Lil Jon & The Eastside Boyz - Kings Of Crunk

Publié le par Tuân

Mode : deux de QI



Ciel, mais que se passé-t-il ? Bagdad sous les bombes, le Pervers de Romont chez les mouflets, une racaille scandant Claude Simon, George Moustaki sans barbe faisant un duo avec Demis Roussos ?... Pire ! Qu’on se le dise haut et fort : on en veut à nos enfants, et plus particulièrement à nos oreilles. Celui par qui le Crunk arrive, Lil Jon pour ne pas le nommer, a eu une fois de plus l’audace en 2003 de nous proposer une suite à ses Certified Crunk et autre Put Yo Hood Up (certifié or) sur le label indépendant TVT Records. Après mûres réflexions, on pourrait croire que les nouvelles platinum teeth du nerveux d’Atlanta sont un prétexte à la réalisation d’un nouvel opus. Car dans un univers musical comme le Down South et plus précisément le Crunk, lesdits prétextes sont le fruit de QI aussi épais que les filigranes d’un billet de cent dollars cainris. Mais bon, ne nous attardons pas à chercher midi à quatorze heures : Lil Jon était là pour 2003, année du sacrement, et de gros popotins ont pu remuer dans l’allégresse leur excès de graisse. Voyons un peu ce Kings Of Crunk.

Éternellement accompagné par ses collègues les Eastside Boyz qui ne servent –soit dit en passant- à pas grand-chose mis à part faire les backs de leur chef de file, Lil Jon livre un album dense avec moults cris dignes de Cinok et un bon nombre d’invités de premier choix venus principalement du sud des Etats-Unis comme Petey Pablo, T.I. (quoique scred), Devin The Dude, UGK et 8Ball (sans MJG). Nous retrouvons avec un plaisir certain des sons toujours aussi crades tout droits sortis de la fosse sceptique d’une maison low class de New Orleans (si fosse il y a…) et aussi festifs qu’une soirée Ferrero Rocher chez l’Ambassadeur… Prêtez donc une oreille au terrible Throw It Up (reprenant le main theme de Requiem For A Dream et accessoirement meilleur titre du skeud) avec un Pastor Troy en grande forme et à la voix plus éraillée que jamais, ou encore au joyeux Play No Games proposant une combinaison inédite et efficace en les personnes de Trick Daddy et de Fat Joe. Mais oublier de mentionner Get Low, avec Kaine et D Roc de Ying Yang Twins, serait une grossière erreur : tube dancefloor imparable sur lequel Lil Jon et sa clique s’expriment de manière on ne peut plus explicite à propos de leurs problèmes affectifs, en témoigne ce début de couplet signé Kaine : Shortie crunk, so fresh, so clean / can she fuck ? that question been harassing me in the mind / this bitch is fine !

Bien que la majorité des productions sonnent toujours pareilles (gros riffs, grosses basses, gros cris, petits esprits), elle peuvent se révéler parfois aussi sucrées et douces qu’un Sundae Caramel du Mc Do, à en juger le morceau Crunk ‘N Be Nothins Free featuring Oobie dans lequel une pétasse explique qu’il faut payer pour pouvoir la niquer (bah ouais, c’est dur la vie de péripatéticienne). Nous ne gâcherons pas notre plaisir à chercher des sujets de circonstance dans ce brouhaha continue, dans ce chaos musical et phonétique. Car oui, c’est un fait : Lil Jon est un génie, un ambianceur hors pair capable de faire sortir Jim Morrison et Serge Gainsbourg de leurs tombes du Père Lachaise, mais surtout un businessman ; avec son Crunk commercial, son Crunk Juice et ses films pornos (crunks ?), la natif d’Atlanta a pris possession de toutes les radios américaines avec ce perturbant Kings Of Crunk. Mais en Europe, c’est pas trop près d’arriver… En attendant ce jour, je retourne à Get Low, véritable pièce montée de ce Kings Of Crunk gargantuesque, impressionnant et commercialement irréprochable. Et nous ne bouderons pas non plus le remix de ladite chanson avec Elephant Man et Busta Rhymes

If ya scared to throw it up, get the fuck out the club !
Youpi.

_TN

Publié dans HIP-HOP : Chroniques

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Tuân 02/08/2006 19:29

Ah, mes premiers fiats d'arme au sein du Gueusif version Bêta...

Systool 02/08/2006 18:22

Roh les lips de ouf... Fait plaisir de retrouver cet article...SysT