From Geneva to NYC

Publié le par Tuân

img452/5231/aiglesp3.jpg   Nev'Juice Movement

Mouvement se faisant de plus en plus présent au sein de la scène Hip-Hop genevoise, il serait de bon aloi de revenir sur ce sujet : quand les collègues de Genève se bougent aux States.

 

DJ L et Lil' Wayne chez MTV. C'est loin, Versoix maintenant...


Get Large, Grim Team US... Ces quelques noms n'évoqueront certainement rien à la majeure partie des simples auditeurs de Hip-Hop. Pourtant, il s'agit de collectifs commençant à sérieusement intéresser des poids lourds du Rap. Car en plus d'être des teams de production française -possédant également leurs propres rosters d'artistes-, ces quelques expatriés ont pour point commun de passer par la case US afin de refourguer leurs sons. Il n'est pas rare que cet effort ne s'avère guère concluant, et c'est non pas sans fierté que la France voit la plupart de ses émigrés percer sur le marché américain (bien que cette mise en place s'avère souvent modeste). D'un autre côté, en faisant un parallèle avec la scène genevoise, cette même démarche trouve des répercussions à un tout autre niveau. Afin de mieux illustrer notre propos, nous prendrons comme exemple deux cas très particuliers provenant de chez nous, à savoir DJ L et M.A.M.

Retour à il y a bien des années, la commune de Versoix, située en banlieue du centre de la ville suisse et surtout internationale qu'est Genève. Votre serviteur, ayant alors pour vieille habitude de traîner avec certains des meilleurs potes de son frère en ce temps, avait fini par faire la connaissance de quelques sympathiques fouteurs de merde mais également de leur souffre-douleur : Lohrasp Kansara, cousin de nos voisins Dravasp et Jamasp, surnommé le paillasson de Versoix, habitait alors à Mont-Fleury en compagnie d'un père friand de cithare et d'une mère décidément très gentille. Alors enfant gâté de part et d'autre, le jeune garçon d'origines indiennes recevait moults cadeaux de ses parents afin de pallier à une solitude certaine : borne d'arcade Street Fighter II à domicile (qui coûtait quand même plus de 2000 balles suisses), consoles de jeux vidéo hors de prix comme la Neo Geo cartouches... Bref, rien ne manquait à Lohrasp qui se retrouva même à faire ses études secondaires dans le (très) huppé établissement scolaire privé qu'est le Collège du Léman où il y rencontra un certain Adrien, futur Ace. Animé par sa passion pour le basket et ayant un amour certain pour le trio ricain que sont The LOX (Jadakiss, Styles P, Sheek Louch), le jeune loup décide de partir aux States afin de poursuivre ses études universitaires et surtout toucher ses passions que sont le HH et le ballon (de basket) du bout de ses doigts.

Il commence ainsi par mixer petit à petit sur le campus de sa school, et le reste fait désormais parti de l'histoire : affublé du nom de DJ L depuis quelques années, vainqueur du prix Rookie of the Year aux prestigieux Justo Mixtape Awards 2004 qui récompensent les meilleurs DJ, auteurs de séries de mixtapes avec des hosts impressionnants (Juelz Santana, Wyclef, Freeway, Kanye West, Prodigy, Styles P, etc), chef de file de sa structure OpenLock Entertainment avec son collègue Adrien, coach de la valeur montante harlemite Loaded Lux, grand voyageur allant mixer aux quatre coins du monde... Lohrasp semble s'être affranchi de sa condition de tête d'ampoule versoisienne. Il habite désormais dans le Bronx, à côté de chez Clinton Sparks (les on dit, aussi), dit nigga à tout va, collabore avec des DJ comme Suss One, a des mixtapes nommées All Hoodz Stand Up, est respecté. C'est cool. Dommage qu'il ne lance jamais de dédicaces à Versoix, vu qu'il n'y en a que pour Meyrin, Onex, les Pâquis, là où les gens ne le connaissent pas vraiment. Si certains haineux ne pourront faire fi du passé, ils seront forcés de reconnaître l'acharnement du sieur pour sa passion et surtout la qualité artistique qu'il parvient à mettre en première ligne. On appréciera surtout le fait qu'il fasse croquer un bout de la Grosse Pomme à quelques collègues de Genève tels que Mamadi, alias M.A.M. Bah parlons-en, tiens.




M.A.M. en couverture du journal le Matin Bleu


Mamadi, rappeur et producteur du Terrorime Mouvement, genevois d'origines africaines habitant dans le quartier des Pâquis, est alimenté par le rap dès ses jeunes années : en 1995, à 12 ans, il forme la PER 2 III avec deux amis, Shaka et Bessa. Le trio de jeunes garçons se fait rapidement repérer par Nega de Double Pact ainsi que par Fidel' Escro (ex membre du regretté groupe Petits Boss) et font avec eux leurs premières apparitions discographiques officielles en incorporant le collectif Fratra. En 1998, Bessa décide de se séparer de ses deux amis qui donneront tout de même suite à la PER 2 III en la renommant la P.E.R. ; ils continuent ainsi leur aventure musicale ensemble. Shaka, laissant annoncer de façon de plus en plus pressante sa carrière solo vers 2004, prend un semblant de distance de la P.E.R. sans pour autant abandonner le duo, en témoignent les très bonnes collaborations de M.A.M. sur le street CD de Shaka, Étranger Chez Moi. Toutefois, chose tout à fait légitime, M.A.M. ne se contente pas de laisser Shaka être le seul à emprunter la voie solo et se lance également dans son propre périple qui le ménera jusqu'à une connaissance genevoise devenue une sensation new yorkaise derrière les platines : DJ L. Ainsi, il collaborera avec des rappeurs de NYC comme Loaded Lux et Ca$h, fera une rencontre avec DJ L de Busta Rhymes non sans émotion, vivra l'esprit Hip-Hop new yorkais de manière assez conséquente -et surtout vraie- pour lui donner l'envie de refouler une fois encore le sol cradingue de cette ville légendaire.





L'article, tiré une fois encore du Matin Bleu


Il faut croire que cette fois-là fut la bonne, car c'est ainsi que M.A.M. se pointa devant les locaux de MTV sur Times Square (mais oui, là où il vendent aussi des t-shirts pourris dans leur magasin de goodies...) dans l'espoir qu'une pointure du rap mainstream ricain le recoive, ne serait-ce que le temps de lui refiler une demo. 50 Cent en sort, Mamadi donne une demo à l'un des sbires du gorille de Jamaica Queens. Plusieurs jours plus tard, G-Unit Management l'appelle sur son natel : 50 veut lui acheter un morceau et pourquoi pas d'autres. C'est ainsi que le titre Banana Clip naît avec un Fifty certes pas en très grande forme, mais dont l'efficacité de la production fait bien du bruit, y compris jusque dans les pays d'Europe de l'est. Banana Clip tourne désormais bien dans l'émission de DJ Whoo Kid sur Hot 97 et est également dispo sur la G-Unit Radio : Hate It Or Love It. Récemment, Ky-Mani Marley, l'un des fils déclarés de Bob Marley, lui doit l'instru de Fist Full Of Dollars. Ca roule pour Genève.

Comme quoi, la motivation de certains prend le pas sur tout, ce qui a de quoi donner matière à réfléchir à certains haineux et d'autres satisfaits. Fait amusant : voir que des crews comme Get Large et Grim Team se pètent le cul depuis des lustres à choper des collabos avec des laquais afin d'intéresser des poids lourds de l'industrie ricaine, et ce sans gros gros résultats. En deux exemples, Genève détrône largement la France de ce point de vue là. Trève de chauvinisme malfaisant, en tous les cas bravo à nos représentants. Genève n'est désormais plus seulement connu pour ses trottoirs propres et ses banques.

Dans un prochain article, nous ferons lieu des influences musicales du Rap genevois, car de toute évidence elles ne proviennent pas de France. Genève, Hip-Hop depuis 1602 ? À bon entendeur...

_TN


MySpace de M.A.M. (Genève)
MySpace de M.A.M. (International)
MySpace DJ L


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Commenter cet article

sanka 27/04/2007 20:56

Terrorrrime!!!
Pt1 je kiffe les billets suisses bien colorés!!! Ca nous change des longs billets verts k1ri...Au moins en Suisse, tu captes tout de suite avec les couleurs si t'es un rappeur de campagne ou pas ;-)

Tuân 28/04/2007 01:16

Eh frère, bien ? C'est du bon, net. Genève a clairement des choses à dire, et je vais faire en sorte que les gens le savent.Salutations à Montréal !

Nev'Juice, biatch 27/04/2007 16:25

"Real hustlas move in silence"?Propz to O.D. sale biter

Tuân 27/04/2007 17:40

Je dirais plutôt props à Aasim qui dit dans "What's Truth" :  "Even if you're a gangsta, real gangstas move in silence".T.I. aussi l'utilise, c'est quoi le souci ? Mais le mot gangsta me ferait plutôt rire sur GE, donc on prend autre chose.Faut pas s'énerver gars...Haha Scott...

TSN 27/04/2007 15:15

Impressionnant...Je n'aurais jamais cru que cette [désormais]  soi-disante petite ville(vue d'en france où je réside) puisse compter autant dans le hip hop.Félicitations.

Tuân 27/04/2007 15:57

En effet, il y a de quoi s'étonner. "Real hustlas move in silence" si je puis dire. Au cas où, downloade la mixtape de Terrorime Mouvement sur www.myspace.com/terrorime (M.A.M. en fait parti) et tu va rapidement capter le délire... Y a clairement du niveau ! Et des feats avec du cainri aussi, une fois encore.Nev'Juice, biatch !

krybaby 05/08/2006 16:34

jolie blog!!
pub total c est mon lapin - parodieUploaded by sh

Tuân 25/04/2007 23:12

Pourquoi y a toujours des monguis qui viennent mettre des merdes ?

Systool 04/08/2006 17:07

Ouais en lisant ton article, je me suis rendu compte de ça... j'aurais pas cru qu'il avait cotoyé autant de monde!SysT

Tuân 25/04/2007 23:12

Comme quoi.Je suis ton père. au fait.