Rhymefest - Blue Collar

Publié le par Tuân

Backpack's Finest

Blue Collar


Vieil ami de Kanye West, car également originaire de Chi-Town, Rhymefest a toujours fait parti des grands espoirs d'une scène backpack tombée en désuétude depuis l'apparition de labels de rap d'université comme Def Jux et de mauvais rappeurs blancs comme Sage Francis ou autres. Ayant participé à la même battle où s'est fait remarquer le tas de neige Marshall Mathers, Rhymefest y perdra d'une manière inattendue face au rappeur Juice (Fest avait proposé à ce dernier un match nul afin de partager le prize money) et laissera ainsi sa place en finale à Eminem qui rentrera ainsi dans la légende. Ce ne sera que lorsque Kanye West lui demandera de co-écrire Jesus Walks et d'autres titres de The College Dropout que Rhymefest reviendra sur le devant de la scène, et surtout suite au sympathique We Can Make It Better de Kanye toujours avec Common, Q-Tip, Talib Kweli et John Legend, titre uniquement dispo sur la version anglaise de The Late Registration. Mais contre toute attente, notre rappeur ne signera pas chez GooD (Gettin' Out Our Dreams), label du Don Louis Vuitton, mais chez Allido Records du DJ et producteur Mark Ronson ; et ce en raison du fait que Fest ne désire pas mêler amitié et bizness. C'est donc dans un climat musical très Down South que The Blue Collar naît, petit joyeux musical et lyrical trenscendé par les talents du chicagoers dont le titre fait référence à la classe ouvrière américaine (opposée au white collar qui correspond aux cadres). Car oui, déjà que Rhymefest rappe avec un charisme certain (sa voix veloutée y est pour beaucoup), il se permet de plus d'aborder avec simplicité et clareté des thèmes allant de la douleur à l'amour et met en rimes cette symétrie comparabale à celle du blue collar/white collar. Concepts opposés mais ne pouvant exister seuls, comme sur Sister Fest raisonne sur l'amour mais ne trouve pourtant que la douleur pour réponse : He asked me why my momma love drugs more than me / I couldn't answer, I sat back and peered in the sky / I thought it was rainin, but damn, there was tears in my eyes. Toujours dans ces deux extrêmes humains traçant la ligne directrice de l'album, Bullet décrit splendidement le parcours fréquent des jeunes afro-américains cherchant à obtenir une bourse d'étude grâce au service militaire : He ain't really a killa though, takin' a lotta risks / This is what a poor person do for a scholarship / He turned around and got a face full of hollow-tips / But don't be mad, he died for the flag.

Mais la qualité ne concerne pas que les lyrics, et quelle joie de constater que les productions ne sont pas en reste et accompagnent efficacement les dires du MC avec des petites merveilles telles que Dynomite (Going Postal) signée Just Blaze, Fever et Get Down de No-ID (qui rend sans nul doute son meilleur boulot depuis un bon bout de temps), ou encore More par les désormais inévitables Cool & Dre. Album riche aussi bien musicalement que lyricalement, Blue Collar accuse tout de même quelques erreurs de parcours (Brand New avec un Kanye West qui devient de plus en plus fatigant) mais reste toujours dans la catégorie des albums de Hip-Hop on top. On appréciera même l'étrange collabo d'ODB sur Build Me Up, titre frais et amusant. Rhymefest parvient ici à mêler les affres du commercial avec la qualité, ce qui fait de Blue Collar l'album backpack de l'année, tout simplement.

_TN


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Clip de Brand New f/ Kanye West
Clip de Fever

Publié dans HIP-HOP : Chroniques

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EightSh0ts 19/11/2006 12:06

Superbe chronique et gros skeud !! Going Postal est énorme, More & Tell A Story aussi... et Devil's Pie !! Grosse tuerie :D
Jcontinue ma visite...

Tuân 19/11/2006 16:06

Mais fais seulement et merci pour tes compliments, je vais aussi aller visiter ton blog.