Takashi Murakami

Publié le par Tuân

Takashi Murakami : l'homme qui murmure à l'oreille des fleurs


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Musée d'Art contemporain de Lyon. Bermuda vert pomme et grosses Nikes bicolores, Takashi Murakami, silencieux, arpente les trois salles exposant les oeuvres de ses élèves. Une inspection très vigilante trois semaines avant le vernissage de sa propre exposition (NB : Galerie Emmanuel Perrotin, 76, rue de Turenne, 75003 Paris. Jusqu'au 31 décembre 2006) à Paris. Le maître s'arrête brusquement, hausse les épaules, gonfle le torse et lentement lève les bras, les mains en cuillère. "Il se ressource, explique Etsuko, une de ses proches. Lui comme ses disciples ne quittent que très rarement le Japon. Ici, ils sont un peu comme sur une autre planète !" Lyon, Paris : la France.


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Coquin va !


"Aujourd'hui, nous créons nous-mêmes de nouveaux contours, peut-être désordonnés mais qui nous sont propres et qui ne proviennent pas des Beaux-Arts occidentaux", déclarait l'artiste il y a quatre ans, lors de son exposition-manifeste à la Fondation Cartier. "Le Japon est un pays qui ne fait pas de distinction entre culture et subculture. Dans mon travail, j'exprime le fait que les fleurs ont une âme de la même façon que les Pokémons."


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No comment...

À 44 ans, Takashi Murakami, père incontesté du "nouveau japonisme", est aujourd'hui l'artiste le plus connu hors de l'archipel, se revendiquant doublement d'Andy Warhol en tant que peintre-illustrateur travaillant avec une cinquantaine d'assistants et de promoteurs de tendances. C'est au milieu des années 90 qu'il crée la Hiropon Factory -en référence avec la célèbre Factory warholienne- devenue aujourd'hui la Kaikai Kiki Corporation. Des ateliers de peinture, de sculpture et des bureaux de computers groupés dans un grand jardin comme les maisons d'un village où Takashi et ses élèves assistants, pieds nus, en silence, travaillent dix heures par jour. Une véritable entreprise qui fabrique des logos, des tee-shirts, des motifs pour vêtements et toutes sortes de produits dérivés.

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Le très célèbre Mr. Dob


Bien qu'inscrite en écho au Japon traditionnel de l'ère Edo, l'oeuvre de Murakami est surtout un reflet de la société contemporaine imprégnéee par l'imaginaire des mangas. Kitsch et "kawaï" ("adorable" jusqu'à la miévrerie), ses personnages -et en particulier Mr. Dob, improbable Mickey japonisé, présent depuis plus de quinze ans-, ses fleurs qui sourient, ses champignons géants deviennent sculptures monumentales ou miniatures, papiers peints, peintures marouflées... Ils prennent aussi la forme de ballons géants gonflés à l'hélium qui envahissent les espaces d'exposition. "Pour que le public, explique l'artiste, ait l'impression d'être entouré par une multitude de caméras, même s'il se trouve en face d'une seule et même image." Avec l'attachement à l'enfance, l'une des clés de l'oeuvre du maître.


Chiho, Aya et MR., la "team" Murakami

青島千穂作品
Chiho Aoshima, la féérique, née en 1974 à Tokyo, est formellement la plus proche du manga dans l'univers onirique qu'elle compose par infographie. Elle combine jeunes filles et zombies, papillons et crânes humains, fleurs et pierres tombales comme autant de signes opposés qui rappellent la cruelle réalité d'une histoire où le rêve tourne au cauchemar.


タカノ 綾作品
Aya Takano, l'érotique, gamine à peine trentenaire aux allures de petit chat efflanqué, vit et travaille à Tokyo. Ses dessins et toiles à l'acrylique, héritiers directs des traditionnelles estampes japonaises, sont résolument suggestifs, peuplés de jeunes filles au seuil de l'adolescence, très souvent nues ou en culotte, aux membres souples et allongés. Ses personnages aux visages remplis d'innocence traduisent la vie citadine et créent un monde subversif sous couvert de tradition.


Mr.作品
MR., l'apocalyptique, 35 ans, a calqué son pseudonyme sur celui d'un joueur de base-ball superstar au Japon (Mister), s'est fait connaître par les centaines de petits documents (tickets de caisse, reçus de Carte Bleue ou pages d'agenda) sur lesquels il dessinait des lolitas miniatures. Évoluant entre le courant "kawaï" (littéralement "mignon") et les performances "trash", et mêlant ironie et candeur, il caricature les personnages de mangas parfois dans de gigantesques sculptures, figeant dans leurs yeux écarquillés d'enfant un univers rempli d'images colorées.


_Philippe Dufay


--> Lire l'interview de Takashi Murakami



Publié dans NIAKERIES

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SysTooL 18/03/2007 14:01

Roh la bonne tête de MR... :-DSysT

Tuân 18/03/2007 14:53

Et encore, c'est pas le pire, il y en a d'autres qui sont encore plus moches.