Genève-Montréal, t'entends ?!

Publié le par Tuân

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Y a pas à dire, Genève c'est vraiment de la merde en hiver, mais aussi en automne, au printemps et en été. Donc que faire afin de quitter ne serait-ce qu'un instant cette morne petite ville, moisie par l'oisiveté et l'ignorance ? Dans le mille : partir un jour, sans retour, s'ouvrir au monde. Car je le dis haut et fort, sans les voyages (qui sont sans aucun doute une de mes grandes passions avec le Hip-Hop et les jauneries), Bouddha sait que je ne pourrais guère apprécier la majeure partie de mon temps dans mon canton suisse ; bien heureusement, les activités que je partage avec certains de mes collègues me sauvent, car sinon... Bref, voici donc un petit compte-rendu de mon périple au pays du caribou afin d'y retrouver mon vieux collègue Bernard alias Sanka, alors parti pour y suivre une année de fac en géologie. Youpi.



Prout

J'ai pour fâcheuse habitude de me tirer en voyage à l'arrache, et une fois de plus je ne déroge pas à cette règle qui finit par devenir une constante dans ma vie : achat du billet le vendredi 6 octobre et départ le lundi 9 octobre. Last minute vous me demanderez ? Que nenni, 1200 balles suisses tout compris, pas trop mal quand on s'y prend autant sur le tard. Cela fait depuis déjà trois mois que mon cher Sanka s'est barré à Montréal pour étudier à la prestigieuse université McGill, et je me devais de lui rendre visite. Car Montréal, okay y a Sanka, mais y a aussi plein d'habits, de CD, et surtout le Roi Heenok. Mon colombien viennois de Sanka a eu la chance de rencontrer sa Majesté par deux fois sur la rue Ste Catherine. C'est donc après moult échanges téléphoniques et par e-mails qu'on fixe la délire : la date est donnée, je suis prêt à me barrer fissa. Le lundi 9, je me bouge donc à l'aéroport bien motivé, ravi de me taper un chouette voyage. Et bon, on va croire que j'ai une poisse d'enfer, mais mon premier vol pour aller pécho ma correspondance à Amsterdam est en retard, puis finalement annulé. Je me tape donc la queue peinard chez Jet Aviation pour voir si une autre correspondance est dispo. Bye KLM, Air France me tend ses bras et je me prépare à me bouger. Sauf que tenter d'enregistrer son bagage à 13h55 alors que l'avion se barre à 14h n'est pas possible. Je ne vais pas m'étaler là-dessus, mais Dam's le poilu a la grandeur d'âme de venir me catcher à l'aéroport pour aller faire un tour et bouffer un truc : merci à lui donc. Le départ est donc repoussé au lendemain.


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Qui est le plus ivre entre B et Louis ?

Le 10, le tout se passe sans problème aucun, j'arrive tranquille à Dam où je peux y glander durant environ cinq heures et des poussières. Mais cette attente est largement récompensée par le vol Amsterdam-Montréal dans lequel je vais avoir une illumination face à deux choses : la première est Jack Black et la seconde est son film Nacho Libre. Ca y est, je suis fan. Bon, quand on sait que mes deux films favoris sont Dodgeball et Taxi Driver, on ne s'étonne que peu du fait que Jack Black fasse la liaison entre Ben Stiller et Robert De Niro. Après cette vision, cette félicité même, me voilà posant avec fermeté mon pied sur le sol canadien. Premier choc avec la population : celle-ci s'exprime aussi bien en français qu'en anglais, ça me fait penser à nos bernois qui maîtrisent autant le français que le suisse-allemand. Petit taxi et j'arrive entre les rues Aylmer et Prince-Arthur, là où est supposé se trouver l'autre Sanka. Le quartier est peinard et je tombe pile-poil devant l'immeuble de mon collègue qui sort par surprise et vient me faire un bon gros hug, et là c'est le choc : grosse barbe, grosse tignasse et maigreur gandhiesque. C'est un pari ! qu'il me dit. Oui, et moi je suis Marvin Gaye. Mais nous reviendrons tantôt sur l'hygiène de vie de notre ami. Pour l'instant, pour vous parler de l'emplacement de l'appartement de Sanka, il se trouve à cinq minutes à pied de son uni, à sept minutes du centre-ville mais trop loin du Burger King. Tout est à côté quoi. C'est pour cela que les montréalais appellent cette partie de la ville le McGill Ghetto, car les gens y habitant sont tellement prêts de tout qu'ils n'ont pas l'habitude d'aller très loin dans la ville. Une bien belle histoire, n'est-il pas ? Mais en cette fin de journée de mardi, Sanka se prépare à entamer son second match de hockey sur glace et me dit de me magner mais me laisse prendre une douche avant et me fait visiter son studio. Ou plutôt sa crack house. Pareil à un berger ouzbek, Sanka loge dans le basement avec deux pauvres fenêtres lui permettant de regarder sous les jupes des demoiselles du coin quand il fait chaud (c'est-à-dire pas souvent). Le spot a besoin d'un peu d'ordre mais la vibe est là. Dernière chose, juste avant de quitter le studio, B me dit : Après le match, on va fêter ta venue avec une poutine !... Je n'imaginais pas que ce mot allait hanter le reste de mon séjour.


Go Stoners !


Si tôt arrivé, si tôt reparti pour l'université de McGill afin d'assister au match de B. Déjà, McGill ne veut absolument rien dire niveau superficie et structures : c'est énormissime, gigantesque. Genre on se balade et je vois un espèce de manoir à la Bruce Wayne. Sanka me dit que c'est juste la faculté de médecine, rien que ça... On a l'impression que la ville de Montréal est bâtie selon la disposition des bâtiments de McGill. Et c'est vraiment impressionnant. Plus impressionnant encore, ce sont les stades de football américain, de soccer, ainsi que les salles de muscu présents dans le complexe universitaire. À croire que le dirlo de McGill est un nabab venu du froid. On arrive sur le terrain de hockey qui est bien méchant avec son panneau d'affichage et ses places assises. On se croirait dans le film Mort Subite de Van Damme, c'est dire. Bernard me laisse me poser et part se changer, je fais alors la connaissance de Tyler de San Fransisco, de Marie-Claude la blonde québecoise, et de Gauthier le parigot (ce sera d'ailleurs la seule fois où je le verrai), tous trois des potes de B. On se pose, et Marie-Claude et Tyler m'expliquent toutes les subtilités du hockey sur glace ainsi que quelques anecdotes concernant le Canada et McGill. Il est genre 19h, c'est-à-dire 1h du matin pour moi, mais je ne suis pas crevé. C'est également l'heure à laquelle les Stoners déboulent sur la glace, équipe essentiellement formée des potes de géologie de Sanka. Chaque joueur a son maillot avec son nom dessus ainsi qu'un très joli logo sur le ventre : Haille Selassie (Jah en d'autres termes) entouré de feuilles de cannabis... C'est là que le véritable sens de Stoners me saute aux yeux, car en plus d'aller casser des cailloux à la montagne, toute cette joyeuse bande est également foncedée bien souvent. Je demande alors à Marie-Claude comment cela se fait que la direction permette un tel étalage de substances qui font rire. Elle me répond avec son joli accent qu'il y a également deux profs dans leur équipe !... Hallucinant. Lors de cette partie, c'est là que je vais faire la connaissance de vue de la plupart des meilleurs potes de B dont Bahama (John), Love Wave (Louis), De Luxe (Johnny)... Ils ont tous un surnom, ça me fait délirer. Idem pour Marie-Claude qui est Cocotte et Tyler qui est T-Ice. À croire qu'il est impossible de s'inscrire à McGill sans avoir un nickname. J'en profite pour leur demander des infos sur la poutine. Et j'ai peur.


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La charmante (et blonde) Marie-Claude, guitare à la main


I fell in love with a poutine

Et là, c'est le drame. Comme promis, B m'emmène à la Belle Province, fast food passé maître en concoctage de poutines. Et la poutine, qu'est-ce donc que cela ? Étymologiquement, "poutine" vient de "put in" en anglais. Je pense qu'un beau jour, un canadien a dû avoir la riche idée de foutre le fond de sa marmite et de ses toilettes dans le même plat, d'où le "put in". Sinon, c'est la version nord américaine de la tartiflette : des patates (des frites) recouvertes d'un fromage non-pasteurisé et d'une sauce brunâtre bien lourde. Diantre. Je tente avec grand mal d'entamer ce plat (tout en voyant B se goinfrer) jusqu'à ce que Johnny et Marie-Claude viennent manger avec nous. J'en apprends alors de belles : B ne bouffe que de la poutine, le fromage recouvrant les patates doit faire squik squik dans la bouche quand il est vraiment bon, et j'ai méchamment besoin de chier. En étant un brin observateur, je crois remarquer que ce fromage non-pasteurisé ne se conserve pas au froid et est saisi à pleine main par les mimines poilues du cuistot albanais. Dès ce moment, la poutine va devenir une constante dans ma vie, une quasi révélation.



La vraie poutine de chez la Belle Province !


Il est difficile de pouvoir suivre Bernard dans tous ses délires car il a cours et moi pas. Je glande donc la matinée, me balade en ville, vais me promener et tout. Bien entendu, j'ai le jetlag en pleine poire et larve durant un après-midi afin de récupérer. B m'apprend alors qu'il y a l'anniversaire de Bahama un soir et je suis complétement naze. Allez, on se motive et on se retrouve tous dans un resto viêtnamien où une bonne partie de ceux que j'ai vu la veille sont présents, et je me présente également aux autres Stoners que sont Bahama et Louis. Et là, le total bad trip pour ma gueule : il est impossible de fumer dans tous les lieux publics depuis le mois de mai. Et quand on se tape le froid de Montréal, on se dit parfois que ça n'en vaut pas trop la peine d'aller se geler les coucougnettes dans le vent pour une cigarette. C'est donc autour d'une clope à l'extérieur que je fais plus ample connaissance avec Ariel (le chico de la bande) et Bahama (qui profite de sa soirée pépère du haut de ses 21 ans). Une impression se confirme dans ma tête : les canadiens sont abusément ouverts d'esprit, du moins les montréalais. Franchement, je n'ai jamais vu ça. Puis vient Sarah, la blonde de B avec qui il a officialisé lors d'un concert de Sunset Rubdown. Franchement, il faudra que je vous parle de ce groupe canadien de rock, car je me suis aussi fait avoir en fin de compte...


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Mon petit doigt me dit que cette discussion entre Bernard
et Tyler ne doit pas être des plus sérieuse. Quoique.


Mais revenons-en à nos moutons : un after se passe chez un certain Roy et on se bouge tous là-bas en metro (sauf Louis qui disparaît bizarrement). Je suis tellement mort et affalé à la station que Johnny commence à me raconter des histoires de détraqués pour que je garde les yeux ouverts, genre comme quoi le metro faisait sonner la charge des Valkyries quand il s'arrêtait et démarrait. Finalement, il me met quelques claques afin que je me réveille.


I'm too handsome for that !


Roy habite vers le Little Italy de Montréal, c'est-à-dire plutôt loin de McGill. On débarque peinard à genre huit et Roy nous accueille. Le bougre, originaire de Seattle, vient de terminer ses études à l'uni et habite une sympathique maison qu'il paye seulement 150$ par mois. Je repense avec un pincement au coeur que B paye 400$ sa crack house, aïe. Roy est grand, très grand, voire trop grand, présente une petite barbe de bûcheron et une classique chemise à carreau ; il sait y faire niveau hospitalité avec tout ce qui faut pour les gens qui vont bien. Notre hôte me raconte alors qu'il se lance dans le film amateur en ce moment, et est fan de Johnny Cash. Lors de cette discussion, Roy me sort une phrase qui a traumatisé mon existence ; je lui raconte que mes études actuelles puent, et il me répond alors avec un Aww man, you're too handsome for that ! Et Dieu que c'est vrai. S'engage alors un débat existentiel concernant le dahud, notre fameuse créature nationale marchant
en rond sur les flancs des montagnes car disposant de pattes en aval plus longues que celles en amont, et le jackalow (euh, pas sûr de l'ortho). Qu'est-ce que le jackalow (je vous apprend plein de trucs après la poutine) ? Une espèce de brebis mixée à une antilope qui se fout sur le dos les soirs de pleine lune et qui remue afin d'exposer ses tétons aux lueurs émanant de ce satellite de la Terre... Bahama dit l'avoir vu en Arizona, pourquoi pas hein ?

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Bahama, au naturel

Autre découverte lors de cette soirée : les locaux raffolent des Marlboro. Je discute avec Johnny, Bahama et Ariel quand tout à coup l'envie de me fumer une clope me vient. Je sors mon paquet de Marlboro Lights et voilà-t-il pas que tout le monde le regarde avec de gros yeux. Roy vient alors vers moi et me dit Duty free ? Héhé ! Gné ? Je capte pas trop. Ariel et Johnny me font alors un exposé sur la cigarette au Canada : déjà que la taxe tape fort et fait monter les paquets à 10$, il y a beaucoup de bonnes marques qu'ils n'ont pas. Comme Marlboro. Ariel me confie à l'oreille que je pourrais facilement devenir un demi-dieu à Montréal en me baladant avec mon paquet de clopes attaché sur le front, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée. C'est marrant, j'avais l'impression d'avoir sorti une Ferrari de ma poche. Johnny me montre un paquet de clopes classique chez eux : énorme avec vingt petites clopes. Leurs king sizes correspondent aux tailles normales des nôtres, inutile de dire que le 100's les ferait saigner du nez. C'est donc le Marlboro show, show qui n'est pas sans intéresser un type à casquette s'étant présenté à moi rapidement auparavant : Kent. Le beau gosse débarque et commence à me taper la convers' et me demande alors une clope. Woah, such a good cigarette ! qu'il dit en s'étalant de son plein contre le dossier de son fauteuil. Kent vient de Vancouver, à l'extrême ouest du Canada, et étudie également avec Sanka. Il paraît que partir de Londres à Montréal en avion est moins long que faire Vancouver-Montréal, c'est dire à quel point le Canada est énorme. On s'enchaîne pépère des binches sous le regard satisfait de Roy et de Bahama qui a reçu un maillot de foot de Chelsea. Fin de soirée vers les 3h, je me suis finalement habitué au décalage horaire.


Roi y es-tu ?

Le lendemain, journée bien particulière : Sanka a cours, donc je décide d'aller me balader avec une grosse idée en tête, celle de trouver le Roi Heenok. Afin de le narguer pour me faire remarquer, je mets mon grand t-shirt Ünkut blanc (la marque de Booba). Y a pas mieux comme signal. Je me promène donc durant cette journée tout le long de la fameuse rue Ste Catherine qui regorge de petits trucs sympas. Et c'est là que je me rends compte que Montréal n'est pas vraiment une énorme ville ; trois millions d'habitants, certes, mais ce n'est pas un New York ni même un Paris. Ce mix entre les grandes villes américaines et le calme de notre rue du tram genevoise n'est pas sans me déplaire, la démesure m'aurait vite fait tourner la tête. Petit passage dans les shops de sapes pour jeter un oeil et passage au HMV du coin pour me réalimenter niveau musique. Je repars donc avec 330$ de CD et tchatche durant un moment avec un vendeur qui a reconnu en moi un vrai fan de Cormega. La conversation part sur la dernière collabo entre Lakey The Kid et Cormega pour My Brother's Keeper puis sur le prochain solo de Lake toujours via Tha Row Records West.


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Y avait de quoi faire pour trouver le Roi

Puis, je fais un stop au magasin officiel Phat Farm de Ste Catherine où mon tee Ünkut ne passe pas inaperçu ; un vendeur vient vers moi et hurle Yo man ! Où c'est que tu l'as trouvé c'te chandail ?! Ses deux collègues ne tardent pas à venir vers moi l'oeil intrigué et ça commence à parler de Booba et du fait que la marque n'a aucun distributeur chez les poutine addicts. Je vire légérement de sujet en demandant si ce n'était pas le Roi Heenok qui faisait pression pour que Booba ne puisse pas plus s'implanter à Montréal. Les vendeurs n'ont pas l'air de connaître. Oui, personne à Montréal ne connaît le Roi Heenok ! Triste constat, encore un prophète incompris chez lui. Les sympathiques vendeurs essayent de m'acheter mon t-shirt (les malades), genre je suis la seule personne à l'avoir sur Montréal (j'étais un demi-dieu avec mes Marlboro, là j'étais un dieu tout court). Ces drilles m'apprennent des choses très intéressantes concernant la situation du Québec face au reste du Canada : les francophones veulent leur indépendance. Johnny m'en avait déjà touché un mot lorsque j'avais dit que la poutine était un plat très caractéristique d'Amérique du nord (je mettais donc les States dans le même panier que le Canada). Apparemment, ce genre de rapprochement est extrêmement mal perçu, de plus on me demandait souvent ce que je pensais des canadiens par rapport aux ricains. Mais là, avec les vendeurs, c'est la quasi révolution entre les shoes et les baggies : ils argumentent, deviennent presque hystériques en parlant du fait que le reste du Canada est sur la bite des américains et tout ce genre de choses (ce qui me paraissait également assez vrai). Et oui, je dois l'avouer, mais le modèle ricain est très présent au Canada, à en juger par leur style de vie, leur alimentation, leurs assurances sociales foireuses, et leurs émissions télé. Les québecois tentent le plus possible de se détacher de cette influence en francisant à outrance tout et n'importe quoi (les titres des films pour commencer). C'est bien essayé, mais on se dit que ça reste tout de même impossible.


EPS & Ultimate Frisbee

Les jours passent tranquillement et Bernard arrive plus ou moins à gérer son temps entre moi et la school (bon, il faut dire que je ne le vois quasiment pas de la journée). N'étant malheureusement pas à l'abri du travail à l'arrache, le voilà parti pour passer une soirée taf au lounge de la fac d'EPS (pour Earth & Planetary Sciences). Je décide de me bouger avec lui, ça me donne une bonne occasion de poursuivre ma lecture du Comte de Monte-Cristo de Dumas. On arrive donc dans la section géologie de McGill et je vois B s'arrêter scred devant une porte à code et en pianoter le clavier. Bam, les portes du lounge s'ouvrent à nous et c'est l'hallu : on dirait la planque des Goonies ! Canapés partout, dessins sur les tableaux noirs, posters gigantesques des Doors, frigo... B me confie qu'il arrive qu'ils fassent la fête dans ce local les soirs. Excellent quoi, putain, la teuf dans l'uni. On retrouve Bahama, Johnny, Louis et Michelle (la copine de Kent) qui semblent bien occuper avec leurs travaux pratiques concernant les isotopes (ou je ne sais quoi). Petite commande de pizzas au goût sucré et je me rentre vers minuit et quelques. Ce cher Sanka ne terminera son TP qu'à 4h du matin...

Une grande journée s'annonce : après une bouffe au Subway de McGill avec B, Kent et Michelle, la fête est au match d'Ultimate. Pas la peine d'aller chercher le sous sens du sens de ce qu'est l'Ultimate, c'est simplement du frisbee. J'en avais fait il y a bien longtemps de cela, et revoir leur délire était bien nice. Faut que je pense à monter ma team de Dodgeball et d'Ultimate. Donc toujours les Stoners au commande avec cette fois-ci Kent en tant que capitaine (il se plaît d'ailleurs à envoyer des mails de motivation très marrants aux troupes), Bahama, Louis, Sanka, Michelle et surtout Tyler alias le Parrain du frisbee. C'est marrant, parce que Tyler est déjà graduated et traîne encore sur le campus de McGill, comme ça, juste pour squatter. Et bon, il faut surtout souligner le fait que ces Stoners sont des arrachés : déjà parce qu'ils jouent sous la pluie battante avec un vent glacial (j'étais en veste et tout et eux en bermuda et t-shirt...) et boivent de la tequila et fument des pets entre chaque échange. Cela explique peut-être pourquoi ils n'ont jamais gagné de matchs jusqu'à présent... N'étant guère accoutumé à un écosystème où les zizis se rétrcissent beaucoup trop sous l'effet du froid, je dis à B que je l'attends à l'appartement avant qu'on aille profiter de quelques mousses.


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Kent se prépare à lancer la bête. Alors que Tyler est barbu.


Allô maman, bobo

Une trentaine de minutes après, j'accueille Sanka qui sautille sur son pied droit. Quo vadis me demande-je (ou un truc du genre pas forcément en latin...), et mate son genou gauche : oh le vilain hématome aussi noir qu'une olive et aussi gros qu'un ballon de rugby. Emporté par le match de frisbee d'avant, c'est avec bien trop de passion que notre ami s'est jeté corps et âme dans le jeu pour finalement se niquer la tronche. J'aurais bien voulu croire qu'on puisse se faire une telle blessure en hockey, mais au frisbee, euh... Bernard me dit que ça lui fait mal. En tout cas ça en a l'air. Il espère pouvoir jouer au match de hockey du lendemain. Je lui dis que ça va pas la tête. Il prend une douche en criant de douleur. Je lui dis de se ménager. Et malgré mes mises en garde, on sort tout de même boire des bières. Tranquillement, on prend un pichet (une véritable institution à Montréal) et discutons, et là B crie, car il souffre. Et il pleure en me fixant avec ses yeux humectés de larmes, mais surtout de peine. Je pense que si ç'avait été une fille, je l'aurais bien embrassé, mais la barbe de cinq ans et la tignasse hirsute du colombien ont tôt fait de me ramener à la réalité. Vous aurez compris que Sanka a mal. Après quelques remontrances de ma part, on rentre pour que notre cascadeur du frisbee se repose. On se pose, on lit, fume des clopes et décidons de nous coucher vers les 3h. Dormant à moitié, j'entends des plaintes. Rêverais-je de ce fameux berger ouzbek survolant mes songes tel le démiurge au-dessus des flots me questionne-je ? En vérité, Sanka n'a pas pu dormir à cause de la douleur et gémit tel un lama à l'agonie. Prise de Dafalgan. Rien n'y fait. Et là, c'est le drame : il veut absolument aller à l'hôsto. Alors déjà que j'ai la tête profondément encrée dans mon anus, il faut que je m'en dépêtre pour coacher mon pote. Mais bon, comme on pourra le voir, cette décision a été trop prise à la légère.


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B n'a jamais eu d'accidents ni en voiture, ni en hockey, ni au foot.
Mais au frisbee, oui.



On saute dans un taxi (du moins moi vu que Sanka est estropié) et on arrive aux urgences de McGill vers les 5h du mat'. Déjà qu'ils ont un terrain de hockey et de football américain sur le campus, il est normal d'avoir un hôpital pour les beaux yeux des étudiants. Bon, faut le dire, la grosse majorité des élèves de McGill sont de gros bourges tout droits sortis de la communauté Hi5 d'Internet (mais oui, ce site moisi où on peut s'envoyer des photos et dire à des gars musclés qu'ils sont trop beaux). Donc Hi5, c'est un truc que Sanka et moi on conchie depuis Louis Le Gros. Mais bien heureusement, les potes de McGill de B sont totalement à l'opposée de ces êtres dépourvus du sens des valeurs et surtout de morale. Je ne sais pas, j'ai vraiment l'impression que quand on pénètre un établissement scolaire international ou privé, on devient quelqu'un de... de... J'arrête ou je vais être vulgaire. Mais on en était à notre arrivée dans le hall de l'hôsto. Waouh, c'est la fête du slip. Entre le clodo ayant trouvé un coin chaud où dormir et Bernard titubant, y a pas de quoi aller danser au Macumba. B remplit une fichette et on attend. On attend. Et on attend. Longtemps. Très longtemps. Au point où B se tourne vers moi et me demande ce qu'on fout là. Je lui réponds qu'on attend. Je me dis aussi que si Samuel Beckett nous regardait d'en haut, il aurait eu une pensée émue pour nous et notre malchance. Enfin, la nurse, une vieille rabougrie acariâtre nous fait signe de la suivre dans une petite pièce. Et là, elle agresse quasiment Sanka en lui demandant s'il a une assurance, car si ce n'est pas le cas il va falloir payer 465$ canadiens (plus de 510.- suisses). B a une assurance internationale, mais il se trouve qu'ils ne la prennent pas. Du moins pas ce soir. On ne comprend pas. La meuf dit qu'il a meilleur temps de revenir lundi pour la consultation, car il a plus de chance de se faire rembourser. Attendez, il faut payer ce soir mais pas lundi ?! C'est quoi cette connerie ? Une autre évidence me revient à l'esprit : le système de sécurité sociale présent aux States et le même qu'au Canada. Si t'as de la thune t'es sauvé, si non tu meurs sur place. Un gars se pointant avec soixante coups de couteau pourrait crever sur le carrelage : le corps médical ne nous touche pas si l'argent ne suit pas. De ce fait, B hésite. D'un côté le gros bleu a disparu de son genou gauche mais si ça se trouve il n'a rien, et ça ferait chier de payer 500 balles pour que dalle, même s'il se fait rembourser lundi.

Finalement, la nurse l'inspecte et fait vraiment n'importe quoi en nous posant des questions bien indiscrètes genre comment est-ce que nos parents se sont rencontrés. Elle nous demande également où nous sommes nés, et quand on lui répond en Suisse, elle ne nous croit pas. Quelle conne. Mais le véritable souci du moment est B. Après cette inspection pourrie, on retourne dans le hall d'attente. Il est prêt de 6h et je commence à m'endormir. Sanka me dit que c'est bon, qu'il a juste à aller voir le médecin. Je suis tellement dead que j'accepte, d'autant plus que je veux me bouger tôt le lendemain. Ce que j'ignorais, c'est que je n'allais pas pouvoir me réveiller. En effet, une fois à l'appart', je suis tellement pris d'inquiétude pour B que je n'arrive pas à fermer l'oeil. Je reste donc debout à fumer des clopes en écoutant du Cormega. Ce n'est finalement qu'à 9h du matin que B revient. Soulagé de le voir, j'apprends qu'il s'est pété le ménisque en forçant trop sur son genou lors de l'Ultimate. Après une quinzaine de minutes, B se bouge direct à l'uni pour aller terminer un TP. La sale nuit blanche. Et moi je ne vais rien faire de cette journée, sauf aller bouffer avec mon collègue dans un libanais chelou.


Domination !

Le truc qui est marrant avec Sanka (et qui est plutôt chiant en fait), c'est qu'il te prévient à la dernière seconde de ce qui se passe. Genre on peut se bouger et s'arrêter quelque part sans rien capter et apprendre sur le vif qu'on va choper un tel ou encore faire ceci ou cela. C'est pas que j'ai envie d'avoir un plan détaillé de la soirée, mais c'est qu'il y a des fois où je pense qu'on va se faire une sortie en duo pour finalement pécho ses gens. C'est pas la mort, loin de là même, mais j'ai l'impression de me faire balloter, genre suis-moi et viens ici et viens là-bas. Ca ne me dérange pas plus que ça, mais j'aime bien être plus présentable devant des tierces personnes, donc me pomponner un peu plus. Et ce dimanche soir, c'est encore la même : on va voir le match de hockey avec une miss du nom de Mikki, du moins c'est ce que j'apprends une fois qu'on se retrouve en bas de chez elle. Et que dire d'elle ?... C'est une tarée, quasi un mec dans ses délires. Elle te fout des coups de pied, te pince, te balance dans ses mailles à tout va. Je n'en attendais pas moins d'une native de San Jose, mais putain ce qu'elle est drôle. Je pense que je n'oublierai jamais ses GOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO STOOOOOOOOOOOOONEEEEEEEEEEERS !!!!!!! lors du match de hockey. Mais ce soir, c'est peinard, et on va se taper une petite bibine au Bois des Pins, le lieu de villégiatures des Stoners après leurs matchs de hockey. Petits pichets et petite punition au baby foot de Johnny et moi contre Sanka et Bahama, puis tout le monde repart tranquillement. Après ce petit interlude alcoolo-sportif, voilà que le thème de la nouvelle semaine est lancé : la domination dans les couples. On commence à délirer et il apparaît clairement aux yeux de Bahama et Johnny que si B et moi étions des faggot ass (no homo no homo no homo, I said it three times), le dominé serait B. Après je ne sais pas où ils sont allés chercher leurs paires, mais c'est des malades mentaux.


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Westsiiiiiiiiiiiiide !


Mis à part ça, je ne sais vraiment pas comment ces étudiants de McGill font, ils ont vraiment un rythme de vie d'arrachés. Enfin arrachés, tout de suite les grands mots, je veux dire qu'ils ne sont jamais inactifs. Genre ils sortent quasi tous les soirs, ont parfois des match commençant à 23h30, se motivent pour des sorties à la montagne et tout, et sont toujours dans le coup malgré la fatigue et le froid. Sérieux, c'est un style de vie qui nous est quasi inconnu à Genève, oisifs qu'on est. Je pensais faire parti de cette race de personne n'étant jamais libre une seconde, mais la petite bande des Stoners m'a prouvé qu'ils étaient bien loin devant. Un exemple à suivre, sans aucun doute.

Ah oui, et tous les dimanches au pied du Mont Royal, c'est le festival Tam Tam qui se met en place et propose nombre de réjouissances effectuées par des saltimbanques puants et autres troubadours aux chaussettes trouées. Malheureusement, je n'ai absolument rien à dire sur le Tam Tam. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il a fait très moche ce jour-là et qu'on était défoncés. Voilou.


Loonie Night & Art

Reverse

Lundi arrive, ça fait déjà une semaine que je vis tranquillement entre l'université de McGill et le downtown de Montréal. On bouffe comme des merdes (poutine, poutine, poutine) et le cheddar commence par me sortir des narines. Il y a juste que je n'ai plus de cash (car j'ai un peu trop abusé...) et il est prévu que Sanka me retire 700$ le lendemain, donc mardi. Ca tombe bien, car on s'est maté le DVD A Day In The Fastlife de Jim Jones et j'avais une petite envie d'abuser à la manière du Capo. Mais en attendant, l'événement de la journée, c'est la Loonie Night. Je m'explique : les loonies sont les pièces de 1$ canadienne. Cette dénomination provient du fait qu'il y a un common loon (un oiseau canadien quoi) sur une des faces de ces pièces, l'autre face étant squattée par la Reine Elisabeth II. Je ne me rappelle plus du nom du resto mexicain où cette Loonie Night avait lieu (et je suis sûr que vous m'en excuserez...), mais avoir une bière pour 1$ et un taco pour 1$ également, y a bon (grosse pensée à Side FX). Certains connaissent ma phobie de la bouffe mexicaine depuis ce voyage maudit aux States où j'eus la délicatesse de rendre la totalité de mon repas sur Nam, mon frère, et de le transformer par la même occasion en un bonhomme de gerbe. Ce n'était donc pas sans appréhension que je dus faire face à cette épreuve, avec Kent me fixant en me disant Face your fear !... On sent le capitaine de l'équipe de frisbee qui motive, c'est net. Et deubleu, j'ai kiffé ces bonnes saloperies au poulet. Et les serveuses avaient bonne mine. Bonheur quoi. C'est donc ivres et avec la panse bien remplie que nos aventures du soir se sont poursuivies dans un bar. Mais fait assez amusant : les montréalais ont pour habitude de sortir tôt. Peut-être cela est dû au fait que tout ferme vers les 3h du matin (idem pour les boîtes) et qu'ils cherchent à profiter le plus possible de leurs soirées. Imaginez, le rendez-vous au resto mexicain a été fixé pour 19h15... Et la motivation pour le bar s'est pointée vers les 21h. Et quand je repense au fait que je sors le plus souvent vers les 22h30-23h, je dois dire que ça fait tout drôle de se motiver d'aussi bonne heure. Trop de temps, trop de plaisirs, les gens savent ce qu'ils veulent faire ici. Ah oui, n'oublions pas cette mythique discussion entre Mikki et Sanka concernant... le dominant et le dominé dans un couple ! Oui, ça n'en finit plus avec cette histoire. Et franchement, même B avoue s'être fait totalement clashé lors de cette discussion. Faut dire que Mikki, c'est pas le genre de miss qui se laisse marcher dessus. Dans un autre registre qui me fait sauter au plafond, c'est le nombre d'opportunités offertes à tous ces petits nord américains. Tyler est déjà graduated, et me dit qu'il est parti sur une île aux Caraïbes l'été passé, et que le jour de son départ un volcan a pété un câble... Le fou voulait rester avec sa combi spéciale pour observer le tout et prendre un bain de lave. Et ce veinard a encore un autre plan de malade : il part bientôt dans le désert de l'Utah pour... faire une simulation d'astronaute sur Mars ! Bosser pour la NASA à 22 piges, putain de merde, un truc de fou. Et y a aussi Kent qui s'est barré dans l'Arctique en hélico pour faire des recherches durant ses vacances. C'est un autre monde, limite si ces choses ne sont pas normales pour eux. L'Europe est vraiment méchamment à la bourre, je m'en rends de plus en plus compte.

Ca fait depuis un bon moment que Bernard, Kent et Tyler me parlent d'un bar assez particulier. Son nom : le Balls & Cocks. Je sais qu'il y a un jeu de mots quelque part, mais j'ai seulement retenu le sens coquin du bar. Mais attendez un peu, il ne s'agit pas d'un strip club ou de je ne sais quoi. C'est un bar possédant un concept drôlement sympa : un ou deux soir(s) par semaine, des activités artistiques de tripés sont organisées, comme le collage, le dessin ou je ne sais quoi. Ce soir-là, on a droit à la peinture. Et retenez bien ça : tout le matériel est disponible gratuitement, alors quand on voit une soixantaine de personnes dans le bar avec des tubes de couleur, des pinceaux et des petites toiles, on se dit que les organisateurs ont plutôt des allures de bienfaiteurs. Franchement, c'est marrant que de pouvoir s'aligner des binches tout en faisant les artistes cuits. Après une petite heure et demie, on se retrouve avec une pile d'oeuvres. Pour ma poire, je me lance dans un portrait bad trip de Sanka puis dans la peinture d'une niakerie qui, ma foi, a plutôt bonne mine (surtout quand il faut compter le fait que j'étais assez ivre). Je fais un petit portrait de Tyler par la suite. Touché par cet initiative, le ricain me demande s'il peut le garder. Et ça, ça m'a fait plaisir. Les heures passent (je suis bourré à mort), Kent et moi faisons des allers-retours entre l'intérieur et l'extérieur pour pouvoir fumer tranquillement nos clopes. C'est aussi la bonne occaze pour saluer vite fait B qui fait des bisoux tranquillement avec Sarah dehors, loin de l'agitation alcoolisée du bar (non, Kent et moi n'en faisions pas de même, bande de porcs). Finalement, le monde se bouge et je suis la masse. Seul Bernard et Sarah restent un peu et ont même la chance d'assister à une embrouille dans le bar alors que nous sommes déjà tous loin. Sur le chemin, je me tape un mara-thon en m'enchaînant le McDo et le Burger King. Je ne  sais pas ce qui m'a pris, je crois que j'avais faim. Ou vu que je savais que je partais bientôt de Montréal, il fallait que j'en garde un souvenir significatif dans mon estomac.


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Ca faisait depuis un moment que je n'avais pas dessiné, qui plus est dans un style réel.
Le portrait de Tyler a remis certains points en place



Last Day
Shut Up I Am Dreaming

Mardi. Dernier jour. Dernier jour dans le sens où c'est le seul moment où je peux encore profiter de la ville et je décide donc de bien abuser niveau achats. Je chope donc moults DVD, CD (dont le Shut Up I Am Dreaming de Sunset Rubdown, un must have) et habits histoire de remplir ma maigre valise (faut dire que Jim Jones dans son DVD a eu une bien mauvais influence sur moi). C'est là que je saisis à quel point est-ce que la marque trop fraîche Bathing Ape du nippon Nigo restera à jamais incomprise en Europe, du moins vers chez nous. C'est dingue, car tout ce qui est hot niveau sons et textile ici est considéré comme laid et marginal chez nous ; le vieux continent ne s'appelle pas comme ça pour rien, qu'on se le dise. Je ne vénère rien ni personne, mais je constate simplement que l'Amérique du nord est bien loin devant niveau mentalités et tralala. On ne va pas s'étonner pourquoi les maîtres du monde s'y trouvent, toutes les opportunités présentes et leur esprit ambitieux ont de quoi faire réfléchir. Oui, nous sommes dépassés. Oui, l'avenir se trouve quelque part par là et certainement pas chez nous. C'est donc les bras remplis de saloperies (dont un jeu Okami gagné pour 4$ dans un magasin et un Valkyrie Profile : Silmeria acheté) que je fais mes affaires. Ce soir, c'est le dernier match d'Ultimate auquel je peux assister. C'est également ma dernière occaze pour voir les bouilles de Tyler et Kent. Comme d'hab', gros match d'arraché arrosé par du José Cuervo (comme s'il ne pleuvait déjà pas assez) et enfumé par deux bons pétards. Les Stoners jouent comme ça, vraiment pour s'amuser. Alors quand ils font face à une team de skieurs de fond (comme ce fut le cas pour cette dernière), les critiques et autres gestes dénigreurs de leurs adversaires ne tardent pas à se pointer. Mais le plus beau, c'est quand on gagne face à ses athlètes rigides. Et là, c'est le cas. Salutations de fins de match, tout le monde est crevé, Tyler s'est niqué le bras lors d'un téléscopage avec Bahama. J'offre un paquet de Marlboro Lights à Kent avant de me tirer et le mot est lancé, le capitaine de l'équipe de frisbee est censé passer en Suisse lors du mois de mai (il se tape un gros tour d'Europe depuis les pays jouxtant la Méditerranée), et on va se catcher en principe. Poutine d'adieu avec B, et le départ est lancé pour le lendemain sur fond de Zoom Raggidy...

Une fois de plus, je reste stupéfait face aux dispositions mises en place pour les consommateurs avec des concepts tels que les Loonie Nights ou encore les 1$ Shops où tout est à 1$ (vous l'aurez compris). Genre Sanka qui paye 400$ par mois son studio eau et courant compris, ou encore les tickets de metro qui donnent la possibilité de faire un voyage en bus par la suite, la sympathie des commerçants, la poutine... Ouep, je ne sais pas, le Canada -du moins Montréal- est vraiment à l'image des States concernant le lifestyle. Sinon, ils sont encore plus ouverts. Je crois que je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer autant de personnes de tous bords lors d'un seul et unique voyage, et de dix jours seulement qui plus est. Montréal, c'est certain que j'y retrournerai. Du moins quand Sanka pourra se permettre des vacances, des vraies. En attendant, je suis bien heureux que mon vieux frère traîne avec des gens aussi bien dans cette bien belle ville.

Publié dans Tuân : quelques mots

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Tuân 21/10/2008 23:08

Ah, j'avais pas vu que tu avais aussi posté sous un autre sujet.Ma réponse ici présente ne sert à rien...T!

shnitzled 21/10/2008 22:50

C'est officiel, je sais pas me servir d'un pc. la preuve: j'arrive pas à trouver où je dois cliquer pour foutre un comz sur tes dessinsalors voilà, maintenant que j'en ai l'occasion, je te le dis franco: jkiff tro T deseinsLOLOL XD^^¨§§§Non mais srsly, je suis tombé sur ton myspace, et comme j'y vais rarement parce que ca fait trop ramer le pc je suis tombé sur ton blog. BREF en fait j'adore tes dessins, et surtout jai vu que parmi tes inspirations se trouve le Seigneur Larcenet, que je vénère aussi, je l'ai meme rencontré y a quelques temps ouéoué (et J-y Ferri mais tu l'as pas cité donc osef)reBREF, t'as bien de la chance de dessiner pr tes artistes préférés, je suis JALOUXAH au fait, avant que j'aille squatter TF1 (Pascal le gd frère quoi!!), j'ai vu que t'as un projet de bd: ya des infos la dessus? il est ou le fansite que j'aille m'inscrire? non mais puis-je savoir si tu planches encore dessus, si tu l'as fini (si oui, file la date de sortie STP)et si tu peux m'apprendre à poster les coms au bon endroit la prochaine fois, ce serait coolCheersps: c'est toi l'enculé (et c'est toi l'avare)

sanka 01/11/2006 21:02

Bah disons que c\\\'est bien parti!Mec j\\\'attends la chronique de Shut up I\\\'am dreaming!!! Fais moi une liste de truc que tu veux que je te ramène en décembre okay?!Allez bisous

Tuân 02/11/2006 11:42

Ah oui, tu es là en décembre, très juste. Pour la chronique de Sunset Rubdown, ça va venir... t'inquiète. Et vu que tu ramène déjà ta frais pour Noël, je pense que ça fera l'affaire.Bon, tête dans le Q (service de nuit à l'Allicance SEP) et ce soir y a une soirée Schaudi. Belle.Merci pour le bisou sinon.

sanka 01/11/2006 01:24

Tuano j'arrive pas à croire à quel point t'as tout mémorisé?!!!! T'as vraiment oublié aucun détail c'est hallucinant!Bref man, tout le plaisir était pour moi durant cette semaine. Si jamais, cherche des songs de Wolf Parade, le premier groupe de Spencer Krug, alias le chanteur de Sunset!J'ai deux fois plus de boulot entre mes présentations qui arrivent à grands pas et les midterms.Je crois que Sarah est amoueuse de moi.J'ai renversé une poutine sur mon pul hier soir en essayant d'arrêter une baston à la belle province.Bref, la routine ici quoi?!!! Allez peace Tuano, et big up pour ce wicked resumé!!!!

Tuân 01/11/2006 15:13

Yeah mec, disons que depuis mon blog, je suis toujours en mode still reporting, donc je me rappelle vraiment de tout. Pis merde pour la poutine quoi... T'auras remarqué que la photo de l'article correspond bel et bien à la poutine de la Belle Province. Salue bien le cuistot albanais avec une teille de Cuervo.Sinon, tu comptes faire quoi avec Sarah ? C'est bien official ou ?...

SysT 31/10/2006 11:30

J'veux bien goûter, moi...
 
SysT, qui sent qu'il va y succomber également

Tuân 31/10/2006 19:11

J'ai trouvé un site avec la recette mais je crois bien que choper le squeaky cheese sera bien ardu... Mais ce n'est que partie remise.Nam dit que ça a l'air dég. Pauvre fou.