Catch a nigga slippen out, now that niggas assed out
_Xternal Cru – Viet Pride

Money, cash, hoes nigga all floss them G's,
Throw a block party, charge a niggas fat fees,
Breakin' fresh bitches off, I don't fuck with these
_254 Pinoy Boyz – Azn Whoa

Down to squab for my dawgs when they call me
Ride till I die, Vietnamese pride. And bitch that be on me. (what!)
Y'all can't bang with us (what!). Y'all can't hang with us (what!)
Y'all ain't dangerous. That's why y’all motherfuckers fake to us.
_Thai – Around My Town



Mais c'est mignon tout ça dans la Jane Finch Area...

Publié dans HIP-HOP : Articles

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TSN 28/11/2006 20:20

Ca pourra peut être t'être untile pour ton dossier sur le rap asiatique:le lsite du groupe "Tha Blue Herb que j'ai découvert grâce à l'album Code 4109 de dj Krush
http://www.tbhr.co.jp/en/artistprofile/index.html
 
Et voici le site des Living Legends (CA)
http://www.legendarymusic.net/

TSN 28/11/2006 11:50

Je voulais savoir si tu pouvais faire une chronique des Living Legends(SF).J'ai entendu dire beaucoup  de bien de ce groupe,mais je n'ai jamais eu de galette  sur mes platines.Il me semble que l'un de leur membre,ARATA,est japonais...
Bonne semaine

Tuân 28/11/2006 17:41

Ah, je ne connaus vraiment pas grand chose en rap nippon si ce n'est dans le domaine backpack, abstract ou encore pop guillerette. Mais si tu pouvais me donner plus d'infos concernant ce groupe, il y a des chances que je me penche dessus. Je projette d'ailleurs de faire un dossier sur le rap asiatique.

Tuân 30/07/2006 02:57

C'est justement cela qui me dérange, c'est qu'en fin de compte, il y a un appel à l'unité totalement illégitime. En tant qu'asiatique, je me retrouve dans l'impossiblité d'adhérer à tous ces délires crétins et réducteurs. La culture asiatique chez les AZN ? C'est la bouffe et les yeux bridés, rien d'autre, uniquement de la culture de surface.

SNK-FANBOY 28/07/2006 16:52

Personnellement  dans le passé , j'ai été invité dans des soirées organisés par des associations AZN . Meme si l'ambiance dans ce genre d'évenements me semble pas franchement " asiatique " au sens propre du terme , j'avais plus l'impression d'etre dans une soirée " Hip-Hop US " que d'une fete en hommage à la cutlure asiatique ( japonaise , chinoise , vietnamienne , etc ... ) en général .

Tuân 02/11/2006 11:47

Tiens tiens, tu faisais encore bien le lèche là...